Bibliothèque ancienne · Introduction critique

Pureté, humilité et refus de l’orgueil

Ce chapitre de 1 Clément développe : « Pureté, humilité et refus de l’orgueil ». 1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.

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Texte — sept restitutions

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Clarté

§1 Puisque nous sommes la part d’un Dieu saint, accomplissons tout ce qui appartient à la sainteté : fuyons la médisance, les unions souillées et impures, l’ivresse, les désordres, les désirs abominables, l’adultère honteux et l’orgueil détestable.

§2 Car il est dit : « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne sa grâce aux humbles. »

§3 Attachons-nous donc à ceux auxquels Dieu a donné sa grâce. Revêtons la concorde, soyons humbles et maîtres de nous-mêmes ; tenons-nous loin de toute insinuation et de toute médisance, et soyons reconnus justes par nos actes, non par nos paroles.

§4 Car il est dit : « Celui qui parle beaucoup devra aussi entendre en retour ; l’homme abondant en paroles pense-t-il être juste ? »

§5 « Béni soit celui qui, né d’une femme et vivant peu de temps, ne multiplie pas les paroles. »

§6 Que notre louange soit en Dieu et non en nous-mêmes, car Dieu déteste ceux qui se louent eux-mêmes.

§7 Que le témoignage rendu à nos bonnes actions vienne des autres, comme il en fut pour nos pères justes.

§8 Audace arrogante, suffisance et témérité appartiennent à ceux que Dieu réprouve ; bienveillance, humilité et douceur caractérisent ceux qu’il bénit.

Lecture

§1 Puisque nous appartenons au Dieu saint, que toute notre manière de vivre corresponde à cette sainteté : rejetons la calomnie, les relations impures, les excès de boisson, les troubles, les convoitises dégradantes, l’adultère et l’orgueil.

§2 L’Écriture le rappelle : « Dieu s’oppose aux orgueilleux, mais il accorde sa grâce aux humbles. »

§3 Restons donc proches de ceux qui reçoivent cette grâce. Faisons de la concorde notre vêtement, vivons dans l’humilité et la maîtrise de soi, éloignons-nous des murmures et des médisances ; que ce soient nos actes, et non nos discours, qui attestent notre justice.

§4 Car l’Écriture demande : « Celui qui parle beaucoup n’aura-t-il pas aussi à écouter ? Le beau parleur se croit-il juste ? »

§5 Et encore : « Heureux l’être humain, né d’une femme et de peu de jours : qu’il ne soit pas prolixe. »

§6 Que notre fierté repose en Dieu, jamais dans l’autocélébration, car Dieu rejette celui qui se loue lui-même.

§7 Laissons les autres témoigner du bien que nous faisons, comme ils ont témoigné de la justice de nos pères.

§8 La brutalité, l’arrogance et la témérité vont avec la réprobation ; la douceur, l’humilité et la bienveillance vont avec la bénédiction de Dieu.

Proclamation

§1 Nous sommes la part d’un Dieu saint : vivons donc dans la sainteté ! Fuyons la médisance, l’impureté, l’ivresse, les désordres, les désirs honteux, l’adultère et l’orgueil.

§2 Car il est écrit : « Dieu résiste aux orgueilleux ; aux humbles, il donne sa grâce. »

§3 Attachons-nous donc à ceux qui ont reçu cette grâce. Revêtons la concorde ! Soyons humbles, maîtres de nous-mêmes, loin du murmure et de la calomnie. Que nos actes parlent, non nos mots.

§4 Car il est dit : « Celui qui parle beaucoup devra aussi écouter ; le beau parleur se croit-il juste ? »

§5 « Né d’une femme et de peu de jours : ne sois pas abondant en paroles. »

§6 Que notre louange soit en Dieu, non en nous-mêmes : Dieu déteste l’autocélébration.

§7 Que d’autres témoignent de nos bonnes œuvres, comme ils l’ont fait pour nos pères justes.

§8 L’insolence, l’arrogance, la témérité sont du côté de la malédiction ; la bienveillance, l’humilité, la douceur sont du côté de la bénédiction de Dieu.

