Bibliothèque ancienne · Introduction critique

Les anthropomorphismes divins et le Sinaï

Les anthropomorphismes divins et le Sinaï.

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Texte — sept restitutions

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Clarté

§1 Le roi demande comment comprendre les mains, le bras, le visage, les pieds ou la marche attribués à Dieu dans la Loi. Aristobule répond qu’il faut les recevoir selon un sens conforme à la nature et digne de Dieu, sans transformer Dieu en personnage humain. Moïse, sous des expressions visibles, enseigne des réalités plus profondes ; si l’interprète échoue à les expliquer, la faute revient à l’interprète, non au législateur.

§2 Les mains signifient la puissance. De même qu’on dit d’un roi qu’il a une grande main lorsqu’il envoie ses forces, la Loi parle de la main forte de Dieu qui fait sortir d’Égypte, frappe les Égyptiens et agit sur les troupeaux.

§3 La « station » de Dieu peut désigner l’ordre stable du monde. Dieu est au-dessus de tout et les réalités gardent leur ordre : le ciel ne devient pas terre, le soleil ne devient pas lune, l’homme ne devient pas bête. Les êtres changent et périssent, mais sans abolir l’ordre selon lequel ils sont ce qu’ils sont.

§4 La « descente » de Dieu sur la montagne désigne la manifestation de son action au moment de la Loi. La montagne brûle, les trompettes retentissent et le feu apparaît avec puissance.

§5 Une foule immense campait tout autour de la montagne et voyait partout le feu. La descente n’était donc pas un déplacement local, puisque Dieu est partout. Le feu brûlait sans consumer la végétation et les trompettes retentissaient sans instruments ni musiciens.

§6 Ces signes rendent manifeste la descente divine : le feu ne détruit rien, les trompettes ne viennent d’aucune action humaine, et Dieu fait connaître sa grandeur par ces phénomènes.

Lecture

§1 À propos des mains, du bras, du visage, des pieds et de la marche attribués à Dieu, Aristobule invite le roi à chercher un sens naturel et digne de Dieu plutôt qu’une représentation mythique et humaine. Moïse exprime souvent par des réalités visibles des structures plus profondes ; l’insuffisance d’une explication ne doit donc pas être imputée au législateur.

§2 La « main » est l’image de la puissance. On dit déjà d’un souverain qui déploie ses forces qu’il possède une grande main ; ainsi la Loi parle de la main forte de Dieu à l’Exode et de sa main qui frappe l’Égypte.

§3 De même, la « station » divine désigne l’établissement du cosmos. Tout est soumis à Dieu et reçoit sa stabilité : ciel, terre, astres, fleuves, animaux et plantes conservent leur ordre propre à travers leurs transformations.

§4 La « descente » sur la montagne doit s’entendre comme manifestation de l’énergie divine lors du don de la Loi : la montagne est en feu et les voix de trompettes se font entendre.

§5 La multitude rassemblée tout autour voit le feu depuis chaque côté. Ce n’est donc pas une descente locale : Dieu est partout. Le feu demeure intense sans consumer la verdure, et les trompettes sonnent sans instruments ni exécutants humains.

§6 Par ces phénomènes, chacun peut reconnaître la manifestation divine : ni le feu ni les trompettes ne s’expliquent ici par une action humaine ; ils font paraître la majesté de Dieu.

Proclamation

§1 Ne donnez pas à Dieu un corps comme au récit des mythes. Quand la Loi parle de sa main, de son visage, de ses pieds ou de sa marche, cherchez ce que ces images disent de sa puissance et de son action.

§2 La main, c’est la puissance : « À main forte Dieu t’a fait sortir d’Égypte. » La main agit, frappe et accomplit.

§3 La station de Dieu, c’est l’ordre du monde : ciel et terre, soleil et lune, humains, bêtes et plantes demeurent dans l’ordre qui leur a été donné.

§4 La descente au Sinaï est manifestation : la montagne brûle, les trompettes retentissent, la puissance de Dieu devient visible.

§5 Tout le peuple voit le feu autour de la montagne. Pourtant rien n’est consumé. Des trompettes sonnent sans instruments. Dieu n’est pas enfermé dans un lieu : il est partout.

§6 Alors la grandeur de Dieu se montre : le feu ne dévore pas, aucune main humaine ne produit les trompettes, et tous deviennent témoins de sa puissance.

