Bibliothèque ancienne · Introduction critique
La fidélité de Dieu garantit ses promesses
Ce chapitre de 1 Clément développe : « La fidélité de Dieu garantit ses promesses ». 1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.
Texte — sept restitutions
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Clarté
§1 Que nos âmes s’attachent donc, dans cette espérance, à celui qui est fidèle dans ses promesses et juste dans ses jugements.
§2 Celui qui a commandé de ne pas mentir ne mentira certainement pas lui-même ; car rien n’est impossible à Dieu, sauf mentir.
§3 Que la foi en lui se ranime donc en nous, et comprenons que tout est proche de lui.
§4 Par une parole de sa majesté, il a constitué toutes choses ; par une parole, il peut aussi les renverser.
§5 Qui lui dira : « Qu’as-tu fait ? » ou qui résistera à la puissance de sa force ? Quand il veut et comme il veut, il accomplit toutes choses, et rien de ce qu’il a décrété ne passera.
§6 Tout est devant lui, et rien n’échappe à son dessein,
§7 puisque les cieux racontent la gloire de Dieu, le firmament annonce l’œuvre de ses mains ; le jour transmet au jour une parole, la nuit annonce à la nuit une connaissance, et il n’est ni paroles ni discours dont les voix ne soient entendues.
Lecture
§1 Appuyons donc notre âme sur cette espérance et attachons-nous à celui qui tient fidèlement ses promesses et juge avec justice.
§2 Celui qui nous ordonne de ne pas mentir ne peut lui-même tromper : pour Dieu, rien n’est impossible, sinon le mensonge.
§3 Que notre confiance en lui reprenne vigueur, et reconnaissons que rien ne lui est lointain.
§4 Une parole de sa majesté a établi l’univers ; une parole suffit aussi pour le défaire.
§5 Qui pourrait lui demander compte de son œuvre ou s’opposer à sa puissance ? Il agit quand il veut et comme il veut ; aucune de ses décisions ne tombe dans le néant.
§6 Tout demeure sous son regard, et rien n’échappe à son dessein.
§7 Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament annonce l’œuvre de ses mains ; le jour en transmet le message au jour suivant et la nuit communique sa connaissance à la nuit, sans qu’aucune voix de ce témoignage soit perdue.
Proclamation
§1 Attachons donc nos âmes à cette espérance, à celui qui est fidèle dans ses promesses et juste dans ses jugements.
§2 Celui qui commande de ne pas mentir ne mentira pas lui-même : rien n’est impossible à Dieu, sinon le mensonge.
§3 Que la foi en lui se ranime en nous ! Comprenons-le : tout est proche de lui.
§4 Par une parole de sa majesté, il a établi toutes choses ; par une parole, il peut les renverser.
§5 Qui lui dira : « Qu’as-tu fait ? » Qui résistera à la force de sa puissance ? Il agit quand il veut, comme il veut ; rien de ce qu’il a décidé ne passera.
§6 Tout est devant lui ; rien n’échappe à son dessein.
§7 Les cieux racontent la gloire de Dieu, le firmament annonce l’œuvre de ses mains ; le jour parle au jour, la nuit transmet à la nuit la connaissance, et leurs voix ne restent pas sans être entendues.
Déployée
§1 Puisque l’espérance de la résurrection repose sur la fidélité de Dieu lui-même, que nos vies demeurent attachées à celui qui ne manque pas à ses promesses et dont les jugements sont justes.
§2 Dieu a interdit le mensonge ; à plus forte raison ne peut-il lui-même tromper. L’expression paradoxale de l’auteur est nette : rien n’est impossible à Dieu, à l’exception de mentir, parce que le mensonge contredirait sa propre fidélité.
§3 Cette conviction doit raviver notre foi et nous faire comprendre que, pour Dieu, aucune réalité n’est éloignée ni hors de portée.
§4 Sa parole souveraine a constitué l’ensemble du monde ; la même autorité peut aussi le transformer ou le renverser.
§5 Personne ne peut lui demander des comptes comme à un inférieur ni opposer une force égale à la sienne. Ce qu’il veut, au moment et de la manière qu’il veut, il l’accomplit ; aucun de ses décrets ne devient caduc.
§6 Toutes choses sont ouvertes devant lui et aucune ne se dérobe à son dessein.
§7 Le témoignage cosmique lui-même le proclame : les cieux disent sa gloire, le firmament son œuvre, le jour transmet au jour et la nuit à la nuit une connaissance qui se diffuse au-delà des mots ordinaires.
Littérale
§1 Par cette espérance donc, que nos âmes soient attachées à celui qui est fidèle dans les promesses et juste dans les jugements.
§2 Celui qui a ordonné de ne pas mentir, bien davantage lui-même ne mentira pas ; car rien n’est impossible auprès de Dieu, sinon mentir.
§3 Que sa foi soit donc ravivée en nous, et comprenons que toutes choses sont proches de lui.
§4 Par une parole de sa grandeur il a constitué toutes choses, et par une parole il peut les renverser.
§5 Qui lui dira : « Qu’as-tu fait ? » ou qui résistera à la domination de sa force ? Quand il veut et comme il veut, il fera toutes choses, et rien ne passera de ce qui a été décrété par lui.
§6 Toutes choses sont devant lui, et rien n’a échappé à son conseil,
§7 si les cieux racontent la gloire de Dieu, et le firmament annonce l’œuvre de ses mains ; le jour au jour éructe une parole, et la nuit à la nuit annonce une connaissance ; et il n’y a ni paroles ni discours dont les voix ne soient entendues.
Philologique
§1 Dans cette elpis, espérance, les psychai, âmes, doivent être prosdedesthai, attachées étroitement, à celui qui est pistos, fidèle, dans les epaggeliai, promesses, et dikaios, juste, dans les krimata, jugements.
§2 L’argument a fortiori est explicite : celui qui a ordonné mè pseudesthai, de ne pas mentir, ne mentira pas lui-même ; l’énoncé « rien n’est adynaton auprès de Dieu, sinon pseusasthai, mentir » exprime l’impossibilité morale du mensonge en Dieu.
§3 La pistis doit anazôpyrein, se ranimer comme un feu, en nous ; toutes choses sont engys, proches, pour lui.
§4 En logô tès megalôsynès, par une parole de sa majesté, il synestèsato, a constitué et maintenu ensemble, toutes choses ; par une parole il peut les katastrephein, les renverser.
§5 Personne ne peut opposer une autorité au kratos tès ischyos, à la souveraineté de sa force ; aucun des dedogmatismena, décrets arrêtés, ne disparaîtra.
§6 Tout est enôpion, devant lui, et rien n’est caché à sa boulè, son dessein.
§7 La citation psalmique déploie la révélation cosmique : le jour au jour ereugetai rhèma, fait jaillir une parole, et la nuit à la nuit annonce gnôsis, connaissance ; le texte grec suit ici une forme scripturaire ancienne qu’il convient de conserver comme citation de 1 Clément.
Paraphrase
§1 L’espérance chrétienne n’est donc pas suspendue à une possibilité vague : elle s’appuie sur le caractère de Dieu. Celui qui promet est fidèle, et celui qui juge est juste.
§2 Il serait contradictoire que le Dieu qui exige la vérité se révèle lui-même trompeur ; dire que Dieu ne peut mentir, c’est affirmer que sa fidélité appartient à ce qu’il est.
§3 Cette conviction doit réveiller notre confiance : rien n’est trop éloigné, trop perdu ou trop difficile pour lui.
§4 Celui dont la parole a fait tenir l’univers peut aussi agir sur cet univers selon son dessein.
§5 Personne ne possède une puissance qui puisse annuler sa volonté ; ce qu’il a réellement décidé, rien ne peut le rendre caduc.
§6 Tout est exposé à son regard et compris dans son dessein.
§7 Même la création entière devient alors témoignage : ciel, firmament, succession du jour et de la nuit proclament sans cesse la gloire et l’œuvre du Créateur.
Texte source
§1 Ταύτῃ οὖν τῇ ἐλπίδι προσδεδέσθωσαν αἱ ψυχαὶ ἡμῶν τῷ πιστῷ ἐν ταῖς ἐπαγγελίαις καὶ τῷ δικαίῳ ἐν τοῖς κρίμασιν. §2 ὁ παραγγείλας μὴ ψεύδεσθαι, πολλῷ μᾶλλον αὐτὸς οὐ ψεύσεται· οὐδὲν γὰρ ἀδύνατον παρὰ τῷ θεῷ εἰ μὴ τὸ ψεύσασθαι. §3 ἀναζωπυρησάτω οὖν ἡ πίστις αὐτοῦ ἐν ἡμῖν, καὶ νοήσωμεν ὅτι πάντα ἐγγὺς αὐτῷ ἐστιν. §4 ἐν λόγῳ τῆς μεγαλωσύνης αὐτοῦ συνεστήσατο τὰ πάντα, καὶ ἐν λόγῳ δύναται αὐτὰ καταστρέψαι. §5 Τίς ἐρεῖ αὐτῷ· Τί ἐποίησας; ἢ τίς ἀντιστήσεται τῷ κράτει τῆς ἰσχύος αὐτοῦ; ὅτε θέλει καὶ ὡς θέλει ποιήσει πάντα, καὶ οὐδὲν μὴ παρέλθῃ τῶν δεδογματισμένων ὑπ’ αὐτοῦ. §6 πάντα ἐνώπιον αὐτοῦ εἰσίν, καὶ οὐδὲν λέληθεν τὴν βουλὴν αὐτοῦ, §7 εἰ οἱ οὐρανοὶ διηγοῦνται δόξαν θεοῦ, ποίησιν δὲ χειρῶν αὐτοῦ ἀναγγέλλει τὸ στερέωμα· ἡ ἡμέρα τῇ ἡμέρᾳ ἐρεύγεται ῥῆμα, καὶ νὺξ νυκτὶ ἀναγγέλλει γνῶσιν· καὶ οὐκ εἰσὶν λόγοι οὐδὲ λαλιαί, ὧν οὐχὶ ἀκούονται αἱ φωναὶ αὐτῶν.
Notes textuelles
- La formule « rien n’est impossible à Dieu, sauf mentir » doit être comprise dans l’argument de fidélité divine du passage ; elle ne décrit pas une limitation de puissance au sens physique, mais l’incompatibilité du mensonge avec la vérité de Dieu.
- 1 Clément 27,7 cite le Psaume 18(19) selon une forme grecque ancienne ; les différences avec les numérotations et traductions modernes doivent être documentées sans harmonisation du texte de 1 Clément.
Place dans l’ouvrage
Dans l’architecture de l’ouvrage
1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire cette unité selon son genre propre et son rôle dans l’argument ou la vision de l’ouvrage, avant toute utilisation doctrinale isolée.
- Distinguer sens dans le document ancien, usages ecclésiaux ultérieurs et débats modernes sur composition ou interpolation.
Approfondir : composition, transmission et réception
Témoin de travail
Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local 1-clement/source/registry.json
Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.
Bibliographie de travail
- Andrew Gregory, 1 Clement
- Michael W. Holmes, The Apostolic Fathers
- J. B. Lightfoot, The Apostolic Fathers: Clement
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.