Bibliothèque ancienne · Introduction critique

Moïse, l’Égypte et l’Exode

Moïse, l’Égypte et l’Exode.

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Texte — sept restitutions

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Clarté

§1 Après la mort d’Abraham, de son fils Mempsasthenôth et du roi d’Égypte, Palmanôthès reçut le pouvoir et maltraita les Juifs. Il bâtit Saïs et des sanctuaires. Sa fille Merris, mariée à Chenephrès, souverain d’une région au-dessus de Memphis, ne pouvant avoir d’enfant, adopta un enfant juif et l’appela Moïse ; les Grecs, devenu adulte, l’appelèrent Musée. Artapan fait de Moïse le maître d’Orphée et lui attribue l’invention des navires, de machines pour les constructions en pierre, d’armes égyptiennes, d’instruments d’irrigation et de guerre, ainsi que de la philosophie. Il lui attribue aussi l’organisation de trente-six nomes, leurs cultes, les écritures sacrées des prêtres et des terres réservées au sacerdoce. Pour ces œuvres, le peuple l’aima, les prêtres l’honorèrent presque comme un dieu et l’appelèrent Hermès en raison de son interprétation des lettres sacrées.

§2 Chenephrès devint jaloux de Moïse et chercha à le faire mourir. Quand les Éthiopiens attaquèrent l’Égypte, il envoya Moïse comme général avec une armée composée surtout de cultivateurs, espérant sa défaite. Moïse campa dans le nome d’Hermopolis avec environ cent mille hommes ; ses commandants remportèrent des succès, et la guerre dura, selon les Héliopolitains, dix ans. Les hommes de Moïse fondèrent une ville appelée Hermopolis et y consacrèrent l’ibis, parce qu’il détruit des animaux nuisibles. Les Éthiopiens en vinrent à aimer Moïse et, selon Artapan, apprirent de lui la circoncision, comme les prêtres.

§3 Après la guerre, Chenephrès accueillit Moïse en paroles mais continua à conspirer contre lui. Il dispersa ses troupes, ordonna des travaux de temples et chercha à effacer ses innovations. Il demanda un jour à Moïse ce qui était encore utile aux hommes ; Moïse répondit : les bovins, parce qu’ils labourent la terre. Chenephrès appela alors un taureau Apis et lui fit bâtir un sanctuaire. Il imposa le secret autour de son projet d’assassinat ; Canethôthès accepta finalement de frapper Moïse. Lorsque Merris mourut, Chenephrès chargea Moïse et Canethôthès de conduire son corps vers le sud, comptant que Moïse serait tué en chemin. Prévenu du complot, Moïse enterra Merris et donna le nom de Méroé au fleuve et à la ville de ce lieu ; les habitants l’honorèrent presque autant qu’Isis.

§4 Aaron conseilla alors à Moïse de fuir vers l’Arabie. Canethôthès l’attendit pour le tuer, mais Moïse saisit sa main, tira lui-même l’épée et le tua. Il s’enfuit chez Ragouël, chef du pays, épousa sa fille et vécut auprès de lui. Ragouël voulut marcher contre l’Égypte afin de rétablir Moïse et de remettre le pouvoir à sa fille et à son gendre ; Moïse l’en empêcha par égard pour son peuple. Ragouël renonça à la guerre ouverte mais autorisa des raids arabes contre l’Égypte. À la même époque, Chenephrès mourut atteint d’éléphantiasis ; Artapan relie ce mal aux mesures humiliantes qu’il avait imposées aux Juifs sur leurs vêtements.

§5 Moïse pria Dieu de mettre fin aux souffrances du peuple. Soudain, un feu jaillit de la terre sans bois ni combustible. Moïse prit peur et s’enfuit, mais une voix divine lui ordonna de marcher vers l’Égypte, de sauver les Juifs et de les ramener dans leur ancienne patrie. Encouragé, il revint d’abord vers Aaron. Le roi d’Égypte le convoqua et demanda pourquoi il était venu ; Moïse répondit que le Maître du monde lui ordonnait de libérer les Juifs.

§6 Le roi fit enfermer Moïse. La nuit, les portes de la prison s’ouvrirent d’elles-mêmes ; des gardes moururent, d’autres furent paralysés de sommeil, et leurs armes se brisèrent. Moïse sortit, entra dans le palais dont les portes étaient ouvertes et réveilla le roi. Celui-ci, stupéfait, lui demanda le nom du Dieu qui l’avait envoyé. Moïse se pencha et le lui dit à l’oreille ; le roi tomba sans voix, puis Moïse le soutint et il revint à lui. Le nom fut écrit et scellé sur une tablette ; un prêtre qui méprisa ce qui y était écrit mourut dans des convulsions. À la demande d’un signe, Moïse jeta son bâton : il devint serpent ; puis, saisi par la queue, il redevint bâton.

§7 Moïse frappa ensuite le Nil de son bâton. Le fleuve déborda sur l’Égypte, puis ses eaux accumulées devinrent mauvaises, les animaux du fleuve périrent et le peuple souffrit de soif. Le roi promit de libérer les Juifs après un mois si Moïse rétablissait le fleuve ; Moïse le frappa de nouveau et resserra son cours. Le roi força alors ses prêtres à produire des prodiges ; par des artifices et des incantations ils firent un serpent et changèrent l’aspect du fleuve. Rassuré, le roi reprit les persécutions. Moïse frappa la terre : un animal ailé surgit, ravagea les Égyptiens et couvrit leurs corps de plaies que les médecins ne pouvaient guérir. Il fit encore venir des grenouilles, des sauterelles et des moucherons. Artapan explique par ces événements la vénération égyptienne du bâton et son association à Isis.

§8 Le roi refusant encore, Moïse provoqua pendant la nuit grêle et tremblements de terre : ceux qui fuyaient l’un des fléaux tombaient sous l’autre ; des maisons et la plupart des temples s’écroulèrent. Finalement le roi libéra les Juifs. Ceux-ci obtinrent des Égyptiens de nombreux vases, des vêtements et une grande quantité d’autres biens ; après avoir franchi les cours d’eau du côté de l’Arabie et parcouru une longue distance, ils arrivèrent à la mer Rouge le troisième jour.

§9 Artapan rapporte deux explications égyptiennes du passage de la mer. Les gens de Memphis disaient que Moïse, connaissant le pays, attendit la marée basse et fit passer la foule sur le fond sec ; les Héliopolitains racontaient que le roi poursuivit les Juifs avec une grande armée et les animaux sacrés. Une voix divine ordonna alors à Moïse de frapper la mer : il toucha l’eau de son bâton, les eaux se séparèrent et le peuple passa à pied sec. Quand les Égyptiens s’engagèrent à leur tour, un feu brilla devant eux et la mer recouvrit le chemin ; tous périrent par le feu et l’inondation. Les Juifs restèrent quarante ans au désert, où Dieu leur faisait tomber une farine semblable au millet et blanche comme neige. Artapan décrit Moïse comme grand, roux, grisonnant, chevelu et imposant ; il place ces actions vers sa quatre-vingt-neuvième année.

Lecture

§1 À la génération suivante, Palmanôthès prit le pouvoir en Égypte et se montra hostile aux Juifs. Sa fille Merris, donnée à Chenephrès, roi d’une partie du pays, était stérile ; elle recueillit un enfant juif et l’appela Moïse. Les Grecs, raconte Artapan, le nommèrent plus tard Musée. Moïse devint le maître d’Orphée et un extraordinaire inventeur : navires, machines de construction, armes, dispositifs d’irrigation et de guerre, philosophie. Il organisa aussi les trente-six nomes, leurs cultes, les écritures des prêtres et leurs terres. Le peuple l’aimait et les prêtres, qui le tenaient presque pour divin, l’appelèrent Hermès parce qu’il interprétait les lettres sacrées.