Déployée

§1 Aristobule traite les anthropomorphismes bibliques comme un langage figuré : mains, bras, visage, pieds et marche ne décrivent pas l’anatomie de Dieu mais orientent vers sa puissance et son action. Moïse peut donc employer des réalités sensibles pour signifier l’organisation du monde et des réalités supérieures, sans qu’il faille rabattre Dieu sur une forme humaine.

§2 L’image de la main est éclairée par l’usage politique : lorsqu’un roi déploie une grande force, on dit qu’il a une « grande main ». Les formules de l’Exode sur la main forte de Dieu et sur la main qui frappe l’Égypte expriment ainsi l’efficacité de sa puissance.

§3 La « station » divine est rapportée à la stabilité ordonnée du cosmos. Tout demeure sous l’autorité de Dieu : les grandes catégories du monde ne se convertissent pas les unes dans les autres, même si les êtres connaissent des transformations et la corruption.

§4 La « descente » de Dieu au Sinaï est comprise comme apparition efficace de sa puissance au moment de la législation, rendue sensible par le feu de la montagne et le retentissement des trompettes.

§5 La foule, évaluée par le témoin à cent myriades sans les mineurs, entourait une montagne dont le circuit demandait plusieurs jours. Le feu était visible de partout : la descente ne peut donc être localisée comme le déplacement d’un corps. Le feu brûle sans consumer les plantes ; les trompettes sonnent sans instrument ni souffle humain.

§6 La conclusion d’Aristobule est que ces signes rendent perceptible une action divine sans enfermer Dieu dans un lieu : la majesté divine se manifeste dans le feu non destructeur et dans les sons qui ne procèdent d’aucun dispositif humain.

Littérale

§1 Le roi a signalé que la Loi emploie mains, bras, visage, pieds et marche au sujet de la puissance divine. Aristobule l’exhorte à recevoir les interprétations selon la nature, à garder une conception convenable de Dieu et à ne pas tomber dans le mythique et l’humain. Moïse, parlant de choses qui apparaissent, annonce des dispositions naturelles et les constitutions de grandes choses. Si l’interprète ne convainc pas, l’absence de raison ne doit pas être attachée au législateur.

§2 Les mains sont comprises au sens de puissance. Quand un roi envoie des forces pour accomplir quelque chose, on dit : « le roi a une grande main ». Ainsi Moïse dit : « À main forte Dieu t’a fait sortir d’Égypte », puis : « J’enverrai ma main et je frapperai les Égyptiens », et encore que « la main du Seigneur » sera sur les troupeaux.

§3 Le législateur transfère ainsi au divin l’image de la main. La station divine peut être dite de la constitution du cosmos : Dieu est sur toutes choses, toutes lui sont soumises et ont reçu leur station. Le ciel ne devient pas terre, la terre ciel, le soleil lune, ni l’homme bête ; les êtres demeurent selon leur ordre tout en recevant transformations et corruptions.

§4 La descente divine sur la montagne est dite par l’Écriture de la Loi au temps de la législation, afin que tous voient l’activité de Dieu. La montagne brûlait de feu, des voix de trompettes se faisaient entendre et le feu flambait irrésistiblement.

§5 La multitude, pas moins de cent myriades sans les mineurs, était assemblée autour de la montagne, dont le circuit n’était pas inférieur à cinq jours. De tout point, le feu était vu : la descente n’était pas locale, car Dieu est partout. Les lieux brûlaient fortement sans que la verdure fût consumée ; les trompettes résonnaient sans instruments ni sonneur humain.

§6 Ainsi la descente divine était manifeste : ni le feu ne consumait, ni les voix des trompettes ne procédaient d’une activité humaine ou de la fabrication d’instruments ; Dieu montrait par toutes choses sa propre grandeur sans aucun intermédiaire.

Philologique

§1 Les termes corporels de la Loi — χεῖρες, βραχίων, πρόσωπον, πόδες et περίπατος — sont appliqués à la puissance divine. Aristobule demande une réception φυσικῶς, conforme à une conception digne de Dieu, et refuse le registre mythique et anthropomorphique. Moïse use du niveau de l’apparence pour signifier des dispositions naturelles et de grandes structures.

§2 La χείρ est prise métaphoriquement pour δύναμις : l’usage royal « avoir une grande main » explique les formules de l’Exode sur la main forte, la main envoyée contre l’Égypte et la main du Seigneur sur les troupeaux.

§3 La στάσις divine est comprise comme la constitution stable du κόσμος. Toutes choses sont sous Dieu et reçoivent leur station ; les espèces et les grandes réalités cosmiques demeurent identifiables malgré leurs τροπαί et leurs φθοραί.

