Bibliothèque ancienne · Introduction critique

Le Christ comme modèle suprême d’humilité

Ce chapitre de 1 Clément développe : « Le Christ comme modèle suprême d’humilité ». 1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.

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Texte — sept restitutions

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Clarté

§1 Le Christ appartient à ceux qui vivent dans l’humilité, non à ceux qui s’élèvent au-dessus de son troupeau.

§2 Le Seigneur Jésus Christ, sceptre de la majesté de Dieu, n’est pas venu dans la pompe de l’arrogance ni de l’orgueil, bien qu’il en eût le pouvoir ; il est venu dans l’humilité, comme l’Esprit Saint l’avait annoncé à son sujet :

§3 « Seigneur, qui a cru ce que nous avons entendu ? À qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé ? Nous l’avons annoncé devant lui comme un petit enfant, comme une racine dans une terre desséchée. Il n’avait ni apparence ni gloire ; nous l’avons vu, et il n’avait ni apparence ni beauté. Son aspect était méprisé, inférieur à celui des hommes : homme frappé, éprouvé par la souffrance, sachant porter la faiblesse. Son visage était détourné ; il fut méprisé et compté pour rien.

§4 C’est lui qui porte nos péchés et souffre pour nous ; et nous, nous l’avons considéré comme livré à la peine, aux coups et aux mauvais traitements.

§5 Mais lui a été blessé à cause de nos péchés et affaibli à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous procure la paix est tombé sur lui ; par sa meurtrissure nous avons été guéris.

§6 Tous, comme des brebis, nous nous sommes égarés ; chacun s’est écarté sur son propre chemin.

§7 Et le Seigneur l’a livré pour nos péchés. Lui, parce qu’il était maltraité, n’ouvrait pas la bouche. Comme une brebis conduite à l’abattoir, comme un agneau muet devant celui qui le tond, ainsi il n’ouvre pas la bouche. Dans son humiliation, son jugement fut enlevé.

§8 Qui racontera sa génération ? Car sa vie est enlevée de la terre.

§9 À cause des fautes de mon peuple, il va à la mort.

§10 Je donnerai les méchants pour sa sépulture et les riches pour sa mort, parce qu’il n’a pas commis d’injustice et qu’aucune tromperie n’a été trouvée dans sa bouche. Et le Seigneur veut le purifier de sa blessure.

§11 Si vous faites une offrande pour le péché, votre vie verra une descendance de longue durée.

§12 Le Seigneur veut l’arracher à la souffrance de son âme, lui montrer la lumière, le façonner par l’intelligence, justifier le juste qui sert bien une multitude ; et lui-même portera leurs péchés.

§13 C’est pourquoi il héritera d’une multitude et partagera les dépouilles des puissants, parce que sa vie a été livrée à la mort et qu’il a été compté parmi les hommes sans loi.

§14 Lui-même a porté les péchés d’un grand nombre et fut livré à cause de leurs péchés. »

§15 Et il dit encore : « Moi, je suis un ver et non un homme, l’opprobre des humains et le méprisé du peuple.

§16 Tous ceux qui me regardent se moquent de moi ; ils parlent des lèvres et hochent la tête : Il a espéré dans le Seigneur ! Que le Seigneur le délivre, qu’il le sauve, puisqu’il prend plaisir en lui ! »

§17 Voyez, hommes bien-aimés, quel modèle nous a été donné. Si le Seigneur lui-même s’est ainsi abaissé, que devons-nous faire, nous qui, par lui, sommes venus sous le joug de sa grâce ?

Lecture

§1 Le Christ se reconnaît chez ceux qui choisissent l’humilité, non chez ceux qui veulent dominer son troupeau.

§2 Jésus Christ, qui porte l’autorité majestueuse de Dieu, aurait pu venir dans l’éclat et la puissance ; il a choisi au contraire l’abaissement. L’Esprit l’avait annoncé :

§3 « Qui a accueilli notre message ? À qui la puissance du Seigneur a-t-elle été dévoilée ? Il a grandi comme un enfant, comme une racine dans une terre sans eau. Rien dans son apparence n’imposait l’admiration ; son visage était méprisé, marqué par la souffrance et familier de la faiblesse. On détournait le regard de lui ; il n’avait aucun poids aux yeux des hommes.

