Bibliothèque ancienne · Introduction critique

La voix de Dieu, Orphée et Aratos

La voix de Dieu, Orphée et Aratos.

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Texte — sept restitutions

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Clarté

§1 La voix de Dieu ne doit pas être comprise comme un son comparable à une voix humaine, mais comme l’accomplissement d’actes. Moïse le montre dans le récit de la création : « Dieu dit, et cela fut. »

§2 Aristobule pense que Pythagore, Socrate et Platon ont compris cette idée lorsqu’ils parlent d’entendre la voix de Dieu en contemplant l’univers créé et maintenu par lui. Il invoque aussi des poèmes attribués à Orphée et des vers d’Aratos comme témoins d’une puissance divine qui soutient toutes choses.

§3 Aristobule cite ensuite des vers attribués à Orphée : « Je parlerai à ceux à qui il est permis ; fermez les portes, profanes. Écoute, Musée, descendant de la Lune porte-lumière : je dirai la vérité. Tourne ton regard vers la parole divine, demeure auprès d’elle, dirige l’intelligence de ton cœur, marche droit sur le sentier et contemple l’unique Formateur immortel du monde. Un seul est accompli en lui-même ; par lui tout s’accomplit. Il se meut au milieu de toutes choses ; aucune âme mortelle ne le voit, mais l’intelligence le contemple. Il n’ordonne pas le mal aux mortels à partir des biens ; auprès de lui se tiennent grâce et haine, guerre, peste et douleurs. Il n’en est pas d’autre. Tu verras aisément toutes choses si tu le vois. Je te montrerai ses traces et la main puissante du Dieu fort ; lui-même, je ne le vois pas, car une nuée se tient autour de lui. Nul mortel ne saurait voir le Souverain, sinon un rejeton unique de l’antique lignée des Chaldéens, connaissant la course des astres et le mouvement circulaire de la sphère autour de la terre. Il gouverne les vents, l’air, les eaux et manifeste l’éclat du feu. Lui-même demeure au grand ciel sur un trône d’or ; la terre est sous ses pieds, sa droite s’étend jusqu’aux confins de l’Océan, et les fondements des montagnes tremblent. Il accomplit tout sur la terre, tenant commencement, milieu et fin ; du haut des cieux il ordonne toutes choses. Mon enfant, approche avec cette pensée, maîtrise ta langue et garde cette parole dans ton cœur. » Il cite aussi Aratos : « Commençons par Dieu, que les hommes ne laissent jamais sans le nommer. Les rues et les places des hommes sont pleines de Dieu, la mer et les ports en sont pleins ; partout nous avons besoin de Dieu, car nous sommes aussi de sa race. Bienveillant envers les humains, il donne des signes favorables, les éveille au travail, leur indique quand la terre convient aux bœufs et aux hoyaux, et quand vient le temps de planter et de semer. »

§4 Aristobule conclut que la puissance de Dieu traverse toutes choses. Il réinterprète les noms divins des poètes grecs en les rapportant au Dieu unique et affirme que la vraie philosophie doit avoir de Dieu des conceptions saintes ; la Loi, elle aussi, ordonne la vie à la piété, à la justice, à la maîtrise de soi et aux autres biens véritables.

Lecture

§1 La « voix de Dieu » n’est pas, pour Aristobule, une parole sonore : elle est l’acte qui fait advenir. Le récit de la création l’exprime par la formule répétée : « Dieu dit, et cela fut. »

§2 Pythagore, Socrate et Platon auraient rejoint cette intuition lorsqu’ils parlent d’entendre la voix divine en contemplant l’ordre de l’univers créé et continuellement soutenu par Dieu. Aristobule convoque ensuite Orphée et Aratos comme témoins poétiques.