§4 La κατάβασις divine sur la montagne n’est pas une locomotion corporelle mais la manifestation de l’ἐνέργεια de Dieu lors de la νομοθεσία : feu de la montagne et voix de trompettes en constituent les signes.

§5 Cent myriades au moins, sans les mineurs, entourent la montagne ; le feu se laisse voir depuis tout le pourtour. La κατάβασις n’est donc pas locale, puisque Dieu est partout. Le feu manifeste une δύναμις qui brûle sans consumer, et les trompettes se font entendre sans instruments ni exécutant.

§6 La descente divine se reconnaît ainsi à des phénomènes qui excèdent l’activité humaine : feu non consumant et sons sans dispositif instrumental, par lesquels Dieu manifeste sa μεγαλειότης.

Paraphrase

§1 Quand la Bible parle de la main, du visage ou des pas de Dieu, Aristobule refuse d’imaginer un corps divin. Ce langage, dit-il, exprime par des images visibles ce que Dieu fait et la puissance avec laquelle il agit. Le lecteur doit donc chercher un sens digne de Dieu plutôt qu’un récit mythologique.

§2 Dire que Dieu agit de sa « main » revient à parler de sa puissance. Nous faisons la même chose lorsque nous disons qu’un roi a une main forte parce qu’il peut envoyer ses armées et accomplir sa volonté.

§3 Dire que Dieu « se tient » renvoie à l’ordre du monde qu’il maintient. Les réalités gardent leur place et leur identité : le ciel reste ciel, la terre reste terre, et les êtres vivants ne se changent pas arbitrairement les uns en les autres.

§4 Dire que Dieu « descend » sur le Sinaï ne signifie pas qu’il voyage d’un endroit à un autre. C’est sa puissance qui devient perceptible quand la montagne s’embrase et que les trompettes retentissent.

§5 Le peuple entoure toute la montagne et voit le même feu de tous côtés. Voilà pourquoi Aristobule insiste : Dieu n’est pas localisé. Le feu est extraordinaire parce qu’il brûle sans détruire la végétation, et les trompettes sonnent sans qu’aucun homme ne les joue.

§6 Le récit du Sinaï devient ainsi, pour Aristobule, une manière de dire que Dieu se fait connaître par son action sans être enfermé dans un corps ni dans un lieu.