§4 Pourtant, c’étaient nos péchés qu’il portait et notre souffrance qu’il assumait ; nous pensions, nous, que sa douleur venait de sa propre condamnation.

§5 Il était blessé à cause de nos fautes, brisé à cause de nos désordres. Le châtiment qui nous rend la paix retombait sur lui, et sa blessure devenait notre guérison.

§6 Nous nous étions tous égarés comme des brebis, chacun suivant sa propre route.

§7 Le Seigneur l’a livré pour nos péchés. Maltraité, il gardait le silence : brebis conduite au sacrifice, agneau muet devant le tondeur. Dans son humiliation, son droit fut emporté.

§8 Qui pourra raconter sa génération, puisque sa vie est retirée de la terre ?

§9 Les fautes de mon peuple le conduisent à la mort.

§10 On lui donne les méchants pour tombe et les riches pour sa mort, alors qu’il n’a commis aucun mal et que sa bouche n’a connu aucune fraude. Mais le Seigneur veut le relever de sa blessure.

§11 Si l’offrande pour le péché est donnée, une descendance durable apparaîtra.

§12 Dieu veut l’arracher à la peine de son âme, lui faire voir la lumière et conduire à son accomplissement le juste serviteur qui rend justes beaucoup d’hommes, en portant lui-même leurs péchés.

§13 Il recevra donc une multitude en héritage et partagera le butin des puissants, parce qu’il a livré sa vie à la mort et fut compté parmi les transgresseurs.

§14 Il a porté les fautes d’un grand nombre et fut livré à cause d’eux. »

§15 Un autre psaume lui fait dire : « Je suis un ver, non un homme, honte des humains, méprisé du peuple.

§16 Tous ceux qui me voient se moquent de moi, remuent les lèvres et hochent la tête : Il a mis son espoir dans le Seigneur ; que le Seigneur le délivre, qu’il le sauve puisqu’il l’aime ! »

§17 Voilà, bien-aimés, le modèle placé devant nous. Si le Seigneur a choisi une telle humilité, comment pourrions-nous rechercher la supériorité, nous qui sommes entrés par lui sous le joug de sa grâce ?

Proclamation

§1 Le Christ est avec les humbles — pas avec ceux qui s’élèvent au-dessus de son troupeau.

§2 Jésus Christ, sceptre de la majesté de Dieu, pouvait venir avec puissance ; il n’est pas venu dans la pompe ni l’orgueil. Il s’est abaissé. Et l’Esprit Saint avait parlé de lui :

§3 « Seigneur, qui a cru notre message ? À qui le bras du Seigneur fut-il révélé ? Comme un enfant, comme une racine dans une terre desséchée ! Ni apparence, ni gloire, ni beauté. Méprisé, frappé, homme de douleur, habitué à la faiblesse ; on détournait de lui le visage.

§4 Il porte nos péchés. Il souffre pour nous. Et nous pensions qu’il était frappé pour lui-même !

§5 Blessé à cause de nos péchés, brisé à cause de nos fautes. Sur lui, le châtiment de notre paix ; par sa meurtrissure, notre guérison.

§6 Tous, comme des brebis, nous nous sommes égarés ; chacun sur son chemin.

§7 Le Seigneur l’a livré pour nos péchés. Maltraité, il ne répond pas. Brebis vers l’abattoir ! Agneau muet devant le tondeur ! Dans l’humiliation, son jugement lui est retiré.

§8 Sa génération, qui la racontera ? Sa vie est enlevée de la terre.

§9 Pour les fautes de mon peuple, il va à la mort.

§10 Avec les méchants, sa sépulture ; avec les riches, sa mort. Pourtant aucune injustice, aucun mensonge dans sa bouche. Et le Seigneur veut le purifier de sa blessure.

§11 Si vous donnez l’offrande pour le péché, une descendance durable sera vue.