§3 Aristobule cite ensuite des vers attribués à Orphée : « Je parlerai à ceux à qui il est permis ; fermez les portes, profanes. Écoute, Musée, descendant de la Lune porte-lumière : je dirai la vérité. Tourne ton regard vers la parole divine, demeure auprès d’elle, dirige l’intelligence de ton cœur, marche droit sur le sentier et contemple l’unique Formateur immortel du monde. Un seul est accompli en lui-même ; par lui tout s’accomplit. Il se meut au milieu de toutes choses ; aucune âme mortelle ne le voit, mais l’intelligence le contemple. Il n’ordonne pas le mal aux mortels à partir des biens ; auprès de lui se tiennent grâce et haine, guerre, peste et douleurs. Il n’en est pas d’autre. Tu verras aisément toutes choses si tu le vois. Je te montrerai ses traces et la main puissante du Dieu fort ; lui-même, je ne le vois pas, car une nuée se tient autour de lui. Nul mortel ne saurait voir le Souverain, sinon un rejeton unique de l’antique lignée des Chaldéens, connaissant la course des astres et le mouvement circulaire de la sphère autour de la terre. Il gouverne les vents, l’air, les eaux et manifeste l’éclat du feu. Lui-même demeure au grand ciel sur un trône d’or ; la terre est sous ses pieds, sa droite s’étend jusqu’aux confins de l’Océan, et les fondements des montagnes tremblent. Il accomplit tout sur la terre, tenant commencement, milieu et fin ; du haut des cieux il ordonne toutes choses. Mon enfant, approche avec cette pensée, maîtrise ta langue et garde cette parole dans ton cœur. » Il cite aussi Aratos : « Commençons par Dieu, que les hommes ne laissent jamais sans le nommer. Les rues et les places des hommes sont pleines de Dieu, la mer et les ports en sont pleins ; partout nous avons besoin de Dieu, car nous sommes aussi de sa race. Bienveillant envers les humains, il donne des signes favorables, les éveille au travail, leur indique quand la terre convient aux bœufs et aux hoyaux, et quand vient le temps de planter et de semer. »

§4 De ces citations, Aristobule tire que la puissance de Dieu est présente à travers toutes choses. Les noms de Zeus employés par les poètes sont, dans sa lecture, dépouillés de leur cadre mythologique et rapportés à Dieu. La philosophie doit penser Dieu saintement, et la Loi conduit à la piété, à la justice, à la maîtrise de soi et aux vrais biens.

Proclamation

§1 La voix de Dieu n’est pas un bruit : elle est œuvre. Dieu dit — et ce qu’il dit arrive.

§2 En regardant l’univers créé et maintenu par Dieu, Pythagore, Socrate et Platon auraient entendu cette voix dans l’ordre même du monde. Aristobule appelle aussi les poètes à témoigner.

§3 Aristobule cite ensuite des vers attribués à Orphée : « Je parlerai à ceux à qui il est permis ; fermez les portes, profanes. Écoute, Musée, descendant de la Lune porte-lumière : je dirai la vérité. Tourne ton regard vers la parole divine, demeure auprès d’elle, dirige l’intelligence de ton cœur, marche droit sur le sentier et contemple l’unique Formateur immortel du monde. Un seul est accompli en lui-même ; par lui tout s’accomplit. Il se meut au milieu de toutes choses ; aucune âme mortelle ne le voit, mais l’intelligence le contemple. Il n’ordonne pas le mal aux mortels à partir des biens ; auprès de lui se tiennent grâce et haine, guerre, peste et douleurs. Il n’en est pas d’autre. Tu verras aisément toutes choses si tu le vois. Je te montrerai ses traces et la main puissante du Dieu fort ; lui-même, je ne le vois pas, car une nuée se tient autour de lui. Nul mortel ne saurait voir le Souverain, sinon un rejeton unique de l’antique lignée des Chaldéens, connaissant la course des astres et le mouvement circulaire de la sphère autour de la terre. Il gouverne les vents, l’air, les eaux et manifeste l’éclat du feu. Lui-même demeure au grand ciel sur un trône d’or ; la terre est sous ses pieds, sa droite s’étend jusqu’aux confins de l’Océan, et les fondements des montagnes tremblent. Il accomplit tout sur la terre, tenant commencement, milieu et fin ; du haut des cieux il ordonne toutes choses. Mon enfant, approche avec cette pensée, maîtrise ta langue et garde cette parole dans ton cœur. » Il cite aussi Aratos : « Commençons par Dieu, que les hommes ne laissent jamais sans le nommer. Les rues et les places des hommes sont pleines de Dieu, la mer et les ports en sont pleins ; partout nous avons besoin de Dieu, car nous sommes aussi de sa race. Bienveillant envers les humains, il donne des signes favorables, les éveille au travail, leur indique quand la terre convient aux bœufs et aux hoyaux, et quand vient le temps de planter et de semer. »

§4 Ainsi, dit Aristobule, la puissance de Dieu traverse tout. Il faut dépasser les noms mythologiques et chercher le Dieu auquel leur pensée peut renvoyer. La Loi conduit à la piété, à la justice, à la maîtrise de soi et aux biens véritables.