Texte source

§1 ΑΡΙΣΤΟΒΟΥΛΟΥ ΠΕΡΙ ΤΩΝ ΟΝΟΜΑΖΟΜΕΝΩΝ ΩΣ ΘΕΟΥ ΜΕΛΩΝ “Πλὴν ἱκανῶς εἰρημένων πρὸς τὰ προκείμενα ζητήματα ἐπεφώνησας καὶ σύ, βασιλεῦ, διότι σημαίνεται διὰ τοῦ νόμου τοῦ παρ᾽ ἡμῖν καὶ χεῖρες καὶ βραχίων καὶ πρόσωπον καὶ πόδες καὶ περίπατος ἐπὶ τῆς θείας δυνάμεως· ἃ τεύξεται λόγου καθήκοντος καὶ οὐκ ἀντιδοξήσει τοῖς προειρημένοις ὑφ᾽ ἡμῶν οὐδέν. παρακαλέσαι δέ σε βούλομαι πρὸς τὸ φυσικῶς λαμβάνειν τὰς ἐκδοχὰς καὶ τὴν ἁρμόζουσαν ἔννοιαν περὶ θεοῦ κρατεῖν, καὶ μὴ ἐκπίπτειν εἰς τὸ μυθῶδες καὶ ἀνθρώπινον κατάστημα. πολλαχῶς γὰρ ὃ βούλεται λέγειν ὁ νομοθέτης ἡμῶν Μωσῆς ἐφ᾽ ἑτέρων πραγμάτων λόγους ποιούμενος (λέγω δὲ τῶν κατὰ τὴν ἐπιφάνειαν), φυσικὰς διαθέσεις ἀπαγγέλλει καὶ μεγάλων πραγμάτων κατασκευάς. οἷς μὲν οὖν πάρεστι τὸ καλῶς νοεῖν, θαυμάζουσι τὴν περὶ αὐτὸν σοφίαν καὶ τὸ θεῖον πνεῦμα, καθ᾽ ὃ καὶ προφήτης ἀνακεκήρυκται· ὧν εἰσιν οἱ προειρημένοι φιλόσοφοι καὶ πλείονες ἕτεροι καὶ ποιηταὶ παρ᾽ αὐτοῦ μεγάλας ἀφορμὰς εἰληφότες, καθὸ καὶ θαυμάζονται. τοῖς δὲ μὴ μετέχουσι δυνάμεως καὶ συνέσεως, ἀλλὰ τῷ γραπτῷ μόνον προσκειμένοις οὐ φαίνεται μεγαλεῖόν τι διασαφῶν. ἄρξομαι δὲ λαμβάνειν καθ᾽ ἕκαστον σημαινόμενον, καθ᾽ ὅσον ἂν ὦ δυνατός. εἰ δὲ μὴ τεύξομαι τοῦ πράγματος μηδὲ πείσω, μὴ τῷ νομοθέτῃ προσάψῃς τὴν ἀλογίαν, ἀλλ᾽ ἐμοὶ τῷ μὴ δυναμένῳ διαιρεῖσθαι τὰ ἐκείνῳ νενοημένα. §2 χεῖρες μὲν οὖν νοοῦνται προδήλως καὶ ἐφ᾽ ἡμῶν κοινότερον. ὅταν γὰρ δυνάμεις ἐξαποστέλλῃς σὺ βασιλεὺς ὤν, βουλόμενός τι κατεργάσασθαι, λέγομεν· μεγάλην χεῖρα ἔχει ὁ βασιλεύς, φερομένων τῶν ἀκουόντων ἐπὶ τὴν δύναμιν ἣν ἔχεις. ἐπισημαίνεται δὲ τοῦτο καὶ διὰ τῆς νομοθεσίας ἡμῶν λέγων ὁ Μωσῆς οὕτως· ‘Ἐν χειρὶ κραταιᾷ ἐξήγαγεν ὁ θεός σε ἐξ Αἰγύπτου.’ καὶ πάλιν εἰρηκέναι αὐτῷ φησι τὸν θεόν· ‘Ἀποστελῶ τὴν χεῖρά μου καὶ πατάξω τοὺς Αἰγυπτίους.’ καὶ ἐπὶ τοῦ γεγονότος θανάτου τῶν κτηνῶν καὶ τῶν ἄλλων φησὶ τῷ βασιλεῖ τῶν Αἰγυπτίων λέγων· ‘Ἰδοὺ χεὶρ κυρίου ἐπέσται ἐν τοῖς κτήνεσί σου καὶ ἐν πᾶσι τοῖς ἐν τοῖς πεδίοις θάνατος μέγας,’ ὥστε δηλοῦσθαι τὰς χεῖρας ἐπὶ δυνάμεως εἶναι θεοῦ· καὶ γὰρ ἔστι μεταφέροντας νοῆσαι τὴν πᾶσαν ἰσχὺν τῶν ἀνθρώπων καὶ τὰς ἐνεργείας ἐν ταῖς χερσὶν εἶναι. §3 διόπερ καλῶς ὁ νομοθέτης ἐπὶ τὸ μεγαλεῖον μετενήνοχε, λέγων τὰς συντελείας χεῖρας εἶναι θεοῦ. στάσις δὲ θεία καλῶς ἂν λέγοιτο κατὰ τὸ μεγαλεῖον ἡ τοῦ κόσμου κατασκευή. καὶ γὰρ ἐπὶ πάντων ὁ θεός, καὶ πάνθ᾽ ὑποτέτακται καὶ στάσιν εἴληφεν· ὥστε τοὺς ἀνθρώπους καταλαμβάνειν ἀκίνητα εἶναι ταῦτα. λέγω δὲ τὸ τοιοῦτον, ὡς οὐδέποτε γέγονεν οὐρανὸς γῆ, γῆ δ᾽ οὐρανός, οὐδ᾽ ἥλιος σελήνη λάμπουσα, οὐδὲ σελήνη πάλιν ἥλιος, οὐδὲ ποταμοὶ θάλασσα, οὐδὲ θάλασσα ποταμοί. καὶ πάλιν ἐπὶ τῶν ζῴων ὁ αὐτός ἐστι λόγος. οὐ γὰρ ἄνθρωπος ἔσται θηρίον οὐδὲ θηρίον ἄνθρωπος. καὶ ἐπὶ τῶν λοιπῶν δὲ ταὐτὸν ὑπάρχει φυτῶν τε καὶ ἐπὶ τῶν ἄλλων· ἀμετάβλητα μέν ἐστι, τὰς αὐτὰς δ᾽ ἐν αὑτοῖς τροπὰς λαμβάνει καὶ φθοράς. §4 ἡ στάσις οὖν ἡ θεία κατὰ ταῦτα ἂν λέγοιτο, πάντων ὑποκειμένων τῷ θεῷ. λέγεται δὲ καὶ κατάβασις ἐπὶ τὸ ὄρος θεία γεγονέναι διὰ τῆς γραφῆς τοῦ νόμου, καθ᾽ ὃν ἐνομοθέτει καιρόν, ἵνα πάντες θεωρήσωσι τὴν ἐνέργειαν τοῦ θεοῦ. κατάβασις γὰρ αὕτη σαφής ἐστι· καὶ περὶ τούτων οὖν οὕτως ἄν τις ἐξηγήσαιτο, βουλόμενος συντηρεῖν τὸν περὶ θεοῦ λόγον. δηλοῦται γὰρ ὡς ‘τὸ ὄρος ἐκαίετο πυρί,’ καθώς φησιν ἡ νομοθεσία, διὰ τὸ τὸν θεὸν καταβεβηκέναι σαλπίγγων τε φωνὰς καὶ τὸ πῦρ φλεγόμενον ἀνυποστάτως εἶναι. §5 τοῦ γὰρ παντὸς πλήθους μυριάδων οὐκ ἔλαττον ἑκατόν, χωρὶς τῶν ἀφηλίκων, ἐκκλησιαζομένων κυκλόθεν τοῦ ὄρους, οὐκ ἔλασσον ἡμερῶν πέντε οὔσης τῆς περιόδου περὶ αὐτό, κατὰ πάντα τόπον τῆς ὁράσεως πᾶσιν αὐτοῖς κυκλόθεν, ὡς ἦσαν παρεμβεβληκότες, τὸ πῦρ φλεγόμενον ἐθεωρεῖτο· ὥστε τὴν κατάβασιν μὴ τοπικὴν εἶναι· πάντη γὰρ ὁ θεός ἐστιν. ἀλλὰ τὴν τοῦ πυρὸς δύναμιν, παρὰ πάντα θαυμάσιον ὑπάρχουσαν διὰ τὸ πάντ᾽ ἀναλίσκειν, ἔδειξε φλεγομένην ἀνυποστάτως, μηδὲν δ᾽ ἐξαναλίσκουσαν, εἰ μὴ τὸ παρὰ τοῦ θεοῦ δυναμικὸν αὐτῇ προσείη. τῶν γὰρ φυομένων κατὰ τὸ ὄρος, τόπων φλεγομένων σφοδρῶς, οὐδὲν ἐξανάλωσεν, ἀλλ᾽ ἔμεινε τῶν ἁπάντων ἡ χλόη πυρὸς ἄθικτος, σαλπίγγων τε φωναὶ σφοδρότερον συνηκούοντο σὺν τῇ τοῦ πυρὸς ἀστραπηδὸν ἐκφάνσει, μὴ προκειμένων ὀργάνων τοιούτων μηδὲ τοῦ φωνήσοντος, ἀλλὰ θείᾳ κατασκευῇ γινομένων ἁπάντων· §6 ὥστε σαφὲς εἶναι διὰ ταῦτα τὴν κατάβασιν τὴν θείαν γεγονέναι, διὰ τὸ τοὺς συνορῶντας ἐκφαντικῶς ἕκαστα καταλαμβάνειν, μήτε τὸ πῦρ κεκαυκός, ὡς προείρηται, μηδὲν μήτε τὰς τῶν σαλπίγγων φωνὰς δι᾽ ἀνθρωπίνης ἐνεργείας ἢ κατασκευῆς ὀργάνων γίνεσθαι, τὸν δὲ θεὸν ἄνευ τινὸς δεικνύναι τὴν ἑαυτοῦ διὰ πάντων μεγαλειότητα.”

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans le corpus conservé

Fragment 2 sur 5 ; 6 segment(s) source dans cette unité.

Parcours de l’unité

Les anthropomorphismes divins et le SinaïFragment 2

Clés de lecture

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Établissement du fragment

contrôlé

Parallèle partiel chez Clément pour le Sinaï ; l’interprétation anti-anthropomorphique est conservée sans la transformer en commentaire moderne.

Lecture éditoriale. Les choix de segmentation et d’attribution sont documentés dans l’appareil S5.

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