§2 Cette gloire éveilla la jalousie de Chenephrès. Lors d’une guerre contre les Éthiopiens, il envoya Moïse les combattre avec une troupe de cultivateurs, comptant le voir mourir. Moïse rassembla environ cent mille hommes dans le nome d’Hermopolis, conduisit la guerre avec succès et y fonda une ville où l’ibis fut consacré pour son utilité contre les animaux nuisibles. La guerre aurait duré dix ans. Les Éthiopiens finirent par estimer Moïse au point, selon Artapan, de recevoir de lui la circoncision ; les prêtres l’adoptèrent également.

§3 La paix revenue, Chenephrès poursuivit pourtant ses intrigues. Il éloigna les hommes de Moïse, réorganisa les travaux des temples et chercha à s’approprier ou à masquer ses innovations. À une question sur ce qui restait utile aux humains, Moïse répondit que le bœuf permettait de labourer ; Chenephrès donna alors au taureau le nom d’Apis et institua son sanctuaire. Puis il prépara secrètement l’assassinat de Moïse. À la mort de Merris, il envoya Moïse porter son corps vers le sud avec Canethôthès, choisi pour le tuer. Averti, Moïse enterra Merris et donna son nom, Méroé, au fleuve et à la ville du lieu, où elle reçut de grands honneurs.

§4 Aaron avertit son frère et lui conseilla l’Arabie. Canethôthès tenta de le surprendre en chemin ; Moïse maîtrisa son bras, tira son épée et le tua. En Arabie, il fut accueilli par Ragouël et épousa sa fille. Ragouël voulait conquérir l’Égypte pour rendre à Moïse le pouvoir, mais Moïse refusa de combattre son propre peuple ; Ragouël se contenta d’autoriser des incursions. Chenephrès mourut alors d’éléphantiasis, maladie qu’Artapan rattache à la manière dont il avait marqué et humilié les Juifs par leurs vêtements.

§5 Moïse demanda à Dieu de délivrer enfin son peuple. Un feu jaillit soudain du sol sans aucun combustible. Tandis qu’il reculait de peur, une voix divine lui commanda de retourner en Égypte, sauver les Juifs et les ramener dans l’ancienne patrie. Moïse reprit courage, rejoignit Aaron puis se présenta au roi : « Le Maître du monde t’ordonne de libérer les Juifs. »

§6 Le roi répondit par la prison. Mais la nuit, les portes s’ouvrirent d’elles-mêmes, les gardes furent frappés de mort ou de sommeil et leurs armes se brisèrent. Moïse gagna le palais et réveilla le roi. Celui-ci demanda le nom de Dieu en se moquant ; Moïse le murmura à son oreille, et le roi tomba sans voix avant d’être relevé par Moïse. Le nom fut écrit sur une tablette et scellé ; un prêtre qui méprisa l’inscription mourut dans des convulsions. Puis Moïse donna le signe du bâton changé en serpent et rendu de nouveau à sa forme première.

§7 Moïse frappa le Nil, dont les eaux débordèrent puis se corrompirent, faisant mourir les animaux et souffrir le peuple de soif. Après une promesse du roi, il resserra le cours du fleuve. Les prêtres égyptiens, sommés de rivaliser, produisirent par artifices et incantations un serpent et un changement du fleuve. Le roi reprit alors ses violences. Moïse fit surgir de la terre un animal ailé qui blessa les Égyptiens et leur couvrit le corps de plaies incurables ; il fit encore venir grenouilles, sauterelles et moucherons. Artapan rattache à ces prodiges le culte égyptien rendu au bâton et son lien avec Isis, identifiée à la terre.

§8 Comme le roi persistait, vinrent de nuit grêle et séismes. On mourait en fuyant l’un ou l’autre fléau, et de nombreuses constructions, notamment des temples, s’effondrèrent. Le roi finit par laisser partir les Juifs, qui reçurent des Égyptiens vases, vêtements et quantité de biens. Après plusieurs passages d’eau du côté de l’Arabie, ils atteignirent la mer Rouge au troisième jour.

§9 Pour le passage de la mer, Artapan juxtapose deux traditions : à Memphis, on disait que Moïse avait attendu le reflux ; à Héliopolis, on racontait une poursuite militaire du roi. Dans ce second récit, Dieu ordonne à Moïse de frapper la mer ; les eaux s’ouvrent et les Juifs passent à sec. Les Égyptiens s’engagent derrière eux, mais un feu surgit et la mer referme la route : ils sont détruits. Le peuple passe ensuite quarante ans au désert, nourri d’une farine tombée du ciel, semblable au millet et blanche comme la neige. Moïse est décrit grand, roux, grisonnant, chevelu et majestueux, âgé d’environ quatre-vingt-neuf ans lors de ces événements.

Proclamation

§1 Palmanôthès régna et opprima les Juifs. Merris, sa fille stérile, recueillit un enfant juif : Moïse. Les Grecs l’appelèrent Musée. Artapan en fait le maître d’Orphée, l’inventeur de navires, de machines, d’armes, d’irrigation et de philosophie, l’organisateur des nomes et des cultes. Le peuple l’aima ; les prêtres l’appelèrent Hermès.

§2 Chenephrès en devint jaloux. Il envoya Moïse contre les Éthiopiens avec une armée qu’il croyait faible. Mais Moïse vainquit, fonda Hermopolis, consacra l’ibis et gagna même l’estime de ses ennemis. Selon le récit, Éthiopiens et prêtres apprirent de lui la circoncision.

§3 La guerre finie, le complot continua. Chenephrès dispersa ses hommes, détourna ses inventions et prépara sa mort. Moïse avait dit : « Le bœuf est utile, car il laboure. » Le roi institua alors Apis. Puis, lors des funérailles de Merris, il envoya avec Moïse un homme chargé de le tuer. Mais le complot fut révélé ; Moïse enterra Merris et donna son nom à Méroé.

§4 Aaron dit : « Fuis en Arabie. » L’assassin l’attendait ; Moïse le désarma et le tua. Chez Ragouël, il épousa sa fille. Ragouël voulait lui rendre le pouvoir par la guerre, mais Moïse refusa. Chenephrès mourut d’une maladie terrible, que le récit présente comme le retour de l’oppression imposée aux Juifs.

§5 Alors Moïse pria : « Que cessent leurs souffrances ! » Un feu jaillit sans bois. Une voix dit : « Va en Égypte. Sauve les Juifs. Ramène-les dans leur patrie. » Moïse retrouva Aaron et déclara au roi : « Le Maître du monde t’ordonne de laisser partir les Juifs. »

§6 Le roi l’enferma. La nuit, les portes s’ouvrirent, les armes se brisèrent, les gardes tombèrent. Moïse entra jusque dans le palais et réveilla le roi. « Quel est le nom de ton Dieu ? » Moïse le lui souffla à l’oreille : le roi tomba sans voix, puis revint à lui. Vint ensuite le signe : le bâton devint serpent, puis bâton de nouveau.

§7 Moïse frappa le Nil : l’eau déborda, se corrompit, les bêtes moururent et la soif vint. Les prêtres imitèrent certains signes ; le roi s’endurcit encore. Alors vinrent plaies, créatures nuisibles, grenouilles, sauterelles et moucherons. Le bâton de Moïse devint lui-même, chez les Égyptiens du récit, un objet de vénération.

§8 Puis éclatèrent grêle et séismes. Les maisons tombèrent, les temples s’écroulèrent. Enfin le roi céda. Les Juifs partirent avec vases, vêtements et biens reçus des Égyptiens, et le troisième jour ils arrivèrent à la mer Rouge.