Déployée

§1 Aristobule interprète la « voix » divine en termes d’efficacité : elle n’est pas une émission sonore corporelle, mais le passage de la volonté divine à l’œuvre. La formule cosmogonique « Dieu dit, et cela fut » devient le modèle de cette parole-acte.

§2 Il rapproche de cette conception les philosophes grecs qui disent entendre une voix divine en contemplant la structure du monde. L’argument s’élargit ensuite à des citations poétiques attribuées à Orphée et à Aratos, utilisées comme témoignages de l’unité et de l’omniprésence de la puissance divine.

§3 Aristobule cite ensuite des vers attribués à Orphée : « Je parlerai à ceux à qui il est permis ; fermez les portes, profanes. Écoute, Musée, descendant de la Lune porte-lumière : je dirai la vérité. Tourne ton regard vers la parole divine, demeure auprès d’elle, dirige l’intelligence de ton cœur, marche droit sur le sentier et contemple l’unique Formateur immortel du monde. Un seul est accompli en lui-même ; par lui tout s’accomplit. Il se meut au milieu de toutes choses ; aucune âme mortelle ne le voit, mais l’intelligence le contemple. Il n’ordonne pas le mal aux mortels à partir des biens ; auprès de lui se tiennent grâce et haine, guerre, peste et douleurs. Il n’en est pas d’autre. Tu verras aisément toutes choses si tu le vois. Je te montrerai ses traces et la main puissante du Dieu fort ; lui-même, je ne le vois pas, car une nuée se tient autour de lui. Nul mortel ne saurait voir le Souverain, sinon un rejeton unique de l’antique lignée des Chaldéens, connaissant la course des astres et le mouvement circulaire de la sphère autour de la terre. Il gouverne les vents, l’air, les eaux et manifeste l’éclat du feu. Lui-même demeure au grand ciel sur un trône d’or ; la terre est sous ses pieds, sa droite s’étend jusqu’aux confins de l’Océan, et les fondements des montagnes tremblent. Il accomplit tout sur la terre, tenant commencement, milieu et fin ; du haut des cieux il ordonne toutes choses. Mon enfant, approche avec cette pensée, maîtrise ta langue et garde cette parole dans ton cœur. » Il cite aussi Aratos : « Commençons par Dieu, que les hommes ne laissent jamais sans le nommer. Les rues et les places des hommes sont pleines de Dieu, la mer et les ports en sont pleins ; partout nous avons besoin de Dieu, car nous sommes aussi de sa race. Bienveillant envers les humains, il donne des signes favorables, les éveille au travail, leur indique quand la terre convient aux bœufs et aux hoyaux, et quand vient le temps de planter et de semer. »

§4 Après ces testimonia, Aristobule explicite sa méthode : il retire aux noms de Zeus leur portée mythologique et rapporte à Dieu ce qu’il juge être le contenu véritable de ces textes. Il fait converger ainsi philosophie grecque et Loi vers une conception sainte de Dieu et vers une éthique de piété, justice, maîtrise de soi et vérité.

Littérale

§1 Il faut prendre la voix divine non comme un discours prononcé, mais comme des constitutions d’œuvres, de même que Moïse, par la Loi, a dit toute la genèse du cosmos comme des paroles de Dieu : pour chaque chose, « et Dieu dit, et cela fut ».

§2 Pythagore, Socrate et Platon, ayant travaillé toutes choses, lui ont, selon Aristobule, donné suite lorsqu’ils disent entendre une voix de Dieu, considérant précisément la constitution de l’ensemble faite par Dieu et continuellement maintenue. Orphée aussi, dans les poèmes du Discours sacré, parle de toutes choses maintenues par puissance divine ; puis Aristobule cite Aratos.