§12 Le Seigneur veut l’arracher à la douleur, lui montrer la lumière, accomplir le juste serviteur qui sert la multitude et porte leurs péchés.

§13 Il héritera des multitudes, partagera le butin des puissants : sa vie fut livrée à la mort, il fut compté parmi les sans-loi.

§14 Il porta les péchés de beaucoup ; pour leurs péchés il fut livré. »

§15 Et encore : « Moi, je suis un ver, non un homme ; honte des humains, méprisé du peuple.

§16 Tous se moquent de moi, remuent les lèvres, hochent la tête : Il espère dans le Seigneur ! Que le Seigneur le délivre ! Qu’il le sauve, puisqu’il l’aime ! »

§17 Regardez le modèle, bien-aimés ! Si le Seigneur s’est abaissé ainsi, que ferons-nous, nous qui sommes venus sous le joug de sa grâce ?

Déployée

§1 Le Christ se tient du côté de ceux qui vivent dans l’humilité ; il ne cautionne pas ceux qui cherchent à s’élever au-dessus du troupeau qui lui appartient.

§2 Le Seigneur Jésus Christ est le sceptre même par lequel se manifeste la majesté de Dieu. Pourtant, bien qu’il eût la puissance de se présenter dans l’éclat, il n’est venu ni avec la pompe de l’arrogance ni avec la hauteur de l’orgueil ; il a choisi une disposition humble, conformément à ce que l’Esprit Saint avait annoncé de lui.

§3 « Seigneur, qui a cru le message qui nous a été confié, et à qui le bras puissant du Seigneur a-t-il été révélé ? Nous l’avons annoncé devant Dieu comme un enfant qui grandit, comme une racine qui surgit dans une terre assoiffée. Rien dans son apparence n’imposait gloire ou beauté ; nous l’avons regardé et son aspect était sans honneur, abaissé au-dessous de celui des autres hommes : homme frappé, travaillé par la douleur, capable de porter la faiblesse. On détournait de lui le visage ; il fut méprisé et tenu pour rien.

§4 Pourtant, c’est lui qui porte nos péchés et qui endure la douleur à cause de nous, alors que nous pensions qu’il subissait la peine, les coups et l’affliction pour sa propre condition.

§5 Lui a été blessé à cause de nos péchés et rendu faible à cause de nos transgressions. Le châtiment destiné à nous procurer la paix est tombé sur lui, et c’est par sa meurtrissure que nous avons reçu la guérison.

§6 Nous nous étions tous égarés comme des brebis, chacun ayant quitté la route commune pour suivre son propre chemin.

§7 Le Seigneur l’a alors livré pour nos péchés. Malgré les mauvais traitements, il n’a pas ouvert la bouche : comme une brebis conduite à l’abattage, comme un agneau qui reste silencieux devant celui qui le tond. Dans l’abaissement qui lui fut imposé, son jugement lui fut retiré.

§8 Qui pourra exposer ce qui concerne sa génération, puisque sa vie est enlevée de la terre ?

§9 C’est à cause des transgressions de mon peuple qu’il arrive jusqu’à la mort.

§10 Les méchants sont assignés à sa sépulture et les riches à sa mort, alors qu’il n’a commis aucune injustice et qu’aucune tromperie n’a été trouvée dans sa bouche. Pourtant le Seigneur veut le purifier et le délivrer de sa blessure.

§11 Si vous présentez l’offrande relative au péché, votre vie verra une descendance qui demeure longtemps.

§12 Le Seigneur veut enlever la peine qui pèse sur son âme, lui faire voir la lumière et le former dans l’intelligence ; il veut justifier ce juste serviteur qui sert fidèlement une multitude, tandis que lui-même prend sur lui leurs péchés.

§13 C’est pourquoi il recevra en héritage une multitude et partagera les dépouilles des puissants, parce que sa propre vie a été livrée à la mort et qu’il a été compté avec ceux qui transgressent la loi.