§9 Certains disaient : Moïse connaissait la marée et passa au reflux. D’autres disaient : le roi poursuivit, Dieu parla, Moïse frappa la mer et les eaux s’ouvrirent. Israël passa à sec ; feu et mer détruisirent les poursuivants. Quarante ans le peuple demeura au désert, nourri par Dieu. Moïse, dit Artapan, était grand, roux, grisonnant, chevelu et majestueux ; il avait environ quatre-vingt-neuf ans.

Déployée

§1 Artapan situe Moïse dans une histoire dynastique égyptienne : Palmanôthès succède à la génération d’Abraham et devient hostile aux Juifs. Merris, sa fille stérile et épouse de Chenephrès, adopte un enfant juif qu’elle nomme Moïse ; le récit l’identifie ensuite au « Musée » des Grecs. Moïse reçoit un rôle de héros culturel : maître d’Orphée, inventeur de techniques navales, architecturales, hydrauliques et militaires, fondateur de la philosophie, organisateur des trente-six nomes, de leurs cultes et du savoir écrit des prêtres. Ces fonctions expliquent à la fois son immense popularité et le surnom d’Hermès que lui donnent les prêtres.

§2 La jalousie de Chenephrès transforme la guerre contre les Éthiopiens en piège politique. Il confie à Moïse une armée de cultivateurs qu’il juge incapable de vaincre ; pourtant Moïse rassemble environ cent mille hommes, remporte des succès et établit Hermopolis, où l’ibis est consacré pour son rôle contre les animaux nuisibles. La guerre dure dix ans dans la tradition héliopolitaine. Artapan fait même dériver de Moïse la circoncision des Éthiopiens et des prêtres.

§3 Le retour victorieux ne met pas fin au danger. Chenephrès réduit l’influence militaire de Moïse, réorganise des constructions cultuelles et cherche à absorber ses inventions dans le système religieux égyptien. L’épisode d’Apis naît ainsi d’une réponse de Moïse sur l’utilité des bovins pour l’agriculture. Le roi constitue ensuite un complot secret ; Canethôthès accepte d’assassiner Moïse lors du transfert funéraire de Merris. Averti, Moïse accomplit pourtant l’inhumation et fonde l’étiologie de Méroé en donnant à la ville et au fleuve le nom de Merris, honorée par les habitants presque comme Isis.

§4 La fuite en Arabie est précédée d’un affrontement avec Canethôthès : Moïse le désarme et le tue. Chez Ragouël, souverain local, il épouse sa fille. Ragouël veut profiter de la situation pour envahir l’Égypte et établir Moïse avec sa fille, mais Moïse refuse une guerre qui frapperait les siens ; les Arabes se limitent alors à des razzias. Artapan donne ensuite à la mort de Chenephrès par éléphantiasis une valeur rétributive, liée aux mesures vestimentaires imposées aux Juifs pour les rendre repérables et punissables.

§5 La vocation de Moïse prend la forme d’une théophanie de feu : après sa prière pour la fin des souffrances du peuple, un feu surgit de la terre sans combustible. La voix divine lui ordonne de revenir en Égypte, de délivrer les Juifs et de les reconduire dans la patrie ancestrale. Moïse rejoint Aaron, puis présente au roi son mandat : non une demande personnelle, mais l’ordre du « Maître de l’univers habité » de libérer les Juifs.

§6 L’emprisonnement se renverse en démonstration de puissance : les portes s’ouvrent d’elles-mêmes, les gardes sont neutralisés, les armes brisées, et Moïse parvient jusqu’au roi endormi. Le nom divin, prononcé à son oreille, le fait tomber sans voix avant que Moïse ne le ranime ; écrit et scellé sur une tablette, ce nom entraîne la mort convulsive d’un prêtre qui le méprise. Le bâton changé en serpent, puis repris par la queue pour redevenir bâton, fournit le signe demandé par le roi.

§7 La séquence des prodiges est fortement réécrite par Artapan. Le premier coup porté au Nil provoque débordement, corruption de l’eau, mort de la faune et soif ; le second resserre le cours. Les prêtres, menacés par le roi, répondent par magie et incantations, produisant serpent et changement du fleuve. Le roi reprend alors l’oppression. Moïse fait surgir un être ailé qui blesse et ulcère les Égyptiens, puis grenouilles, sauterelles et moucherons. Artapan ajoute une étiologie cultuelle : le bâton de Moïse aurait été consacré dans les sanctuaires et associé à Isis, identifiée à la terre frappée d’où sortent les prodiges.

§8 Le cycle culmine avec grêle et tremblements de terre simultanés, qui rendent toute fuite impossible et provoquent l’effondrement de maisons et de nombreux temples. Le roi finit par céder. Les Juifs emportent des vases, des vêtements et un important trésor obtenu des Égyptiens ; après plusieurs traversées d’eau dans la région arabique, ils atteignent la mer Rouge au troisième jour.

§9 Artapan juxtapose enfin deux mémoires égyptiennes du passage de la mer : une interprétation naturalisante de Memphis, où Moïse attend le reflux grâce à sa connaissance du terrain, et une version héliopolitaine de poursuite royale. Dans celle-ci, une voix divine commande de frapper la mer ; les eaux s’écartent, le peuple traverse à sec, puis feu et retour des eaux détruisent les poursuivants. Le récit se ferme sur quarante années au désert, une nourriture céleste décrite comme une farine proche du millet et blanche comme neige, et un portrait physique de Moïse — grand, roux, grisonnant, chevelu et imposant — âgé d’environ quatre-vingt-neuf ans.

Littérale

§1 Artapan dit que, morts Abraham, son fils Mempsasthenôth et pareillement le roi des Égyptiens, le fils de celui-ci, Palmanôthès, reçut la puissance. Celui-ci traita mal les Juifs, bâtit Saïs, y établit un sanctuaire puis construisit le temple d’Héliopolis. Il engendra Merris, qu’il donna à Chenephrès, roi des lieux au-dessus de Memphis, car il y avait alors plusieurs rois en Égypte. Merris, étant stérile, se substitua l’enfant de l’un des Juifs et l’appela Moïse ; devenu homme, les Grecs l’appelèrent Musée. Moïse fut le maître d’Orphée et transmit aux hommes beaucoup de choses utiles : il inventa navires, machines pour la pose des pierres, armes égyptiennes, instruments hydrauliques et militaires et la philosophie ; il divisa en trente-six nomes, assigna à chacun un dieu à vénérer, donna aux prêtres les écritures sacrées, ainsi que chats, chiens et ibis, et attribua aux prêtres une terre privilégiée. Il fit tout cela afin de préserver solidement la monarchie de Chenephrès. Les foules, auparavant sans ordre, chassaient et établissaient les rois. Pour cela Moïse fut aimé des foules et, jugé digne par les prêtres d’un honneur égal à un dieu, fut appelé Hermès à cause de l’interprétation des lettres sacrées.

§2 Chenephrès, voyant la valeur de Moïse, le jalousa et cherchait à le tuer sous un prétexte raisonnable. Les Éthiopiens ayant attaqué l’Égypte, il envoya Moïse contre eux comme général, avec une force composée d’une multitude de cultivateurs, pensant qu’il serait facilement tué à cause de la faiblesse des soldats. Moïse vint au nome appelé Hermopolite avec environ dix myriades de cultivateurs et y campa ; il envoya des généraux qui prirent manifestement l’avantage dans les combats. Les Héliopolitains disent que cette guerre dura dix ans. À cause de la grandeur de l’armée, les hommes de Moïse fondèrent là une ville et y consacrèrent l’ibis, parce qu’il tue les animaux qui nuisent aux humains ; ils l’appelèrent Hermopolis. Ainsi les Éthiopiens, bien qu’ennemis, aimèrent Moïse au point d’apprendre de lui la circoncision des parties honteuses, et non seulement eux, mais aussi tous les prêtres.