§3 Il rapporte ensuite les vers dits du Discours sacré d’Orphée : « Je parlerai à ceux pour qui cela est permis ; fermez les portes, profanes. Écoute, Musée, rejeton de la Lune porte-lumière : j’énoncerai des choses vraies. Regarde vers le logos divin et tiens-toi auprès de lui, dirigeant le réceptacle intelligent du cœur ; avance bien sur le sentier et regarde seulement le Formateur immortel du cosmos. Un est, achevé par lui-même ; sous lui toutes choses s’accomplissent, et lui-même circule en elles. Aucune âme des mortels ne le voit, mais il est vu par l’intellect. Il ne fait pas surgir le mal pour les mortels à partir des biens ; grâce et haine l’accompagnent, guerre, peste et douleurs pleines de larmes. Il n’y en a pas d’autre. Tu verras facilement toutes choses si tu le vois. Je te montrerai ses traces et la main robuste du Dieu puissant ; lui-même, je ne le vois pas, car une nuée est établie autour de lui. Aucun mortel ne pourrait voir celui qui accomplit, sinon un rejeton unique de l’antique race des Chaldéens, versé dans la marche des astres et dans le mouvement circulaire de la sphère autour de la terre, tournant sur son axe. Il conduit les souffles autour de l’air et du courant des eaux et fait paraître l’éclat du feu puissant. Lui-même est établi dans le vaste ciel sur un trône d’or ; la terre est placée sous ses pieds ; il étend la main droite jusqu’aux limites de l’Océan ; la base des montagnes tremble et ne peut porter sa puissance. Il est céleste et accomplit tout sur terre, ayant en lui le commencement, le milieu et la fin ; du plus haut il accomplit toutes choses dans l’ordre. Ô enfant, approche de ces pensées, maîtrise fortement ta langue et mets cette parole dans ta poitrine. » Puis viennent des vers d’Aratos : « Commençons par Dieu, que les hommes ne laissent jamais sans parole ; toutes les rues sont pleines de Dieu, toutes les places humaines, la mer et les ports ; partout nous avons tous besoin de Dieu. Car nous sommes aussi sa race. Lui, bienveillant pour les hommes, donne des signes favorables, réveille les peuples au travail, rappelle ce qui concerne la vie, dit quand la glèbe est la meilleure pour les bœufs et les hoyaux, et quand les saisons sont favorables pour planter et semer. »

§4 Il estime ainsi démontré que la puissance de Dieu est à travers toutes choses. Il a écarté des poèmes Zeus et Zên, parce que l’intention de leur pensée est renvoyée vers Dieu. Tous les philosophes conviennent qu’il faut avoir des conceptions saintes au sujet de Dieu ; toute la constitution de la Loi est disposée selon la piété, la justice, la maîtrise de soi et les autres biens selon la vérité.

Philologique

§1 La θεία φωνή est comprise non comme ῥητὸς λόγος, parole articulée, mais comme ἔργων κατασκευαί, constitution effective d’œuvres. Le « Dieu dit, et cela fut » de la cosmogonie relie ainsi λόγος et réalisation.

§2 Pythagore, Socrate et Platon sont présentés comme ayant reconnu la même logique dans la κατασκευή du tout, créée par Dieu et continuellement συνεχομένη. Aristobule introduit ensuite des testimonia poétiques orphiques puis aratéens.

§3 Il rapporte ensuite les vers dits du Discours sacré d’Orphée : « Je parlerai à ceux pour qui cela est permis ; fermez les portes, profanes. Écoute, Musée, rejeton de la Lune porte-lumière : j’énoncerai des choses vraies. Regarde vers le logos divin et tiens-toi auprès de lui, dirigeant le réceptacle intelligent du cœur ; avance bien sur le sentier et regarde seulement le Formateur immortel du cosmos. Un est, achevé par lui-même ; sous lui toutes choses s’accomplissent, et lui-même circule en elles. Aucune âme des mortels ne le voit, mais il est vu par l’intellect. Il ne fait pas surgir le mal pour les mortels à partir des biens ; grâce et haine l’accompagnent, guerre, peste et douleurs pleines de larmes. Il n’y en a pas d’autre. Tu verras facilement toutes choses si tu le vois. Je te montrerai ses traces et la main robuste du Dieu puissant ; lui-même, je ne le vois pas, car une nuée est établie autour de lui. Aucun mortel ne pourrait voir celui qui accomplit, sinon un rejeton unique de l’antique race des Chaldéens, versé dans la marche des astres et dans le mouvement circulaire de la sphère autour de la terre, tournant sur son axe. Il conduit les souffles autour de l’air et du courant des eaux et fait paraître l’éclat du feu puissant. Lui-même est établi dans le vaste ciel sur un trône d’or ; la terre est placée sous ses pieds ; il étend la main droite jusqu’aux limites de l’Océan ; la base des montagnes tremble et ne peut porter sa puissance. Il est céleste et accomplit tout sur terre, ayant en lui le commencement, le milieu et la fin ; du plus haut il accomplit toutes choses dans l’ordre. Ô enfant, approche de ces pensées, maîtrise fortement ta langue et mets cette parole dans ta poitrine. » Puis viennent des vers d’Aratos : « Commençons par Dieu, que les hommes ne laissent jamais sans parole ; toutes les rues sont pleines de Dieu, toutes les places humaines, la mer et les ports ; partout nous avons tous besoin de Dieu. Car nous sommes aussi sa race. Lui, bienveillant pour les hommes, donne des signes favorables, réveille les peuples au travail, rappelle ce qui concerne la vie, dit quand la glèbe est la meilleure pour les bœufs et les hoyaux, et quand les saisons sont favorables pour planter et semer. »

