Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Humilité, hospitalité et zèle de la communauté autrefois
Ce chapitre de 1 Clément développe : « Humilité, hospitalité et zèle de la communauté autrefois ». 1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.
Texte — sept restitutions
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Clarté
§1 Vous étiez tous humbles, sans vous vanter. Vous préfériez obéir plutôt que commander, donner plutôt que recevoir. Contents de ce que le Christ vous donnait pour la route, vous gardiez attentivement ses paroles au fond de vous et ses souffrances restaient devant vos yeux.
§2 Ainsi, une paix profonde et abondante était accordée à tous ; vous aviez un désir insatiable de faire le bien et l’Esprit Saint se répandait pleinement sur tous.
§3 Remplis de pensées saintes, avec un zèle généreux et une confiance pieuse, vous tendiez les mains vers le Dieu tout-puissant, lui demandant sa miséricorde si vous aviez péché sans le vouloir.
§4 Jour et nuit, vous combattiez dans la prière pour toute la communauté fraternelle, afin que le nombre de ses élus soit sauvé dans la miséricorde et avec une conscience droite.
§5 Vous étiez sincères, sans malice et sans rancune les uns envers les autres.
§6 Toute querelle et toute division vous faisaient horreur. Vous pleuriez les fautes de vos proches et considériez leurs manques comme les vôtres.
§7 Vous ne regrettiez jamais d’avoir fait le bien et étiez prêts pour toute œuvre bonne.
§8 Parés d’une conduite vertueuse et digne de respect, vous faisiez tout dans la crainte de Dieu ; les commandements et les justes exigences du Seigneur étaient écrits au plus profond de votre cœur.
Lecture
§1 Tous, vous viviez dans l’humilité, sans rien tirer de vous-mêmes. Vous choisissiez plutôt de vous soumettre que d’imposer votre volonté, et vous aviez plus de joie à donner qu’à recevoir. Satisfaits des provisions que le Christ vous donnait pour le chemin, vous accueilliez ses paroles avec soin au plus intime de vous-mêmes, et ses souffrances demeuraient devant vos yeux.
§2 C’est ainsi qu’une paix profonde et féconde reposait sur tous ; le désir de faire le bien ne connaissait pas de satiété, et une pleine effusion de l’Esprit Saint se répandait sur tous.
§3 Remplis d’une résolution sainte, animés d’une bonne ferveur et d’une confiance pieuse, vous leviez les mains vers le Dieu tout-puissant et le suppliiez de vous être favorable si quelque faute vous avait échappé.
§4 Jour et nuit, vous souteniez le combat pour toute la fraternité, afin que le nombre de ses élus soit sauvé dans la miséricorde et une conscience droite.
§5 Vous étiez sincères, intègres, incapables de garder rancune les uns contre les autres.
§6 Toute faction, toute déchirure, vous était odieuse. Vous preniez le deuil pour les chutes de vos proches et regardiez leurs manques comme les vôtres.
§7 Vous ne regrettiez aucune œuvre bonne et restiez prêts pour tout bien.
§8 Votre conduite, riche de vertu et digne de respect, vous ornait ; vous accomplissiez tout dans la crainte de Dieu. Les commandements et les ordonnances du Seigneur étaient inscrits sur les larges tablettes de votre cœur.
Proclamation
§1 Vous étiez humbles, tous. Sans vanité. Plus prêts à obéir qu’à dominer ; plus heureux de donner que de recevoir. Les provisions du Christ vous suffisaient. Ses paroles, vous les gardiez au-dedans de vous ; ses souffrances restaient devant vos yeux.
§2 Alors une paix profonde et généreuse fut donnée à tous. Le désir de faire le bien ne se lassait pas. L’Esprit Saint se répandait en plénitude sur tous.
§3 Remplis d’une pensée sainte, avec ferveur et confiance, vous tendiez les mains vers le Dieu tout-puissant : « Fais-nous grâce, si nous avons péché sans le vouloir. »
§4 Jour et nuit, vous combattiez pour toute la fraternité, afin que ses élus soient sauvés dans la miséricorde et une conscience droite.
§5 Vous étiez sincères, intègres, sans rancune.
§6 Toute faction, toute division vous faisait horreur. Vous pleuriez les fautes du prochain ; ses manques devenaient les vôtres.
§7 Jamais vous ne regrettiez d’avoir fait le bien. Vous étiez prêts pour toute œuvre bonne.
§8 Une conduite toute de vertu vous ornait. Dans la crainte de Dieu, vous accomplissiez tout. Ses commandements étaient écrits dans votre cœur.
Déployée
§1 Vous pratiquiez tous l’humilité et ne cherchiez pas à vous mettre en avant ; vous acceptiez plus volontiers d’être placés sous l’autorité d’autrui que d’exercer vous-mêmes une domination, et vous trouviez plus de joie à donner qu’à recevoir. Vous vous contentiez des « provisions de route » reçues du Christ : ses paroles, attentivement accueillies, étaient intériorisées jusqu’au plus profond de vous-mêmes, tandis que ses souffrances restaient constamment présentes à votre mémoire.