§14 Lui-même a porté les péchés de beaucoup et c’est à cause de leurs péchés qu’il a été livré. »

§15 Et il est encore représenté disant : « Moi, je suis comme un ver plutôt qu’un homme, objet d’opprobre pour les humains et de mépris pour le peuple.

§16 Tous ceux qui me voient tournent ma souffrance en dérision ; leurs lèvres parlent contre moi et ils hochent la tête en disant : Il a placé son espérance dans le Seigneur ; que ce Seigneur le délivre et le sauve maintenant, puisqu’il prend plaisir en lui ! »

§17 Regardez donc, bien-aimés, le modèle qui nous a été remis. Si le Seigneur lui-même a parcouru un chemin d’une telle humilité, nous qui sommes entrés par lui sous le joug bienfaisant de sa grâce ne pouvons faire de l’élévation de soi notre manière de vivre.

Littérale

§1 Car le Christ appartient à ceux qui pensent humblement, non à ceux qui s’élèvent sur son troupeau.

§2 Le sceptre de la majesté de Dieu, le Seigneur Jésus Christ, ne vint pas dans la vantardise de l’arrogance ni de l’orgueil, bien qu’il le pût, mais en pensant humblement, comme l’Esprit Saint a parlé de lui ; car il dit :

§3 « Seigneur, qui a cru à notre audition ? Et le bras du Seigneur, à qui fut-il révélé ? Nous avons annoncé devant lui : comme un petit enfant, comme une racine dans une terre assoiffée. Il n’y a pour lui ni apparence ni gloire ; nous l’avons vu, et il n’avait ni apparence ni beauté, mais son apparence était sans honneur, défaillante auprès de l’apparence des hommes ; homme étant dans le coup et la peine et sachant porter la faiblesse, car son visage a été détourné, il fut déshonoré et ne fut pas compté.

§4 Celui-ci porte nos péchés et souffre pour nous ; et nous, nous l’avons estimé être dans la peine, le coup et le mauvais traitement.

§5 Mais lui fut blessé à cause de nos péchés et affaibli à cause de nos iniquités ; la discipline de notre paix est sur lui ; par sa meurtrissure nous avons été guéris.

§6 Tous comme des brebis nous nous sommes égarés ; chacun s’est égaré sur son chemin.

§7 Et le Seigneur le livra pour nos péchés, et lui, parce qu’il était maltraité, n’ouvre pas la bouche. Comme une brebis il fut conduit vers l’abattage et comme un agneau devant celui qui le tond, sans voix, ainsi il n’ouvre pas la bouche. Dans l’humiliation son jugement fut enlevé.

§8 Sa génération, qui la racontera ? Car sa vie est enlevée de la terre.

§9 À cause des iniquités de mon peuple, il arrive à la mort.

§10 Et je donnerai les méchants pour sa sépulture et les riches pour sa mort, parce qu’il ne fit pas d’iniquité et qu’aucune tromperie ne fut trouvée dans sa bouche. Et le Seigneur veut le purifier de sa blessure.

§11 Si vous donnez au sujet du péché, votre âme verra une semence de longue vie.

§12 Et le Seigneur veut enlever de la peine de son âme, lui montrer la lumière et le façonner par l’intelligence, justifier le juste servant bien beaucoup ; et leurs péchés lui-même les portera.

§13 À cause de cela, lui-même héritera beaucoup et partagera les dépouilles des forts, en échange de ce que son âme fut livrée à la mort et qu’il fut compté parmi les sans-loi.

§14 Et lui-même porta les péchés de beaucoup et fut livré à cause de leurs péchés.

§15 Et de nouveau lui-même dit : « Moi, je suis un ver et non un homme, opprobre des hommes et mépris du peuple.

§16 Tous ceux qui me contemplent se sont moqués de moi, ils ont parlé avec les lèvres, ils ont remué la tête : Il a espéré dans le Seigneur ; qu’il le délivre, qu’il le sauve, puisqu’il le veut. »

§17 Voyez, hommes bien-aimés, quel est le modèle qui nous a été donné ; car si le Seigneur a pensé humblement ainsi, que ferons-nous, nous qui par lui sommes venus sous le joug de sa grâce ?