§3 La guerre terminée, Chenephrès reçut Moïse en paroles mais, en actes, complotait. Il lui enleva les foules, en envoya aux frontières de l’Éthiopie pour la garde et ordonna aux autres de démolir le temple de Diospolis en brique cuite et d’en construire un autre en pierre, en taillant la montagne voisine, avec Nachérôtès comme surveillant. Venu avec Moïse à Memphis, il lui demanda s’il existait encore quelque chose d’utile aux hommes ; Moïse répondit : la race des bœufs, parce que la terre est labourée par eux. Chenephrès nomma alors un taureau Apis, ordonna d’établir son sanctuaire et d’y ensevelir les animaux consacrés par Moïse, voulant cacher les inventions de celui-ci. Les Égyptiens s’étant éloignés de Moïse, Chenephrès fit jurer ses amis de ne pas lui révéler le complot et chercha des hommes pour le tuer. Personne n’acceptant, il reprocha son refus à Canethôthès, qui promit l’attaque. Merris étant morte, Chenephrès chargea Moïse et Canethôthès de porter le corps dans les lieux au-dessus de l’Égypte pour l’ensevelir, pensant que Moïse serait tué en chemin. Quelqu’un révéla le complot ; Moïse se garda, enterra Merris, nomma Méroé le fleuve et la ville qui s’y trouvait, et les habitants honorèrent Merris presque autant qu’Isis.

§4 Aaron, frère de Moïse, ayant appris le complot, lui conseilla de fuir en Arabie. Moïse obéit, traversa le Nil depuis Memphis et partit. Canethôthès, apprenant sa fuite, lui dressa une embuscade pour le tuer ; le voyant venir, il tira son épée, mais Moïse le devança, lui saisit la main, tira l’épée et tua Canethôthès. Il s’échappa en Arabie et vécut avec Ragouël, chef des lieux, dont il prit la fille. Ragouël voulut marcher contre les Égyptiens, ramener Moïse et établir le pouvoir pour sa fille et son gendre ; Moïse l’en empêcha en considération de ses compatriotes. Ragouël, empêché de faire la guerre, ordonna aux Arabes de piller l’Égypte. Vers le même temps, Chenephrès mourut, le premier de tous les hommes, atteint d’éléphantiasis ; il tomba dans ce mal parce qu’il avait ordonné aux Juifs de porter des vêtements de lin et non de laine afin d’être reconnaissables et punis.

§5 Moïse pria Dieu qu’un jour les peuples cessent leurs souffrances. Tandis qu’il cherchait à se concilier Dieu, soudain, dit Artapan, un feu s’alluma depuis la terre et brûla sans qu’il y eût en ce lieu bois ni autre combustible. Moïse, effrayé par ce qui était arrivé, s’enfuit ; une voix divine lui dit de marcher contre l’Égypte, de sauver les Juifs et de les conduire vers l’ancienne patrie. Ayant pris courage, Moïse décida d’amener contre les Égyptiens une force ennemie et vint d’abord auprès d’Aaron son frère. Le roi des Égyptiens, apprenant la venue de Moïse, l’appela et demanda pourquoi il venait ; Moïse répondit que le Maître du monde habité lui ordonnait de libérer les Juifs.

§6 L’ayant entendu, le roi enferma Moïse en prison. La nuit venue, toutes les portes du lieu de détention s’ouvrirent spontanément ; parmi les gardes, les uns moururent, d’autres furent paralysés par le sommeil, et les armes furent brisées. Moïse sortit et vint au palais ; trouvant les portes ouvertes, il entra et, les gardes étant sans force, réveilla le roi. Étonné, celui-ci demanda à Moïse de dire le nom du Dieu qui l’avait envoyé, en se moquant de lui. Moïse se pencha vers son oreille et le dit ; en l’entendant, le roi tomba sans voix, puis, soutenu par Moïse, revint à la vie. Moïse écrivit le nom sur une tablette et la scella ; parmi les prêtres, celui qui méprisa ce qui était écrit sur la tablette quitta la vie dans une convulsion. Le roi lui demanda aussi un signe : Moïse jeta le bâton qu’il avait et en fit un serpent ; tous ayant pris peur, il le saisit par la queue, le releva et en fit de nouveau un bâton.

§7 S’avançant un peu, Moïse frappa le Nil avec le bâton ; le fleuve, devenu riche en eaux, inonda toute l’Égypte, et depuis lors son abaissement se produisit. L’eau rassemblée devint malodorante, les animaux du fleuve périrent et les peuples mouraient de soif. Le roi dit qu’après un mois il libérerait les peuples si Moïse rétablissait le fleuve ; Moïse frappa de nouveau avec le bâton et resserra le courant. Le roi appela alors les prêtres d’au-dessus de Memphis et menaça de les tuer et de raser les sanctuaires s’ils ne faisaient pas eux aussi quelque prodige ; par des artifices et des incantations, ils firent un serpent et changèrent le fleuve. Le roi, enhardi, accabla les Juifs de toute peine et punition. Moïse, le voyant, fit d’autres signes : frappant la terre avec le bâton, il fit surgir un certain animal ailé qui ravagea les Égyptiens et tous eurent le corps ulcéré ; les médecins ne pouvant guérir les malades, les Juifs obtinrent de nouveau du répit. Moïse fit aussi surgir une grenouille par le bâton, puis des sauterelles et des moucherons. Pour cela, les Égyptiens consacrent le bâton dans tout sanctuaire, de même qu’à Isis, parce que la terre est Isis et qu’étant frappée par le bâton elle fit surgir les prodiges.

§8 Le roi étant encore insensé, Moïse produisit de nuit grêle et tremblements de terre, de sorte que ceux qui fuyaient le tremblement de terre étaient tués par la grêle et ceux qui évitaient la grêle étaient détruits par les tremblements de terre ; alors s’écroulèrent toutes les maisons et la plupart des temples. Finalement, tombé dans de tels malheurs, le roi libéra les Juifs. Ceux-ci empruntèrent aux Égyptiens beaucoup de coupes, une quantité non petite de vêtements et un très grand autre trésor ; ayant traversé les fleuves du côté de l’Arabie et parcouru un espace suffisant, ils arrivèrent le troisième jour à la mer Rouge.

§9 Les gens de Memphis disent que Moïse, expérimenté dans le pays, observa le reflux et fit passer la multitude par la mer à sec. Les Héliopolitains disent que le roi courut après eux avec une grande force, avec aussi les animaux consacrés, parce que les Juifs emportaient les biens empruntés aux Égyptiens. Une voix divine vint à Moïse de frapper la mer avec le bâton et de la séparer. Moïse, ayant entendu, toucha l’eau avec le bâton ; le courant se sépara et la force marcha par une route sèche. Les Égyptiens étant entrés avec eux et poursuivant, dit Artapan, un feu brilla devant eux et la mer recouvrit de nouveau la route ; tous les Égyptiens furent détruits par le feu et l’inondation. Les Juifs, ayant échappé au danger, demeurèrent quarante ans dans le désert, Dieu faisant pleuvoir pour eux une farine semblable à l’élyme et de couleur proche de la neige. Moïse, dit-il, était grand, roux, grisonnant, chevelu et imposant ; il accomplit ces choses vers l’âge de quatre-vingt-neuf ans.

Philologique

§1 Après une succession de décès, Palmanôthès reçoit la δυναστεία et traite les Juifs φαύλως. Merris, stérile, ὑποβάλλεται un enfant juif qu’elle nomme Μώϋσος ; les Grecs l’appellent Μουσαῖος. Artapan fait de Moïse un εὑρετής de techniques et de φιλοσοφία, organisateur de trente-six νομοί, des cultes, des ἱερὰ γράμματα et des terres sacerdotales. Les prêtres le qualifient presque d’ἰσόθεος et le nomment Ἑρμῆς à cause de l’ἑρμηνεία des lettres sacrées.