§2 Une paix profonde, riche et féconde, était ainsi accordée à tous ; le désir de faire le bien était insatiable, et ce qui se produisait parmi vous pouvait être décrit comme une pleine effusion de l’Esprit Saint sur toute la communauté.
§3 Remplis d’un dessein saint, vous leviez les mains vers le Dieu tout-puissant avec un zèle bon et une confiance nourrie de piété, le suppliant de se montrer miséricordieux pour les fautes que vous auriez pu commettre involontairement.
§4 Votre combat de jour comme de nuit concernait toute la fraternité : vous priiez pour que la totalité du nombre des élus de Dieu parvienne au salut, dans sa miséricorde et avec une conscience droite.
§5 Vous étiez sincères, sans mélange de duplicité, et vous refusiez de garder mémoire du mal subi.
§6 Toute formation de faction et toute rupture de communion vous répugnaient. Vous faisiez vôtre la douleur causée par les chutes de vos proches et considériez leurs déficiences comme vos propres besoins.
§7 Jamais vous ne regrettiez le bien accompli ; vous demeuriez prêts pour toute œuvre bonne.
§8 Votre manière de vivre, riche de toute vertu et digne de respect, constituait votre véritable parure. Vous faisiez tout dans la crainte de Dieu, et les commandements ainsi que les exigences justes du Seigneur semblaient inscrits jusque sur les « largeurs » de votre cœur, c’est-à-dire profondément intériorisés.
Littérale
§1 Et tous vous aviez une pensée humble, sans vous glorifier de rien, vous soumettant plutôt que soumettant, donnant plus volontiers que recevant. Vous contentant des provisions de route du Christ et prêtant attention à ses paroles, vous les aviez soigneusement accueillies dans vos entrailles, et ses souffrances étaient devant vos yeux.
§2 Ainsi une paix profonde et riche avait été donnée à tous, un désir insatiable de bienfaisance, et une pleine effusion d’Esprit Saint se produisait sur tous.
§3 Remplis d’un conseil saint, dans une bonne ardeur avec une confiance pieuse, vous étendiez vos mains vers le Dieu tout-puissant, le suppliant de devenir favorable si, sans le vouloir, vous aviez péché en quelque chose.
§4 Il y avait chez vous un combat de jour et de nuit en faveur de toute la fraternité, afin que soit sauvé, avec miséricorde et conscience, le nombre de ses élus.
§5 Vous étiez sincères et intègres, et sans mémoire du mal les uns envers les autres.
§6 Toute sédition et tout schisme vous étaient abominables. Vous preniez le deuil sur les chutes de vos proches ; vous jugiez leurs manques comme les vôtres.
§7 Vous étiez sans regret pour toute bienfaisance, prêts pour toute œuvre bonne.
§8 Ornés d’une conduite toute-vertueuse et vénérable, vous accomplissiez tout dans sa crainte ; les commandements et les justes ordonnances du Seigneur étaient écrits sur les largeurs de votre cœur.
Philologique
§1 Tous vous pratiquiez l’humilité de pensée (tapeinophrosynè), sans vous vanter de rien, vous soumettant plutôt que soumettant autrui, donnant plus volontiers que recevant. Vous contentant des provisions de route (ephodia) du Christ, vous prêtiez attention à ses paroles : vous les aviez soigneusement reçues au plus profond de vos entrailles (splanchna), et ses souffrances étaient devant vos yeux.
§2 Ainsi une paix profonde et abondante (lipara) avait été donnée à tous, un désir insatiable de bienfaisance (agathopoiia), et une pleine effusion d’Esprit Saint se produisait sur tous.
§3 Remplis d’un dessein saint, avec une bonne ardeur et une confiance pieuse, vous étendiez vos mains vers le Dieu tout-puissant, le suppliant de vous être favorable si vous aviez péché involontairement en quelque chose.
§4 Il y avait chez vous un combat (agôn), de jour comme de nuit, pour toute la fraternité, afin que le nombre de ses élus soit sauvé avec miséricorde et conscience.
§5 Vous étiez sincères (eilikrineis), intègres (akeraioi) et sans rancune (amnèsikakoi) les uns envers les autres.
§6 Toute faction (stasis) et tout schisme (schisma) vous étaient abominables. Vous preniez le deuil sur les chutes (paraptômata) de vos proches ; vous considériez leurs déficiences comme les vôtres.
§7 Vous étiez sans regret pour toute bienfaisance, prêts pour toute œuvre bonne.
§8 Parés d’une conduite (politeia) toute-vertueuse et vénérable, vous accomplissiez tout dans sa crainte ; les commandements (prostagmata) et les justes ordonnances (dikaiômata) du Seigneur étaient écrits sur les « largeurs » (platai) de votre cœur.
Paraphrase
§1 Vous ne cherchiez pas à prendre le dessus les uns sur les autres. Votre bonheur était davantage de servir que de commander, davantage de donner que de recevoir. Ce que le Christ vous donnait pour avancer vous suffisait : sa parole habitait votre mémoire et sa passion restait constamment devant vous.
§2 Cette attitude avait produit une vraie paix. Vous ne vous lassiez pas de faire du bien, et toute la communauté vivait comme sous une abondante effusion de l’Esprit.