§4 L’argument conclut à une δύναμις divine qui traverse toutes choses. Les noms Ζεύς et Ζήν sont herméneutiquement retranchés pour rapporter la διάνοια des poèmes à Dieu. La νομοθεσία est ordonnée à εὐσέβεια, δικαιοσύνη, ἐγκράτεια et aux autres biens selon la vérité.

Paraphrase

§1 Pour Aristobule, Dieu ne parle pas avec des cordes vocales. Sa « voix », c’est le fait que sa volonté devient réalité : dans la Genèse, Dieu dit, et le monde advient.

§2 Il relit alors certains philosophes et poètes grecs comme s’ils avaient entrevu la même vérité en contemplant l’ordre du monde : derrière leur langage, il cherche l’idée d’un Dieu unique qui crée et soutient tout.

§3 Aristobule cite ensuite des vers attribués à Orphée : « Je parlerai à ceux à qui il est permis ; fermez les portes, profanes. Écoute, Musée, descendant de la Lune porte-lumière : je dirai la vérité. Tourne ton regard vers la parole divine, demeure auprès d’elle, dirige l’intelligence de ton cœur, marche droit sur le sentier et contemple l’unique Formateur immortel du monde. Un seul est accompli en lui-même ; par lui tout s’accomplit. Il se meut au milieu de toutes choses ; aucune âme mortelle ne le voit, mais l’intelligence le contemple. Il n’ordonne pas le mal aux mortels à partir des biens ; auprès de lui se tiennent grâce et haine, guerre, peste et douleurs. Il n’en est pas d’autre. Tu verras aisément toutes choses si tu le vois. Je te montrerai ses traces et la main puissante du Dieu fort ; lui-même, je ne le vois pas, car une nuée se tient autour de lui. Nul mortel ne saurait voir le Souverain, sinon un rejeton unique de l’antique lignée des Chaldéens, connaissant la course des astres et le mouvement circulaire de la sphère autour de la terre. Il gouverne les vents, l’air, les eaux et manifeste l’éclat du feu. Lui-même demeure au grand ciel sur un trône d’or ; la terre est sous ses pieds, sa droite s’étend jusqu’aux confins de l’Océan, et les fondements des montagnes tremblent. Il accomplit tout sur la terre, tenant commencement, milieu et fin ; du haut des cieux il ordonne toutes choses. Mon enfant, approche avec cette pensée, maîtrise ta langue et garde cette parole dans ton cœur. » Il cite aussi Aratos : « Commençons par Dieu, que les hommes ne laissent jamais sans le nommer. Les rues et les places des hommes sont pleines de Dieu, la mer et les ports en sont pleins ; partout nous avons besoin de Dieu, car nous sommes aussi de sa race. Bienveillant envers les humains, il donne des signes favorables, les éveille au travail, leur indique quand la terre convient aux bœufs et aux hoyaux, et quand vient le temps de planter et de semer. »

§4 Son projet devient clair : il veut montrer qu’en retirant le langage mythologique, certains textes grecs peuvent être lus comme témoins de la puissance du Dieu unique. Cette lecture doit conduire non seulement à une idée juste de Dieu, mais à une vie de piété, de justice et de maîtrise de soi.