§2 La jalousie de Chenephrès transforme l’expédition éthiopienne en tentative indirecte d’élimination. Moïse reçoit une δύναμις de γεωργοί, environ dix myriades, mais obtient l’avantage, fonde Ἑρμοῦ πόλις et consacre l’ibis comme destructeur des animaux nuisibles. Artapan attribue ensuite à Moïse l’origine de la περιτομή chez les Éthiopiens et les prêtres.

§3 Après la guerre, Chenephrès poursuit l’ἐπιβουλή. Il retire les troupes, ordonne des reconstructions cultuelles et, à partir de l’utilité agricole des βοῦς indiquée par Moïse, institue le taureau Ἆπις. Canethôthès est finalement choisi pour l’assassinat. La mort de Merris fournit le cadre du piège, mais Moïse, averti, l’enterre et rattache son nom à Μερόη, fleuve et ville, où elle reçoit un honneur comparable à celui d’Isis.

§4 Aaron conseille la φυγή vers l’Arabie. Dans l’embuscade, Moïse προκαταταχάσας saisit la main de Canethôthès, tire l’épée et le tue. Chez Ῥαγουήλ, il épouse sa fille et refuse une guerre de restauration contre l’Égypte en considération de ses ὁμόφυλοι. La mort de Chenephrès par ἐλεφαντίασις est présentée comme conséquence de l’ordre vestimentaire destiné à rendre les Juifs ἐπίσημοι et donc punissables.

§5 La théophanie prend la forme d’un πῦρ surgissant ἐκ τῆς γῆς sans bois ni matière ligneuse. La θεία φωνή donne à Moïse le mandat de sauver les Juifs et de les reconduire à l’ἀρχαία πατρίς. Devant le roi, ce mandat est formulé comme ordre du τῆς οἰκουμένης δεσπότης de libérer les Juifs.

§6 La φυλακή s’ouvre αὐτομάτως ; les gardes meurent ou sont paralysés par le sommeil, les armes sont brisées. Le roi demande le ὄνομα du Dieu qui envoie Moïse : prononcé à l’oreille, il le fait tomber ἄφωνος, puis il revient à la vie soutenu par Moïse. Le nom écrit et scellé sur une δέλτος devient mortel pour le prêtre qui le méprise. Le signe de la ῥάβδος devenue ὄφις puis de nouveau bâton conclut la scène.

§7 Le Nil frappé devient πολύχους et inonde l’Égypte ; l’eau stagnante ἐπόζει, la faune fluviale meurt et la soif frappe les peuples. Un second coup συστέλλει le courant. Les prêtres répondent par μάγγανα et ἐπαοιδαί. Viennent ensuite un ζῷόν τι πτηνόν, des ulcères, puis βάτραχος, ἀκρίδες et σκνῖφες. Artapan donne de ces signes une étiologie du culte de la ῥάβδος et de son association à Isis/terre.

§8 Χάλαζα et σεισμοί nocturnes se combinent en catastrophe, entraînant l’effondrement des maisons et de nombreux temples. Le roi libère enfin les Juifs ; ceux-ci χρησάμενοι auprès des Égyptiens coupes, vêtements et autres biens, traversent des cours d’eau du côté de l’Arabie et atteignent la mer Rouge τριταῖοι, « le troisième jour ».

§9 Artapan juxtapose une tradition memphite fondée sur l’ἄμπωτις, le reflux, et une tradition héliopolitaine de poursuite. Dans la seconde, la θεία φωνή commande de frapper la mer ; le νᾶμα se sépare, le peuple avance διὰ ξηρᾶς ὁδοῦ, puis feu et πλημμυρίς détruisent les Égyptiens. Le désert dure quarante ans ; Dieu fait pleuvoir κρῖμνον, farine ou gruau, semblable à l’ἔλυμος et blanc comme neige. Le portrait final qualifie Moïse de μακρός, πυρράκης, πολιός, κομήτης et ἀξιωματικός, vers quatre-vingt-neuf ans.

Paraphrase

§1 Artapan transforme Moïse en grand héros culturel de l’Égypte. Adopté par Merris, fille du roi, il devient pour les Grecs Musée, maître d’Orphée, inventeur de techniques, organisateur du pays et des cultes, fondateur de savoirs et interprète des écritures sacrées. Sa réussite est telle que le peuple l’admire et que les prêtres lui donnent le nom d’Hermès.

§2 Cette popularité menace Chenephrès. Il envoie donc Moïse dans une guerre qu’il espère fatale, mais le piège se retourne : Moïse remporte la campagne, fonde Hermopolis et gagne même l’estime des Éthiopiens. Artapan va jusqu’à faire de lui celui qui leur transmet la circoncision.

§3 Chenephrès essaie alors de reprendre le contrôle du prestige de Moïse : il disperse ses hommes, réorganise les temples, récupère certaines de ses idées et prépare son assassinat. Le projet se mêle aux funérailles de Merris, mais Moïse est averti ; il accomplit l’inhumation et fait de son nom l’origine de Méroé.

§4 Moïse doit finalement fuir. Il tue l’homme envoyé pour l’assassiner, trouve refuge en Arabie, épouse la fille de Ragouël et refuse qu’une guerre soit menée en son nom contre l’Égypte. Le récit fait ensuite de la maladie mortelle de Chenephrès une rétribution de l’humiliation qu’il avait imposée aux Juifs.

§5 Quand Moïse prie pour que la souffrance de son peuple cesse, un feu miraculeux apparaît sans combustible. Une voix divine lui donne alors sa mission : retourner en Égypte, délivrer les Juifs et les ramener vers la patrie de leurs ancêtres. Devant le roi, Moïse parle au nom du Maître du monde.

§6 La prison ne peut le retenir. Les portes s’ouvrent, les gardes sont neutralisés, et Moïse parvient jusqu’au roi. Le nom divin, murmuré à son oreille, le terrasse ; le signe du bâton transformé en serpent confirme ensuite la puissance dont Moïse se réclame.

§7 Commence alors une longue lutte de prodiges. Le Nil déborde puis devient impropre à la vie ; les prêtres essaient de rivaliser par leurs enchantements, mais d’autres fléaux suivent : plaies, créature ailée, grenouilles, sauterelles et moucherons. Artapan explique même par ces événements certains cultes égyptiens liés au bâton et à Isis.

§8 Grêle et séismes brisent finalement la résistance du roi. Les Juifs quittent l’Égypte avec de nombreux biens reçus des habitants et atteignent rapidement la mer Rouge.

§9 Artapan conserve deux manières de raconter la traversée : l’une l’explique par la connaissance du reflux, l’autre par l’ouverture miraculeuse de la mer après l’ordre de Dieu. Dans cette seconde version, feu et eaux anéantissent les poursuivants. Le peuple passe ensuite quarante ans au désert sous la nourriture de Dieu ; Moïse, déjà âgé, est décrit comme un homme grand, roux, grisonnant, chevelu et impressionnant.

