Bibliothèque ancienne · Introduction critique

Les responsables de la sédition doivent reconnaître leur faute

Ce chapitre de 1 Clément développe : « Les responsables de la sédition doivent reconnaître leur faute ». 1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.

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Texte — sept restitutions

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Clarté

§1 Demandons donc que nous soient pardonnées toutes les fautes dans lesquelles nous sommes tombés et que nous avons commises à cause de certaines attaques de l’Adversaire. Quant à ceux qui sont devenus les chefs de la révolte et de la division, ils doivent considérer l’espérance commune.

§2 Ceux qui vivent dans la crainte de Dieu et dans l’amour préfèrent subir eux-mêmes des mauvais traitements plutôt que de les faire subir à leurs proches ; ils préfèrent porter sur eux-mêmes la condamnation plutôt que de compromettre la belle et juste concorde qui nous a été transmise.

§3 Il vaut mieux pour un homme reconnaître ses fautes que durcir son cœur, comme fut endurci le cœur de ceux qui se révoltèrent contre Moïse, le serviteur de Dieu ; leur jugement devint manifeste.

§4 Ils descendirent vivants dans le séjour des morts, et la mort devint leur berger.

§5 Pharaon, son armée, tous les chefs d’Égypte, leurs chars et leurs cavaliers ne furent engloutis dans la mer Rouge et détruits pour aucune autre raison que celle-ci : leurs cœurs sans intelligence s’étaient endurcis après les signes et les prodiges accomplis en Égypte par Moïse, le serviteur de Dieu.

Lecture

§1 Demandons pardon pour nos propres fautes, y compris celles dans lesquelles nous nous sommes laissés entraîner par l’Adversaire. Mais ceux qui ont conduit la révolte doivent surtout regarder au bien commun et à l’espérance de tous.

§2 Celui qui vit réellement dans la crainte de Dieu et dans l’amour préfère souffrir lui-même plutôt que faire souffrir les autres ; il préfère assumer une faute que sacrifier la concorde juste reçue par la communauté.

§3 Reconnaître sa faute vaut mieux que s’endurcir, comme les rebelles qui s’opposèrent à Moïse et dont le jugement fut publiquement manifesté.

§4 Ils descendirent vivants dans le séjour des morts, sous la puissance de la mort.

§5 Pharaon et son armée offrent le même avertissement : malgré les signes accomplis par Moïse, ils endurcirent leurs cœurs et furent engloutis dans la mer Rouge.

Proclamation

§1 Demandons pardon pour nos fautes ; et que les chefs de la division regardent enfin l’espérance commune.

§2 Celui qui aime préfère souffrir lui-même plutôt que blesser son frère ; il préfère porter le blâme plutôt que détruire la concorde.

§3 Mieux vaut confesser sa faute que durcir son cœur comme les rebelles contre Moïse.

§4 Leur jugement fut manifeste : ils descendirent vivants au séjour des morts.

§5 Pharaon et son armée, eux aussi, s’endurcirent malgré les signes de Dieu ; la mer Rouge les engloutit.

Déployée

§1 L’auteur inclut d’abord toute la communauté dans la repentance : chacun doit demander pardon pour les fautes commises sous l’influence des circonstances et de l’Adversaire. Mais une responsabilité particulière incombe aux initiateurs du schisme, qui doivent désormais regarder non leur intérêt propre mais l’espérance commune de l’Église.

§2 Le critère de l’amour est radical : une personne qui vit dans la crainte de Dieu préfère subir elle-même une souffrance plutôt que l’imposer à son prochain ; elle accepte même de porter le reproche personnel si cela permet de préserver la concorde juste transmise à la communauté.

§3 Cette attitude exige la confession plutôt que l’endurcissement. L’auteur évoque les rebelles qui s’opposèrent à Moïse et dont le jugement divin fut rendu manifeste.

§4 Leur descente vivante au séjour des morts devient l’image extrême de ce que produit un refus obstiné de revenir à l’ordre voulu par Dieu.

§5 Pharaon et les dirigeants d’Égypte fournissent un second exemple : malgré les signes et prodiges accomplis par Moïse, ils endurcirent leurs cœurs sans intelligence et allèrent à leur perte dans la mer Rouge.

Littérale

§1 Toutes les choses donc dans lesquelles nous avons trébuché et que nous avons faites à cause de certaines intrusions de l’Adversaire, demandons qu’elles nous soient pardonnées. Et ceux qui sont devenus chefs de révolte et de division doivent regarder à ce qui est commun à l’espérance.

§2 Car ceux qui se conduisent avec crainte et amour veulent plutôt tomber eux-mêmes dans les mauvais traitements que leurs prochains ; ils portent plutôt la condamnation d’eux-mêmes que celle de la belle et juste concorde qui nous a été transmise.

§3 Car il est bon pour un homme de confesser au sujet de ses fautes plutôt que d’endurcir son cœur, comme fut endurci le cœur de ceux qui se révoltaient contre Moïse, le serviteur de Dieu, dont le jugement devint manifeste.

§4 Car ils descendirent vivants dans l’Hadès, et la mort les paîtra.

