Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Confesser Dieu et lui offrir la louange
Ce chapitre de 1 Clément développe : « Confesser Dieu et lui offrir la louange ». 1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.
Texte — sept restitutions
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Clarté
§1 Frères, le Maître de toutes choses n’a besoin de rien ; il ne demande rien à personne, sinon que nous lui rendions grâce et le reconnaissions.
§2 Car David, l’élu, dit : « Je rendrai grâce au Seigneur, et cela lui plaira davantage qu’un jeune taureau portant cornes et sabots. Que les pauvres le voient et se réjouissent. »
§3 Et il dit encore : « Offre à Dieu un sacrifice de louange et acquitte tes vœux envers le Très-Haut ; invoque-moi au jour de ta détresse, je te délivrerai et tu me glorifieras. »
§4 Car le sacrifice agréable à Dieu est un esprit brisé.
Lecture
§1 Dieu n’est dépendant de rien ni de personne ; ce qu’il attend de nous n’est pas de combler un manque en lui, mais de lui rendre grâce et de le reconnaître.
§2 David dit que cette reconnaissance plaît davantage à Dieu qu’un sacrifice animal.
§3 Il appelle à offrir la louange, à tenir ses engagements et à invoquer Dieu dans la détresse, avec la promesse d’une délivrance qui conduit à la glorification de Dieu.
§4 Le vrai sacrifice est alors résumé ainsi : un esprit brisé et contrit.
Proclamation
§1 Le Maître de tout n’a besoin de rien ! Ce qu’il attend, c’est notre reconnaissance.
§2 « Je louerai le Seigneur ; cela lui plaira plus qu’un jeune taureau. »
§3 « Offre à Dieu la louange, accomplis tes vœux, appelle-moi dans la détresse : je te délivrerai et tu me glorifieras. »
§4 Le sacrifice que Dieu reçoit, c’est un esprit brisé.
Déployée
§1 Après avoir appelé à la confession, l’auteur précise pourquoi celle-ci vaut plus qu’une offrande matérielle : Dieu, Maître de toutes choses, ne manque de rien et n’a besoin d’aucune ressource humaine.
§2 David sert de témoin : la reconnaissance et la louange offertes à Dieu lui plaisent davantage qu’un sacrifice animal richement présenté.
§3 Une seconde citation associe trois gestes : offrir la louange, accomplir les vœux prononcés et invoquer Dieu dans l’épreuve ; la délivrance reçue devient alors elle-même occasion de glorifier Dieu.
§4 L’ensemble culmine dans la formule selon laquelle le sacrifice véritablement recevable est un esprit brisé, c’est-à-dire un cœur qui renonce à l’autosuffisance et se tourne vers Dieu dans la repentance.
Littérale
§1 Le Maître de toutes choses, frères, est sans besoin ; il n’a besoin de rien de personne, sinon qu’on se confesse à lui.
§2 Car David, l’élu, dit : Je me confesserai au Seigneur, et cela lui plaira plus qu’un jeune veau faisant sortir cornes et sabots ; que les pauvres voient et se réjouissent.
§3 Et encore il dit : Sacrifie à Dieu un sacrifice de louange et rends au Très-Haut tes vœux ; et invoque-moi au jour de ta détresse, et je te délivrerai, et tu me glorifieras.
§4 Car un sacrifice pour Dieu est un esprit brisé.
Philologique
§1 Le despotès tôn hapantôn est dit aprosdeès, « sans besoin » : il ne chrêizei, n’a besoin, de rien ni de personne, sinon de l’exomologeisthai autô, expression qui peut signifier reconnaître, confesser ou rendre grâce/louange à Dieu.
§2 David l’eklektos affirme que l’exomologèsis plaît davantage à Dieu qu’un moschos neos, jeune taureau, portant keras et hoplai, cornes et sabots : la louange dépasse le sacrifice animal.
§3 La seconde citation emploie thysia aineseôs, sacrifice de louange, puis demande d’apodidonai tas euchas, acquitter les vœux, et d’epikaleisthai Dieu au jour de la thlipsis, détresse ; la délivrance conduit à la doxa divine.
§4 La formule pneuma syntetrimmenon, esprit brisé/contrit, condense l’anthropologie cultuelle du passage : l’offrande intérieure de repentance et de louange prime sur la matérialité sacrificielle.
Paraphrase
§1 Dieu ne réclame rien parce qu’il manquerait de quelque chose.
§2 Ce qu’il veut, c’est une relation vraie : reconnaissance, louange et vérité devant lui valent davantage qu’un don matériel spectaculaire.
§3 Dans la détresse, il invite à l’appeler, à tenir ses engagements et à transformer la délivrance reçue en gratitude.
§4 Le sacrifice le plus profond n’est donc pas ce qu’on pose sur un autel, mais un cœur qui cesse de se défendre et se présente humblement devant Dieu.
Texte source
§1 Ἀπροσδεής, ἀδελφοί, ὁ δεσπότης ὑπάρχει τῶν ἁπάντων· οὐδὲν οὐδενὸς χρῄζει εἰ μὴ τὸ ἐξομολογεῖσθαι αὐτῷ. §2 φησὶν γὰρ ὁ ἐκλεκτὸς Δαυείδ· Ἐξομολογήσομαι τῷ κυρίῳ, καὶ ἀρέσει αὐτῷ ὑπὲρ μόσχον νέον κέρατα ἐκφέροντα καὶ ὁπλάς· ἰδέτωσαν πτωχοὶ καὶ εὐφρανθήτωσαν. §3 καὶ πάλιν λέγει· Θῦσον τῷ θεῷ θυσίαν αἰνέσεως καὶ ἀπόδος τῷ ὑψίστῳ τὰς εὐχάς σου· καὶ ἐπικάλεσαί με ἐν ἡμέρᾳ θλίψεώς σου, καὶ ἐξελοῦμαί σε, καὶ δοξάσεις με. §4 θυσία γὰρ τῷ θεῷ πνεῦμα συντετριμμένον.
Notes textuelles
- ἐξομολογεῖσθαι peut signifier « confesser », « reconnaître » ou « rendre grâce/louer » selon le contexte. En 52,1-3, la dimension de louange et de reconnaissance domine, sans exclure la confession qui structure les chapitres voisins.
- 52,2-4 enchaîne des citations du Ps 69(68),31-33, du Ps 50(49),14-15 et du Ps 51(50),19 LXX, recomposées dans l’argument de 1 Clément sur la vraie offrande.
Place dans l’ouvrage
Dans l’architecture de l’ouvrage
1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire cette unité selon son genre propre et son rôle dans l’argument ou la vision de l’ouvrage, avant toute utilisation doctrinale isolée.
- Distinguer sens dans le document ancien, usages ecclésiaux ultérieurs et débats modernes sur composition ou interpolation.
Approfondir : composition, transmission et réception
Témoin de travail
Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local 1-clement/source/registry.json
Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.
Bibliographie de travail
- Andrew Gregory, 1 Clement
- Michael W. Holmes, The Apostolic Fathers
- J. B. Lightfoot, The Apostolic Fathers: Clement
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.