Texte source

§1 “Ἀρτάπανος δέ φησιν ἐν τῇ Περὶ Ἰουδαίων, Ἁβραὰμ τελευτήσαντος καὶ τοῦ υἱοῦ αὐτοῦ Μεμψασθενώθ, ὁμοίως δὲ καὶ τοῦ βασιλέως τῶν Αἰγυπτίων, τὴν δυναστείαν παραλαβεῖν τὸν υἱὸν αὐτοῦ Παλμανώθην. τοῦτον δὲ τοῖς Ἰουδαίοις φαύλως προσφέρεσθαι· καὶ πρῶτον μὲν τήν τε Σάιν οἰκοδομῆσαι τό τε ἐπ᾽ αὐτῇ ἱερὸν καθιδρύσασθαι, εἶτα τὸν ἐν Ἡλιουπόλει ναὸν κατασκευάσαι. τοῦτον δὲ γεννῆσαι θυγατέρα Μέρριν, ἣν Χενεφρῇ τινι κατεγγυῆσαι, τῶν ὑπὲρ Μέμφιν τόπων βασιλεύοντι· πολλοὺς γὰρ τότε τῆς Αἰγύπτου βασιλεύειν· ταύτην δὲ στεῖραν ὑπάρχουσαν ὑποβαλέσθαι τινὸς τῶν Ἰουδαίων παιδίον, τοῦτο δὲ Μώϋσον ὀνομάσαι· ὑπὸ δὲ τῶν Ἑλλήνων αὐτὸν ἀνδρωθέντα Μουσαῖον προσαγορευθῆναι. γενέσθαι δὲ τὸν Μώϋσον τοῦτον Ὀρφέως διδάσκαλον. ἀνδρωθέντα δ᾽ αὐτὸν πολλὰ τοῖς ἀνθρώποις εὔχρηστα παραδοῦναι· καὶ γὰρ πλοῖα καὶ μηχανὰς πρὸς τὰς λιθοθεσίας καὶ τὰ Αἰγύπτια ὅπλα καὶ τὰ ὄργανα τὰ ὑδρευτικὰ καὶ πολεμικὰ καὶ τὴν φιλοσοφίαν ἐξευρεῖν· ἔτι δὲ τὴν πόλιν εἰς λςʹ νομοὺς διελεῖν καὶ ἑκάστῳ τῶν νομῶν ἀποτάξαι τὸν θεὸν σεφθήσεσθαι τά τε ἱερὰ γράμματα τοῖς ἱερεῦσιν, εἶναι δὲ καὶ αἰλούρους καὶ κύνας καὶ ἴβεις· ἀπονεῖμαι δὲ καὶ τοῖς ἱερεῦσιν ἐξαίρετον χώραν. ταῦτα δὲ πάντα ποιῆσαι χάριν τοῦ τὴν μοναρχίαν βεβαίαν τῷ Χενεφρῇ διαφυλάξαι. πρότερον γὰρ ἀδιατάκτους ὄντας τοὺς ὄχλους ποτὲ μὲν ἐκβάλλειν, ποτὲ δὲ καθιστάνειν βασιλεῖς, καὶ πολλάκις μὲν τοὺς αὐτούς, ἐνιάκις δὲ ἄλλους. διὰ ταῦτα οὖν τὸν Μώϋσον ὑπὸ τῶν ὄχλων ἀγαπηθῆναι καὶ ὑπὸ τῶν ἱερέων ἰσοθέου τιμῆς καταξιωθέντα προσαγορευθῆναι Ἑρμῆν, διὰ τὴν τῶν ἱερῶν γραμμάτων ἑρμηνείαν. §2 τὸν δὲ Χενεφρῆν ὁρῶντα τὴν ἀρετὴν τοῦ Μωΰσου φθονῆσαι αὐτῷ καὶ ζητεῖν αὐτὸν ἐπ᾽ εὐλόγῳ αἰτίᾳ τινὶ ἀνελεῖν. καὶ δή ποτε τῶν Αἰθιόπων ἐπιστρατευσαμένων τῇ Αἰγύπτῳ τὸν Χενεφρῆν ὑπολαβόντα εὑρηκέναι καιρὸν εὔθετον πέμψαι τὸν Μώϋσον ἐπ᾽ αὐτοὺς στρατηγὸν μετὰ δυνάμεως· τὸ δὲ τῶν γεωργῶν αὐτῷ συστῆσαι πλῆθος, ὑπολαβόντα ῥᾳδίως αὐτὸν διὰ τὴν τῶν στρατιωτῶν ἀσθένειαν ὑπὸ τῶν πολεμίων ἀναιρεθήσεσθαι. τὸν δὲ Μώϋσον ἐλθόντα ἐπὶ τὸν Ἑρμοπολίτην ὀνομαζόμενον νομόν, ἔχοντα περὶ δέκα μυριάδας γεωργῶν, αὐτοῦ καταστρατοπεδεῦσαι· πέμψαι δὲ στρατηγοὺς τοὺς προκαθεδουμένους τῆς χώρας, οὓς δὴ πλεονεκτεῖν ἐπιφανῶς κατὰ τὰς μάχας· λέγειν δέ φησιν Ἡλιουπολίτας γενέσθαι τὸν πόλεμον τοῦτον ἔτη δέκα. τοὺς οὖν περὶ τὸν Μώϋσον διὰ τὸ μέγεθος τῆς στρατιᾶς πόλιν ἐν τούτῳ κτίσαι τῷ τόπῳ καὶ τὴν ἶβιν ἐν αὐτῇ καθιερῶσαι, διὰ τὸ ταύτην τὰ βλάπτοντα ζῷα τοὺς ἀνθρώπους ἀναιρεῖν· προσαγορεῦσαι δὲ αὐτὴν Ἑρμοῦ πόλιν. οὕτω δὴ τοὺς Αἰθίοπας, καίπερ ὄντας πολεμίους, στέρξαι τὸν Μώϋσον ὥστε καὶ τὴν περιτομὴν τῶν αἰδοίων παρ᾽ ἐκείνου μαθεῖν· οὐ μόνον δὲ τούτους, ἀλλὰ καὶ τοὺς ἱερεῖς ἅπαντας. §3 τὸν δὲ Χενεφρῆν λυθέντος τοῦ πολέμου λόγῳ μὲν αὐτὸν ἀποδέξασθαι, ἔργῳ δὲ ἐπιβουλεύειν. παρελόμενον γοῦν αὐτοῦ τοὺς ὄχλους τοὺς μὲν ἐπὶ τὰ ὅρια τῆς Αἰθιοπίας πέμψαι προφυλακῆς χάριν, τοῖς δὲ προστάξαι τὸν ἐν Διὸς πόλει ναὸν ἐξ ὀπτῆς πλίνθου κατεσκευασμένον καθαιρεῖν, ἕτερον δὲ λίθινον κατασκευάσαι τὸ πλησίον ὄρος λατομήσαντας· τάξαι δὲ ἐπὶ τῆς οἰκοδομίας ἐπιστάτην Ναχέρωτα. τὸν δὲ ἐλθόντα μετὰ Μωΰσου εἰς Μέμφιν πυθέσθαι παρ᾽ αὐτοῦ εἴ τι ἄλλο ἐστὶν εὔχρηστον τοῖς ἀνθρώποις· τὸν δὲ φάναι γένος τῶν βοῶν, διὰ τὸ τὴν γῆν ἀπὸ τούτων ἀροῦσθαι· τὸν δὲ Χενεφρῆν, προσαγορεύσαντα ταῦρον Ἆπιν, κελεῦσαι ἱερὸν αὐτοῦ τοὺς ὄχλους καθιδρύσασθαι καὶ τὰ ζῷα τὰ καθιερωθέντα ὑπὸ τοῦ Μωΰσου κελεύειν ἐκεῖ φέροντας θάπτειν, κατακρύπτειν θέλοντα τὰ τοῦ Μωΰσου ἐπινοήματα. ἀποξενωσάντων δὲ αὐτὸν τῶν Αἰγυπτίων ὁρκωμοτῆσαι τοὺς φίλους μὴ ἐξαγγεῖλαι τῷ Μωΰσῳ τὴν ἐπισυνισταμένην αὐτῷ ἐπιβουλὴν καὶ προβαλέσθαι τοὺς