§5 Pharaon et son armée et tous les chefs d’Égypte, leurs chars et leurs cavaliers, ne furent plongés dans la mer Rouge et ne périrent pour aucune autre cause que parce que leurs cœurs sans intelligence furent endurcis après que les signes et prodiges furent accomplis en Égypte par Moïse, le serviteur de Dieu.

Philologique

§1 La communauté demande l’aphesis, pardon, pour les fautes dans lesquelles elle parepesamen, est tombée, et qu’elle a commises sous certaines paremp­tôseis tou antikeimenou, intrusions ou occasions provoquées par l’Adversaire. Les archègoi staseôs kai dichostasias, chefs de révolte et de division, doivent regarder au koinon tès elpidos, bien commun de l’espérance.

§2 Ceux qui politeuomenoi meta phobou kai agapès, règlent leur conduite dans la crainte et l’amour, préfèrent eux-mêmes tomber dans des aikiai, mauvais traitements, plutôt que leurs proches ; ils portent plus volontiers leur propre katagnôsis, condamnation, que d’atteindre l’homophônia, concorde commune, reçue comme bonne et juste.

§3 Exomologeisthai peri tôn paraptômatôn, reconnaître/confesser ses fautes, vaut mieux que sklèrynein tèn kardian, endurcir le cœur ; les rebelles contre Moïse servent d’exemple de cette dureté et de son krima, jugement.

§4 La formule eis hadou zôntes, « vivants dans l’Hadès », reprend le langage du jugement de Coré et de ses alliés ; « la mort les paîtra » fonctionne comme une citation scripturaire condensée.

§5 L’exemple de Pharaon associe l’endurcissement des asynetoi kardiai, cœurs sans intelligence, au refus de répondre aux sèmeia kai terata, signes et prodiges, accomplis par Moïse.

Paraphrase

§1 La restauration commence par une responsabilité partagée : chacun doit reconnaître ses propres fautes, mais ceux qui ont lancé le conflit portent une responsabilité particulière et doivent penser désormais à l’avenir de toute la communauté.

§2 Une personne vraiment gouvernée par l’amour préfère payer elle-même le prix de la paix plutôt que le faire payer aux autres.

§3 Le choix décisif est alors entre reconnaître sa faute et s’endurcir.

§4 Les anciens récits bibliques montrent jusqu’où peut mener un refus obstiné de céder.

§5 Même des signes éclatants ne changent rien si le cœur choisit de se fermer : Pharaon en devient l’exemple négatif par excellence.

Texte source

§1 Ὅσα οὖν παρεπέσαμεν καὶ ἐποιήσαμεν διά τινας παρεμπτώσεις τοῦ ἀντικειμένου, ἀξιώσωμεν ἀφεθῆναι ἡμῖν. καὶ ἐκεῖνοι δέ, οἵτινες ἀρχηγοὶ στάσεως καὶ διχοστασίας ἐγενήθησαν, ὀφείλουσιν τὸ κοινὸν τῆς ἐλπίδος σκοπεῖν. §2 οἱ γὰρ μετὰ φόβου καὶ ἀγάπης πολιτευόμενοι ἑαυτοὺς θέλουσιν μᾶλλον αἰκίαις περιπίπτειν ἢ τοὺς πλησίον· μᾶλλον δὲ ἑαυτῶν κατάγνωσιν φέρουσιν ἢ τῆς παραδεδομένης ἡμῖν καλῶς καὶ δικαίως ὁμοφωνίας, §3 καλὸν γὰρ ἀνθρώπῳ ἐξομολογεῖσθαι περὶ τῶν παραπτωμάτων ἢ σκληρῦναι τὴν καρδίαν αὐτοῦ, καθὼς ἐσκληρύνθη ἡ καρδία τῶν στασιαζόντων πρὸς τὸν θεράποντα τοῦ θεοῦ Μωϋσῆν, ὧν τὸ κρίμα πρόδηλον ἐγενήθη, §4 κατέβησαν γὰρ εἰς ᾅδου ζῶντες, καὶ θάνατος ποιμανεῖ αὐτούς. §5 Φαραὼ καὶ ἡ στρατιὰ αὐτοῦ καὶ πάντες οἱ ἡγούμενοι Αἰγύπτου, τά τε ἅρματα καὶ οἱ ἀνάβαται αὐτῶν οὐ δι’ ἄλλην τινὰ αἰτίαν ἐβυθίσθησαν εἰς θάλασσαν ἐρυθρὰν καὶ ἀπώλοντο, ἀλλὰ διὰ τὸ σκληρυνθῆναι αὐτῶν τὰς ἀσυνέτους καρδίας μετὰ τὸ γενέσθαι τὰ σημεῖα καὶ τὰ τέρατα ἐν γῇ Αἰγύπτου διὰ τοῦ θεράποντος τοῦ θεοῦ Μωϋσέως.

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans l’architecture de l’ouvrage

1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.

Parcours de l’unité

Les responsables de la sédition doivent reconnaître leur faute1 Clément 51

Clés de lecture

Approfondir : composition, transmission et réception

Témoin de travail

méthodologique

Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local 1-clement/source/registry.json

Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.

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