§3 Quand vous preniez conscience de votre fragilité, vous ne vous justifiiez pas : vous vous tourniez vers Dieu avec confiance et lui demandiez pardon même pour les fautes commises sans intention.
§4 Votre prière ne se limitait pas à vous-mêmes. Jour et nuit, vous portiez toute la communauté et demandiez que Dieu conduise les siens au salut par sa miséricorde.
§5 Entre vous, il y avait franchise, intégrité et absence de rancune.
§6 Les divisions vous révoltaient ; la faute d’un frère vous faisait souffrir et son manque devenait votre affaire.
§7 Faire le bien ne vous fatiguait pas.
§8 Votre vie elle-même témoignait de votre foi : vous vouliez que les commandements de Dieu ne restent pas des mots extérieurs, mais qu’ils soient gravés au cœur de votre conduite.
Texte source
§1 Πάντες τε ἐταπεινοφρονεῖτε μηδὲν ἀλαζονευόμενοι, ὑποτασσόμενοι μᾶλλον ἢ ὑποτάσσοντες, ἥδιον διδόντες ἢ λαμβάνοντες. τοῖς ἐφοδίοις τοῦ Χριστοῦ ἀρκούμενοι, καὶ προσέχοντες τοὺς λόγους αὐτοῦ ἐπιμελῶς ἐνεστερνισμένοι ἦτε τοῖς σπλάγχνοις, καὶ τὰ παθήματα αὐτοῦ ἦν πρὸ ὀφθαλμῶν ὑμῶν. §2 οὕτως εἰρήνη βαθεῖα καὶ λιπαρὰ ἐδέδοτο πᾶσιν καὶ ἀκόρεστος πόθος εἰς ἀγαθοποιΐαν, καὶ πλήρης πνεύματος ἁγίου ἔκχυσις ἐπὶ πάντας ἐγίνετο· §3 μεστοί τε ὁσίας βουλῆς, ἐν ἀγαθῇ προθυμίᾳ μετ’ εὐσεβοῦς πεποιθήσεως ἐξετείνετε τὰς χεῖρας ὑμῶν πρὸς τὸν παντοκράτορα θεόν, ἱκετεύοντες αὐτὸν ἱλέως γενέσθαι, εἴ τι ἄκοντες ἡμάρτετε. §4 ἀγὼν ἦν ὑμῖν ἡμέρας τε καὶ νυκτὸς ὑπὲρ πάσης τῆς ἀδελφότητος, εἰς τὸ σώζεσθαι μετ’ ἐλέους καὶ συνειδήσεως τὸν ἀριθμὸν τῶν ἐκλεκτῶν αὐτοῦ. §5 εἰλικρινεῖς καὶ ἀκέραιοι ἦτε καὶ ἀμνησίκακοι εἰς ἀλλήλους. §6 πᾶσα στάσις καὶ πᾶν σχίσμα βδελυκτὸν ἦν ὑμῖν. ἐπὶ τοῖς παραπτώμασιν τῶν πλησίον ἐπενθεῖτε· τὰ ὑστερήματα αὐτῶν ἴδια ἐκρίνετε. §7 ἀμεταμέλητοι ἦτε ἐπὶ πάσῃ ἀγαθοποιΐᾳ, ἕτοιμοι εἰς πᾶν ἔργον ἀγαθόν. §8 τῇ παναρέτῳ καὶ σεβασμίῳ πολιτείᾳ κεκοσμημένοι πάντα ἐν τῷ φόβῳ αὐτοῦ ἐπετελεῖτε· τὰ προστάγματα καὶ τὰ δικαιώματα τοῦ κυρίου ἐπὶ τὰ πλάτη τῆς καρδίας ὑμῶν ἐγέγραπτο.
Notes textuelles
- 1 Clem 2.1 — ἐφόδια désigne des provisions pour la route, un viatique ; le contexte en fait une métaphore des ressources reçues du Christ.
- 1 Clem 2.1 — σπλάγχνα, litt. « entrailles », renvoie au for intérieur ; Littérale/Philologique gardent l’image, les autres niveaux l’explicitent.
- 1 Clem 2.4 — ἀγών appartient au champ du combat/concours ; ici il décrit l’effort persévérant de la communauté pour la fraternité.
- 1 Clem 2.8 — ἐπὶ τὰ πλάτη τῆς καρδίας, litt. « sur les largeurs du cœur », est une image d’inscription intérieure ; elle est conservée aux niveaux proches du grec.
Place dans l’ouvrage
Dans l’architecture de l’ouvrage
1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire cette unité selon son genre propre et son rôle dans l’argument ou la vision de l’ouvrage, avant toute utilisation doctrinale isolée.
- Distinguer sens dans le document ancien, usages ecclésiaux ultérieurs et débats modernes sur composition ou interpolation.
Approfondir : composition, transmission et réception
Témoin de travail
Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local 1-clement/source/registry.json
Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.
Bibliographie de travail
- Andrew Gregory, 1 Clement
- Michael W. Holmes, The Apostolic Fathers
- J. B. Lightfoot, The Apostolic Fathers: Clement
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.