Philologique

§1 Le Christ est donc de ceux qui tapeinophronousin, pensent et vivent humblement, non de ceux qui epairontai, s’élèvent, au-dessus de son poimnion, troupeau.

§2 Le Seigneur Jésus Christ, skèptron tès megalôsynès tou theou, sceptre de la majesté de Dieu, n’est pas venu dans le kompos d’alazoneia, la pompe de l’arrogance, ni de l’hyperèphania, orgueil, bien qu’il en eût la puissance ; il est venu tapeinophronôn, dans l’humilité, selon la parole de l’Esprit Saint.

§3 « Seigneur, qui a cru à notre akoè, message entendu ? Et à qui le brachiôn Kyriou, bras du Seigneur, fut-il révélé ? Nous l’avons annoncé comme paidion, petit enfant, comme rhiza en gè dipsôsè, racine dans une terre assoiffée. Ni eidos, apparence, ni doxa, gloire ; son aspect était atimon, sans honneur, homme en plègè kai ponos, coup et souffrance, sachant porter malakia, faiblesse. Son visage fut détourné ; il fut méprisé et non compté.

§4 Lui porte nos hamartiai, péchés, et souffre pour nous ; nous l’avons pourtant compté parmi ceux qui sont dans ponos, plègè et kakôsis, peine, coup et mauvais traitement.

§5 Il fut traumatisé à cause de nos péchés et rendu faible à cause de nos anomiai, iniquités ; paideia eirènès hēmôn, la discipline ou châtiment de notre paix, fut sur lui ; par son môlôps, meurtrissure, nous avons été guéris.

§6 Tous, comme probata, brebis, nous nous sommes égarés ; chacun s’est écarté sur son propre chemin.

§7 Le Seigneur le livra hyper tôn hamartiôn hēmôn, pour nos péchés. Maltraité, il n’ouvre pas la bouche : brebis menée à la sphagè, abattage, agneau aphônos, sans voix, devant le tondeur. Dans sa tapeinôsis, humiliation, sa krisis, jugement, fut enlevée.

§8 « Sa genea, génération, qui la racontera ? Car sa zôè, vie, est enlevée de la terre. »

§9 « À cause des anomiai de mon peuple, il arrive eis thanaton, à la mort. »

§10 « Je donnerai les ponèroi, méchants, pour sa sépulture et les riches pour sa mort, parce qu’il n’a commis aucune anomia et qu’aucun dolos, tromperie, n’a été trouvé dans sa bouche ; et le Seigneur veut le katharisai, purifier, de sa blessure. »

§11 « Si vous donnez peri hamartias, en offrande au sujet du péché, votre psychè verra une sperma makrobion, descendance de longue vie. »

§12 « Le Seigneur veut enlever le ponos de son âme, lui montrer phôs, lumière, le façonner par la synesis, intelligence, et dikaioûn, justifier, le juste qui sert bien la multitude ; lui-même portera leurs péchés. »

§13 « C’est pourquoi il héritera de beaucoup et partagera skyla, dépouilles, des puissants, parce que sa psychè fut livrée à la mort et qu’il fut compté en tois anomois, parmi les sans-loi. »

§14 « Lui-même anènenken, porta, les péchés de beaucoup et fut livré à cause de leurs péchés. »

§15 Et encore : « Moi, je suis skôlèx, ver, et non homme, oneidos anthrôpôn, opprobre des humains, et exouthenèma laou, mépris du peuple.

§16 Tous ceux qui me voient exemyktèrisan, se moquent ; ils remuent les lèvres et la tête : Il a espéré dans le Seigneur ; que celui-ci le délivre et le sauve, puisqu’il le veut. »

§17 Voyez, bien-aimés, l’hypogrammos, modèle à reproduire, qui nous a été donné : si le Kyrios s’est ainsi abaissé, que ferons-nous, nous qui sommes venus par lui sous le zygos tès charitos, le joug de sa grâce ?

Paraphrase

§1 Vous voulez savoir à quoi ressemble l’autorité selon le Christ ? Regardez l’humilité, pas la domination. Le Christ n’appartient pas à ceux qui montent sur le troupeau pour se grandir.