Déployée

§1 Parce que l’élection décrite au chapitre précédent est une appartenance au Dieu saint, elle impose une conduite correspondante : l’auteur énumère ce qui doit être abandonné — paroles qui détruisent autrui, pratiques sexuelles souillées, ivresse, comportements séditieux, convoitises dégradantes, adultère et orgueil.

§2 Il fonde cette orientation sur le principe scripturaire selon lequel Dieu se dresse contre l’orgueil mais accorde sa faveur aux humbles.

§3 La communauté doit donc s’associer à ceux qui vivent de cette grâce, faire de la concorde une disposition durable, pratiquer l’humilité et la maîtrise de soi, et se garder aussi bien du murmure insinuant que de la calomnie ouverte. La justice doit être attestée concrètement par les œuvres plutôt que revendiquée verbalement.

§4 Une citation sapientielle met en garde contre l’abondance de paroles et la prétention de se croire juste parce que l’on parle aisément.

§5 Une autre formule rappelle la brièveté de la vie humaine et invite à la sobriété verbale.

§6 La seule louange légitime est celle qui renvoie à Dieu ; se constituer soi-même en objet d’éloge est incompatible avec l’humilité demandée.

§7 Le bon témoignage doit venir d’autrui, comme dans la mémoire des justes d’autrefois.

§8 Le chapitre se ferme sur deux séries opposées : insolence, suffisance et témérité d’un côté ; bienveillance, humilité et douceur de l’autre. Elles manifestent deux rapports contraires au jugement de Dieu.

Littérale

§1 Étant donc une part du Saint, faisons toutes les choses de la sanctification, fuyant les médisances, les unions souillées et impures, les ivresses et les troubles, les désirs abominables, l’adultère répugnant, l’orgueil abominable.

§2 Car Dieu, dit-il, se range contre les orgueilleux, mais donne grâce aux humbles.

§3 Attachons-nous donc à ceux auxquels la grâce a été donnée de la part de Dieu ; revêtons la concorde, ayant des pensées humbles, pratiquant la maîtrise de soi, nous tenant loin de tout murmure et de toute médisance, étant justifiés par les œuvres, non par les paroles.

§4 Car il dit : « Celui qui dit beaucoup entendra aussi en retour ; ou bien celui qui parle facilement pense-t-il être juste ? »

§5 « Béni soit celui qui est né d’une femme, de peu de vie. Ne deviens pas abondant en paroles. »

§6 Que notre louange soit en Dieu et non à partir de nous-mêmes ; car Dieu hait ceux qui se louent eux-mêmes.

§7 Que le témoignage de notre bonne action soit donné par d’autres, comme il fut donné à nos pères les justes.

§8 Insolence, suffisance et audace sont pour ceux qui sont maudits par Dieu ; bienveillance, humilité et douceur sont chez ceux qui sont bénis par Dieu.

Philologique

§1 Puisque nous sommes meris hagiou, une part de ce qui appartient au Saint, l’auteur demande de faire ta tou hagiasmou panta, tout ce qui relève de la sanctification. La liste négative associe katalaliai, médisances ou calomnies, symplokai miarai kai anagnoi, unions ou enlacements souillés et impurs, methai, ivresses, neôterismoi, troubles ou entreprises séditieuses, epithymiai bdelyktai, désirs abominables, moicheia, adultère, et hyperèphania, orgueil.

§2 Le verbe antitassetai signifie que Dieu « se range en bataille contre » les orgueilleux ; aux tapeinoi, humbles, il donne charis, grâce.

§3 Kollèthômen, attachons-nous étroitement, conduit à endysômetha tèn homonoian, « revêtons la concorde ». Tapeinophronein et enkrateuesthai articulent humilité et maîtrise de soi. Psithyrismos désigne le murmure insinuant ou le chuchotement malveillant, distinct mais voisin de katalalia, médisance. L’antithèse « par les œuvres, non par les paroles » porte sur la reconnaissance effective de la justice.

§4 Eulalos désigne celui qui parle facilement ou abondamment ; la citation met en cause l’assimilation entre aisance verbale et justice.

§5 Oligobios signifie de courte vie ; l’injonction mè polys en rhèmasin ginou appelle à ne pas devenir « abondant en paroles ».

§6 Autepainetos est celui qui se loue lui-même ; l’éloge doit être en Dieu.