ἀναιρήσοντας αὐτὸν. μηδενὸς δ᾽ ὑπακούσαντος ὀνειδίσαι τὸν Χενεφρῆν Χανεθώθην, τὸν μάλιστα προσαγορευόμενον ὑπ᾽ αὐτοῦ· τὸν δὲ ὀνειδισθέντα ὑποσχέσθαι τὴν ἐπίθεσιν, λαβόντα καιρόν. ὑπὸ δὲ τοῦτον τὸν καιρὸν τῆς Μέρριδος τελευτησάσης ὑποσχέσθαι τὸν Χενεφρῆν τῷ τε Μωΰσῳ καὶ τῷ Χανεθώθῃ τὸ σῶμα διακομίσαντας εἰς τοὺς ὑπὲρ Αἴγυπτον τόπους θάψαι, ὑπολαβόντα τὸν Μώϋσον ὑπὸ τοῦ Χανεθώθου ἀναιρεθήσεσθαι. πορευομένων δὲ αὐτῶν τὴν ἐπιβουλὴν τῷ Μωΰσῳ τῶν συνειδότων ἐξαγγεῖλαί τινα· τὸν δὲ φυλάσσοντα αὑτὸν τὴν μὲν Μέρριν θάψαι, τὸν δὲ ποταμὸν καὶ τὴν ἐν ἐκείνῳ πόλιν Μερόην προσαγορεῦσαι· τιμᾶσθαι δὲ τὴν Μέρριν ταύτην ὑπὸ τῶν ἐγχωρίων οὐκ ἐλαχίστως ἢ τὴν Ἶσιν. §4 Ἀάρωνα δὲ τὸν τοῦ Μωΰσου ἀδελφὸν τὰ περὶ τὴν ἐπιβουλὴν ἐπιγνόντα συμβουλεῦσαι τῷ ἀδελφῷ φυγεῖν εἰς τὴν Ἀραβίαν· τὸν δὲ πεισθέντα, ἀπὸ Μέμφεως τὸν Νεῖλον διαπλεύσαντα ἀπαλλάσσεσθαι εἰς τὴν Ἀραβίαν. τὸν δὲ Χανεθώθην πυθόμενον τοῦ Μωΰσου τὴν φυγὴν ἐνεδρεύειν ὡς ἀναιρήσοντα· ἰδόντα δὲ ἐρχόμενον σπάσασθαι τὴν μάχαιραν ἐπ᾽ αὐτόν, τὸν δὲ Μώϋσον προκαταταχήσαντα τήν τε χεῖρα κατασχεῖν αὐτοῦ καὶ σπασάμενον τὸ ξίφος φονεῦσαι τὸν Χανεθώθην· διεκδρᾶναι δὲ εἰς τὴν Ἀραβίαν καὶ Ῥαγουήλῳ τῷ τῶν τόπων ἄρχοντι συμβιοῦν, λαβόντα τὴν ἐκείνου θυγατέρα· τὸν δὲ Ῥαγουῆλον βούλεσθαι στρατεύειν ἐπὶ τοὺς Αἰγυπτίους, κατάγειν βουλόμενον τὸν Μώϋσον καὶ τὴν δυναστείαν τῇ τε θυγατρὶ καὶ τῷ γαμβρῷ κατασκευάσαι· τὸν δὲ Μώϋσον ἀποκωλῦσαι, στοχαζόμενον τῶν ὁμοφύλων· τὸν δὲ Ῥαγουῆλον διακωλύοντα στρατεύειν τοῖς Ἄραψι προστάξαι λῃστεύειν τὴν Αἴγυπτον. ὑπὸ δὲ τὸν αὐτὸν χρόνον καὶ τὸν Χενεφρῆν πρῶτον ἁπάντων ἀνθρώπων ἐλεφαντιάσαντα μεταλλάξαι· τούτῳ δὲ τῷ πάθει περιπεσεῖν διὰ τὸ τοὺς Ἰουδαίους προστάξαι σινδόνας ἀμφιέννυσθαι, ἐρεᾶν δὲ ἐσθῆτα μὴ ἀμπέχεσθαι, ὅπως ὄντες ἐπίσημοι κολάζωνται ὑπ᾽ αὐτοῦ. §5 τὸν δὲ Μώϋσον εὔχεσθαι τῷ θεῷ, ἤδη ποτὲ τοὺς λαοὺς παῦσαι τῶν κακοπαθειῶν. ἱλασκομένου δ᾽ αὐτοῦ αἰφνιδίως φησὶν ἐκ τῆς γῆς πῦρ ἀναφθῆναι καὶ τοῦτο κάεσθαι, μήτε ὕλης μήτε ἄλλης τινὸς ξυλείας οὔσης ἐν τῷ τόπῳ. τὸν δὲ Μώϋσον δείσαντα τὸ γεγονὸς φεύγειν· φωνὴν δ᾽ αὐτῷ θείαν εἰπεῖν στρατεύειν ἐπ᾽ Αἴγυπτον καὶ τοὺς Ἰουδαίους διασώσαντα εἰς τὴν ἀρχαίαν ἀγαγεῖν πατρίδα. τὸν δὲ θαρρήσαντα δύναμιν πολεμίαν ἐπάγειν διαγνῶναι τοῖς Αἰγυπτίοις· πρῶτον δὲ πρὸς Ἀάρωνα τὸν ἀδελφὸν ἐλθεῖν. τὸν δὲ βασιλέα τῶν Αἰγυπτίων πυθόμενον τὴν τοῦ Μωΰσου παρουσίαν καλέσαι πρὸς αὑτὸν καὶ πυνθάνεσθαι ἐφ᾽ ὅ τι ἥκοι· τὸν δὲ φάναι, διότι προστάσσειν αὐτῷ τὸν τῆς οἰκουμένης δεσπότην ἀπολῦσαι τοὺς Ἰουδαίους. §6 τὸν δὲ πυθόμενον εἰς φυλακὴν αὐτὸν καθεῖρξαι· νυκτὸς δὲ ἐπιγενομένης τάς τε θύρας πάσας αὐτομάτως ἀνοιχθῆναι τοῦ δεσμωτηρίου καὶ τῶν φυλάκων οὓς μὲν τελευτῆσαι, τινὰς δὲ ὑπὸ τοῦ ὕπνου παρεθῆναι τά τε ὅπλα κατεαγῆναι. ἐξελθόντα δὲ τὸν Μώϋσον ἐπὶ τὰ βασίλεια ἐλθεῖν· εὑρόντα δὲ ἀνεῳγμένας τὰς θύρας εἰσελθεῖν καὶ ἐνθάδε τῶν φυλάκων παρειμένων τὸν βασιλέα ἐξεγεῖραι. τὸν δὲ ἐκπλαγέντα ἐπὶ τῷ γεγονότι κελεῦσαι τῷ Μωΰσῳ τὸ τοῦ πέμψαντος αὐτὸν θεοῦ εἰπεῖν ὄνομα, διαχλευάσαντα αὐτόν· τὸν δὲ προσκύψαντα πρὸς τὸ οὖς εἰπεῖν, ἀκούσαντα δὲ τὸν βασιλέα πεσεῖν ἄφωνον, διακρατηθέντα δὲ ὑπὸ τοῦ Μωΰσου πάλιν ἀναβιῶσαι· γράψαντα δὲ τοὔνομα εἰς δέλτον κατασφραγίσασθαι τῶν τε ἱερέων τὸν φαυλίσαντα ἐν τῇ πινακίδι τὰ γεγραμμένα μετὰ σπασμοῦ τὸν βίον ἐκλιμπάνειν· εἰπεῖν τε τὸν βασιλέα σημεῖόν τι αὐτῷ ποιῆσαι· τὸν δὲ Μώϋσον ἣν εἶχε ῥάβδον ἐκβαλόντα ὄφιν ποιῆσαι· πτοηθέντων δὲ πάντων ἐπιλαβόμενον τῆς οὐρᾶς ἀνελέσθαι καὶ πάλιν ῥάβδον ποιῆσαι· §7 προελθόντα δὲ μικρὸν τὸν Νεῖλον τῇ ῥάβδῳ πατάξαι, τὸν δὲ ποταμὸν πολύχουν γενόμενον κατακλύζειν ὅλην τὴν Αἴγυπτον· ἀπὸ τότε δὲ καὶ τὴν