Texte source

§1 Εἶτα μεταξύ τινα εἰπὼν ἐπιφέρει λέγων· “Δεῖ γὰρ λαμβάνειν τὴν θείαν φωνὴν οὐ ῥητὸν λόγον, ἀλλ᾽ ἔργων κατασκευάς, καθὼς καὶ διὰ τῆς νομοθεσίας ἡμῖν ὅλην τὴν γένεσιν τοῦ κόσμου θεοῦ λόγους εἴρηκεν ὁ Μωσῆς. συνεχῶς γάρ φησιν ἐφ᾽ ἑκάστου· ‘καὶ εἶπεν ὁ θεὸς, καὶ ἐγένετο.’ §2 δοκοῦσι δέ μοι περιειργασμένοι πάντα κατηκολουθηκέναι τούτῳ Πυθαγόρας τε καὶ Σωκράτης καὶ Πλάτων λέγοντες ἀκούειν φωνῆς θεοῦ, τὴν κατασκευὴν τῶν ὅλων συνθεωροῦντες ἀκριβῶς ὑπὸ θεοῦ γεγονυῖαν καὶ συνεχομένην ἀδιαλείπτως. ἔτι δὲ καὶ Ὀρφεὺς ἐν ποιήμασι τῶν κατὰ τὸν Ἱερὸν Λόγον αὐτῷ λεγομένων οὕτως ἐκτίθεται περὶ τοῦ διακρατεῖσθαι θείᾳ δυνάμει τὰ πάντα καὶ γενητὰ ὑπάρχειν καὶ ἐπὶ πάντων εἶναι τὸν θεόν. λέγει δ᾽ οὕτως· §3 φθέγξομαι οἷς θέμις ἐστί, θύρας δ᾽ ἐπίθεσθε βέβηλοι, φεύγοντες δικαίων θεσμούς, θείοιο τιθέντος πᾶσιν ὁμοῦ· σὺ δ᾽ ἄκουε, φαεσφόρου ἔκγονε Μήνης Μουσαῖ᾽. ἐξενέπω γὰρ ἀληθέα· μηδέ σε τὰ πρὶν ἐν στήθεσσι φανέντα φίλης αἰῶνος ἀμέρσῃ, εἰς δὲ λόγον θεῖον βλέψας τούτῳ προσέδρευε, ἰθύνων κραδίης νοερὸν κύτος· εὖ δ᾽ ἐπίβαινε ἀτραπιτοῦ, μοῦνον δ᾽ ἐσόρα κόσμοιο τυπωτὴν ἀθάνατον. παλαιὸς δὲ λόγος περὶ τοῦδε φαείνει· Εἷς ἔστ᾽ αὐτοτελής, αὐτοῦ δ᾽ ὕπο πάντα τελεῖται, ἐν δ᾽ αὐτοῖς αὐτὸς περινίσσεται, οὐδέ τις αὐτὸν εἰσοράᾳ ψυχὴν θνητῶν, νῷ δ᾽ εἰσοράαται. αὐτὸς δ᾽ ἐξ ἀγαθῶν θνητοῖς κακὸν οὐκ ἐπιτέλλει ἀνθρώποις· αὐτῷ δὲ χάρις καὶ μῖσος ὀπηδεῖ· καὶ πόλεμος καὶ λοιμὸς ἰδ᾽ ἄλγεα δακρυόεντα· οὐδέ τίς ἐσθ᾽ ἕτερος. σὺ δέ κεν ῥέα πάντ᾽ ἐσορήσω, αἴ κεν ἴδῃς αὐτόν· πρὶν δή ποτε δεῦρ᾽ ἐπὶ γαῖαν, τέκνον ἐμόν, δείξω σοι, ὁπηνίκα {τὰ} δέρκομαι αὐτοῦ ἴχνια καὶ χεῖρα στιβαρὴν κρατεροῖο θεοῖο. αὐτὸν δ᾽ οὐχ ὁρόω· περὶ γὰρ νέφος ἐστήρικται λοιπὸν ἐμοί· ᾽στᾶσιν δὲ δεκάπτυχον ἀνθρώποισιν. οὐ γάρ κέν τις ἴδοι θνητῶν μερόπων κραίνοντα, εἰ μὴ μουνογενής τις ἀπορρὼξ φύλου ἄνωθεν Χαλδαίων· ἴδρις γὰρ ἔην ἄστροιο πορείης καὶ σφαίρης κίνημ᾽ ἀμφὶ χθόνα ὡς περιτέλλει κυκλοτερές τ᾽ ἐν ἴσῳ, κατὰ δὲ σφέτερον κνώδακα. πνεύματα δ᾽ ἡνιοχεῖ περί τ᾽ ἠέρα καὶ περὶ χεῦμα νάματος· ἐκφαίνει δὲ πυρὸς σέλας ἰφιγενήτου. αὐτὸς δὴ μέγαν αὖθις ἐπ᾽ οὐρανὸν ἐστήρικται χρυσέῳ εἰνὶ θρόνῳ· γαίη δ᾽ ὑπὸ ποσσὶ βέβηκε· χεῖρα δὲ δεξιτερὴν ἐπὶ τέρμασιν Ὠκεανοῖο ἐκτέτακεν· ὀρέων δὲ τρέμει βάσις ἔνδοθι θυμῷ οὐδὲ φέρειν δύναται κρατερὸν μένος. ἔστι δὲ πάντως αὐτὸς ἐπουράνιος καὶ ἐπὶ χθονὶ πάντα τελευτᾷ, ἀρχὴν αὐτὸς ἔχων καὶ μέσσην ἠδὲ τελευτήν, ὡς λόγος ἀρχαίων, ὡς ὑδογενὴς διέταξεν, ἐκ θεόθεν γνώμῃσι λαβὼν κατὰ δίπλακα θεσμόν. ἄλλως οὐ θεμιτὸν δὲ λέγειν· τρομέω δέ γε γυῖα, ἐν νόῳ· ἐξ ὑπάτου κραίνει περὶ πάντ᾽ ἐνὶ τάξει. ὦ τέκνον, σὺ δὲ τοῖσι νόοισι πελάζευ, γλώσσης εὖ μάλ᾽ ἐπικρατέων, στέρνοισι δὲ ἔνθεο φήμην. καὶ Ἄρατος δὲ περὶ τῶν αὐτῶν φησιν οὕτως· Ἐκ θεοῦ ἀρχώμεσθα, τὸν οὐδέποτ᾽ ἄνδρες ἐῶσιν ἄρρητον· μεσταὶ δὲ θεοῦ πᾶσαι μὲν ἀγυιαί, πᾶσαι δ᾽ ἀνθρώπων ἀγοραί, μεστὴ δὲ θάλασσα καὶ λιμένες, πάντη δὲ θεοῦ κεχρήμεθα πάντες. τοῦ γὰρ καὶ γένος ἐσμέν· ὁ δ᾽ ἤπιος ἀνθρώποισι δεξιὰ σημαίνει, λαοὺς δ᾽ ἐπὶ ἔργον ἐγείρει μιμνήσκων βιότοιο· λέγει δ᾽ ὅτε βῶλος ἀρίστη βουσί τε καὶ μακέλῃσι, λέγει δ᾽ ὅτε δεξιαὶ ὧραι καὶ φυτὰ γυρῶσαι καὶ σπέρματα πάντα βαλέσθαι. §4 σαφῶς οἴομαι δεδεῖχθαι διότι διὰ πάντων ἐστὶν ἡ δύναμις τοῦ θεοῦ. καθὼς δὲ δεῖ, σεσημάγκαμεν περιαιροῦντες τὸν διὰ τῶν ποιημάτων Δία καὶ Ζῆνα· τὸ γὰρ τῆς διανοίας αὐτῶν ἐπὶ θεὸν ἀναπέμπεται, διόπερ οὕτως ἡμῖν εἴρηται. οὐκ ἀπεοικότως οὖν τοῖς ἐπεζητημένοις προενηνέγμεθα ταῦτα. πᾶσι γὰρ τοῖς φιλοσόφοις ὁμολογεῖται διότι δεῖ περὶ θεοῦ διαλήψεις ὁσίας ἔχειν, ὃ μάλιστα παρακελεύεται καλῶς ἡ καθ᾽ ἡμᾶς αἵρεσις. ἡ δὲ τοῦ νόμου κατασκευὴ πᾶσα τοῦ καθ᾽ ἡμᾶς περὶ εὐσεβείας τέτακται καὶ δικαιοσύνης καὶ ἐγκρατείας καὶ τῶν λοιπῶν ἀγαθῶν τῶν κατὰ ἀλήθειαν.”

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans le corpus conservé

Fragment 4 sur 5 ; 4 segment(s) source dans cette unité.

Parcours de l’unité

La voix de Dieu, Orphée et AratosFragment 4

Clés de lecture

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contrôlé

Les longues citations orphiques et aratéennes sont des textes invoqués par Aristobule, non des vers composés par lui.

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