§7 Martyria désigne le témoignage porté de l’extérieur sur la bonne conduite.

§8 Thrasos, authadeia et tolma forment une triade d’insolence, suffisance et audace téméraire ; epieikeia, tapeinophrosynè et praotès répondent par bienveillance, humilité et douceur.

Paraphrase

§1 Appartenir au Dieu saint ne peut rester un statut : cela doit transformer la conduite. L’auteur demande donc de renoncer aussi bien aux paroles qui blessent qu’aux désordres du corps, aux excès, aux convoitises, à l’infidélité et surtout à l’orgueil qui nourrit les divisions.

§2 Le principe est simple : Dieu ne soutient pas la prétention ; il donne sa grâce à ceux qui acceptent de s’abaisser.

§3 Une communauté gouvernée par cette grâce cherche donc la concorde, la maîtrise de soi et l’humilité. Elle ne construit pas sa réputation par des discours mais laisse ses actes établir ce qu’elle est réellement.

§4 Parler beaucoup ne prouve rien ; l’éloquence peut même devenir un masque de justice.

§5 La vie humaine est brève : mieux vaut une parole mesurée qu’un flot de mots.

§6 Le croyant ne devient pas son propre publicitaire ; s’il y a lieu de se glorifier, que ce soit en Dieu.

§7 Et si une vie est réellement bonne, d’autres pourront en témoigner sans que l’on doive se célébrer soi-même.

§8 Le contraste final est net : insolence et arrogance conduisent à la réprobation ; douceur, humilité et bienveillance portent la marque de la bénédiction.

Texte source

§1 Ἁγίου οὖν μερὶς ὑπάρχοντες ποιήσωμεν τὰ τοῦ ἁγιασμοῦ πάντα, φεύγοντες καταλαλιάς, μιαράς τε καὶ ἀνάγνους συμπλοκάς, μέθας τε καὶ νεωτερισμοὺς καὶ βδελυκτὰς ἐπιθυμίας, μυσερὰν μοιχείαν, βδελυκτὴν ὑπερηφανίαν. §2 Θεὸς γάρ, φησίν, ὑπερηφάνοις ἀντιτάσσεται, ταπεινοῖς δὲ δίδωσιν χάριν. §3 κολληθῶμεν οὖν ἐκείνοις, οἷς ἡ χάρις ἀπὸ τοῦ θεοῦ δέδοται· ἐνδυσώμεθα τὴν ὁμόνοιαν ταπεινοφρονοῦντες, ἐγκρατευόμενοι, ἀπὸ παντὸς ψιθυρισμοῦ καὶ καταλαλιᾶς πόρρω ἑαυτοὺς ποιοῦντες, ἔργοις δικαιούμενοι, μὴ λόγοις. §4 λέγει γάρ· Ὁ τὰ πολλὰ λέγων καὶ ἀντακούσεται· ἢ ὁ εὔλαλος οἴεται εἶναι δίκαιος; §5 εὐλογημένος γεννητὸς γυναικὸς ὀλιγόβιος. μὴ πολὺς ἐν ῥήμασιν γίνου. §6 ὁ ἔπαινος ἡμῶν ἔστω ἐν θεῷ καὶ μὴ ἐξ αὐτῶν· αὐτεπαινέτους γὰρ μισεῖ ὁ θεός. §7 ἡ μαρτυρία τῆς ἀγαθῆς πράξεως ἡμῶν διδόσθω ὑπ’ ἄλλων, καθὼς ἐδόθη τοῖς πατράσιν ἡμῶν τοῖς δικαίοις. §8 θράσος καὶ αὐθάδεια καὶ τόλμα τοῖς κατηραμένοις ὑπὸ τοῦ θεοῦ· ἐπιείκεια καὶ ταπεινοφροσύνη καὶ πραΰτης παρὰ τοῖς ηὐλογημένοις ὑπὸ τοῦ θεοῦ.

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans l’architecture de l’ouvrage

1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.

Parcours de l’unité

Pureté, humilité et refus de l’orgueil1 Clément 30

Clés de lecture

Approfondir : composition, transmission et réception

Témoin de travail

méthodologique

Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local 1-clement/source/registry.json

Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.

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