κατάβασιν αὐτοῦ γίνεσθαι· συναγαγὸν δὲ τὸ ὕδωρ ἐποζέσαι καὶ τὰ ποτάμια διαφθεῖραι ζῷα τούς τε λαοὺς διὰ τὴν δίψαν φθείρεσθαι. τὸν δὲ βασιλέα τούτων γενομένων τῶν τεράτων φάναι μετὰ μῆνα τοὺς λαοὺς ἀπολύσειν, ἐὰν ἀποκαταστήσῃ τὸν ποταμόν· τὸν δὲ Μώϋσον πάλιν τῇ ῥάβδῳ πατάξαντα τὸ ὕδωρ συστεῖλαι τὸ ῥεῦμα. τούτου δὲ γενομένου τὸν βασιλέα τοὺς ἱερεῖς τοὺς ὑπὲρ Μέμφιν καλέσαι καὶ φάναι αὐτοὺς ἀναιρήσειν καὶ τὰ ἱερὰ κατασκάψειν, ἐὰν μὴ καὶ αὐτοὶ τερατουργήσωσί τι. τοὺς δὲ τότε διά τινων μαγγάνων καὶ ἐπαοιδῶν δράκοντα ποιῆσαι καὶ τὸν ποταμὸν μεταχρῶσαι. τὸν δὲ βασιλέα φρονηματισθέντα ἐπὶ τῷ γεγονότι, πάσῃ τιμωρίᾳ καὶ κολάσει καταικίζειν τοὺς Ἰουδαίους. τὸν δὲ Μώϋσον ταῦτα ὁρῶντα ἄλλα τε σημεῖα ποιῆσαι καὶ πατάξαντα τὴν γῆν τῇ ῥάβδῳ ζῷόν τι πτηνὸν ἀνεῖναι λυμαίνεσθαι τοὺς Αἰγυπτίους, πάντας τε ἐξελκωθῆναι τὰ σώματα. τῶν δὲ ἰατρῶν μὴ δυναμένων ἰᾶσθαι τοὺς κάμνοντας, οὕτως πάλιν ἀνέσεως τυχεῖν τοὺς Ἰουδαίους. πάλιν τε τὸν Μώϋσον βάτραχον διὰ τῆς ῥάβδου ἀνεῖναι, πρὸς δὲ τούτοις ἀκρίδας καὶ σκνίφας. διὰ τοῦτο δὲ καὶ τοὺς Αἰγυπτίους τὴν ῥάβδον ἀνατιθέναι εἰς πᾶν ἱερόν, ὁμοίως δὲ καὶ τῇ Ἴσιδι, διὰ τὸ τὴν γῆν εἶναι Ἶσιν, παιομένην δὲ τῇ ῥάβδῳ τὰ τέρατα ἀνεῖναι. §8 τοῦ δὲ βασιλέως ἔτι ἀφρονουμένου τὸν Μώϋσον χάλαζάν τε καὶ σεισμοὺς διὰ νυκτὸς ἀποτελέσαι, ὥστε τοὺς τὸν σεισμὸν φεύγοντας ἀπὸ τῆς χαλάζης ἀναιρεῖσθαι τούς τε τὴν χάλαζαν ἐκκλίνοντας ὑπὸ τῶν σεισμῶν διαφθείρεσθαι. συμπεσεῖν δὲ τότε τὰς μὲν οἰκίας πάσας τῶν τε ναῶν τοὺς πλείστους. τελευταῖον τοιαύταις συμφοραῖς περιπεσόντα τὸν βασιλέα τοὺς Ἰουδαίους ἀπολῦσαι· τοὺς δὲ χρησαμένους παρὰ τῶν Αἰγυπτίων πολλὰ μὲν ἐκπώματα, οὐκ ὀλίγον δὲ ἱματισμὸν ἄλλην τε παμπληθῆ γάζαν, διαβάντας τοὺς κατὰ τὴν Ἀραβίαν ποταμοὺς καὶ διαβάντας ἱκανὸν τόπον ἐπὶ τὴν Ἐρυθρὰν τριταίους ἐλθεῖν Θάλασσαν. §9 Μεμφίτας μὲν οὖν λέγειν ἔμπειρον ὄντα τὸν Μώϋσον τῆς χώρας τὴν ἄμπωτιν τηρήσαντα διὰ ξηρᾶς τῆς θαλάσσης τὸ πλῆθος περαιῶσαι. Ἡλιουπολίτας δὲ λέγειν ἐπικαταδραμεῖν τὸν βασιλέα μετὰ πολλῆς δυνάμεως, <ἅμα> καὶ τοῖς καθιερωμένοις ζῴοις, διὰ τὸ τὴν ὕπαρξιν τοὺς Ἰουδαίους τῶν Αἰγυπτίων χρησαμένους διακομίζειν. τῷ δὲ Μωΰσῳ φωνὴν θείαν γενέσθαι πατάξαι τὴν θάλασσαν τῇ ῥάβδῳ καὶ διαστῆσαι. τὸν δὲ Μώϋσον ἀκούσαντα ἐπιθιγεῖν τῇ ῥάβδῳ τοῦ ὕδατος, καὶ οὕτως τὸ μὲν νᾶμα διαστῆναι, τὴν δὲ δύναμιν διὰ ξηρᾶς ὁδοῦ πορεύεσθαι. συνεμβάντων δὲ τῶν Αἰγυπτίων καὶ διωκόντων φησὶ πῦρ αὐτοῖς ἐκ τῶν ἔμπροσθεν ἐκλάμψαι, τὴν δὲ θάλασσαν πάλιν τὴν ὁδὸν ἐπικλύσαι· τοὺς δὲ Αἰγυπτίους ὑπό τε τοῦ πυρὸς καὶ τῆς πλημμυρίδος πάντας διαφθαρῆναι· τοὺς δὲ Ἰουδαίους διαφυγόντας τὸν κίνδυνον τεσσαράκοντα ἔτη ἐν τῇ ἐρήμῳ διατρῖψαι, βρέχοντος αὐτοῖς τοῦ θεοῦ κρίμνον ὅμοιον ἐλύμῳ, χιόνι παραπλήσιον τὴν χρόαν. γεγονέναι δέ φησι τὸν Μώϋσον μακρόν, πυρρακῆ, πολιόν, κομήτην, ἀξιωματικόν. ταῦτα δὲ πρᾶξαι περὶ ἔτη ὄντα ὀγδοήκοντα ἐννέα.”

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans le corpus conservé

Fragment 3 sur 3 ; 9 segment(s) source dans cette unité.

Parcours de l’unité

Moïse, l’Égypte et l’ExodeFragment 3

Clés de lecture

Approfondir : composition, transmission et réception

Établissement du fragment

contrôlé

Longue réécriture hellénistique de Moïse ; les attributions d’inventions, les étiologies cultuelles et les deux traditions du passage de la mer sont conservées comme éléments du récit d’Artapan.

Lecture éditoriale. Les difficultés et les parallèles sont signalés dans l’appareil, tandis que les sept restitutions demeurent du texte continu.

Bibliographie de travail

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