§2 Jésus pouvait venir avec tout l’éclat de la puissance divine. Il a choisi le chemin contraire : aucune mise en scène de supériorité, mais l’abaissement annoncé par l’Esprit.

§3 Le prophète le décrit sans prestige visible : une vie qui pousse comme une racine dans une terre sèche, un homme que l’on peut mépriser parce que sa souffrance ne ressemble pas à la gloire que nous attendons.

§4 Pourtant, ce qu’il porte n’est pas seulement sa propre douleur : il prend sur lui le poids de nos péchés, tandis que nous le regardons comme un homme justement frappé.

§5 Ses blessures viennent de notre désordre ; ce qui le frappe devient le chemin de notre paix et de notre guérison.

§6 Nous sommes les brebis parties chacune dans sa propre direction.

§7 Lui accepte d’être conduit sans violence en retour, comme l’agneau silencieux. Il subit l’humiliation jusque dans le déni de justice.

§8 Sa vie est retranchée ; son avenir semble humainement impossible à raconter.

§9 Il va jusqu’à la mort à cause des fautes de son peuple.

§10 Et pourtant son innocence demeure entière : aucune violence morale ni tromperie en lui. Dieu ne laissera pas la blessure avoir le dernier mot.

§11 Une descendance durable apparaît au-delà de l’offrande pour le péché.

§12 La souffrance de son âme s’ouvre sur la lumière ; le juste serviteur accomplit son service pour la multitude et porte ce qui l’écrasait.

§13 Parce qu’il s’est laissé compter parmi les transgresseurs et a livré sa vie, il reçoit finalement un héritage que la force seule ne pouvait obtenir.

§14 Il porte les péchés des autres au lieu de se préserver lui-même.

§15 Le psaume donne la même voix à l’humilié : « Je suis traité comme moins qu’un homme, objet de honte et de mépris. »

§16 Même son espérance en Dieu devient matière à moquerie : « Qu’il le sauve donc, ce Dieu qu’il aime ! »

§17 Voilà votre critère pour régler la crise de Corinthe : si le Seigneur a choisi cette route, personne ne peut invoquer sa grâce pour justifier l’orgueil, la lutte de rang ou le besoin de dominer.

Texte source

§1 Ταπεινοφρονούντων γάρ ἐστιν ὁ Χριστός, οὐκ ἐπαιρομένων ἐπὶ τὸ ποίμνιον αὐτοῦ. §2 τὸ σκῆπτρον τῆς μεγαλωσύνης τοῦ θεοῦ, ὁ κύριος Ἰησοῦς Χριστός, οὐκ ἦλθεν ἐν κόμπῳ ἀλαζονείας οὐδὲ ὑπερηφανίας, καίπερ δυνάμενος, ἀλλὰ ταπεινοφρονῶν, καθὼς τὸ πνεῦμα τὸ ἅγιον περὶ αὐτοῦ ἐλάλησεν· φησὶν γάρ· §3 Κύριε, τίς ἐπίστευσεν τῇ ἀκοῇ ἡμῶν; καὶ ὁ βραχίων κυρίου τίνι ἀπεκαλύφθη; ἀνηγγείλαμεν ἐναντίον αὐτοῦ, ὡς παιδίον, ὡς ῥίζα ἐν γῇ διψώσῃ· οὐκ ἔστιν αὐτῷ εἶδος οὐδὲ δόξα, καὶ εἴδομεν αὐτόν, καὶ οὐκ εἶχεν εἶδος οὐδὲ κάλλος, ἀλλὰ τὸ εἶδος αὐτοῦ ἄτιμον, ἐκλεῖπον παρὰ τὸ εἶδος τῶν ἀνθρώπων· ἄνθρωπος ἐν πληγῇ ὢν καὶ πόνῳ καὶ εἰδὼς φέρειν μαλακίαν, ὅτι ἀπέστραπται τὸ πρόσωπον αὐτοῦ, ἠτιμάσθη καὶ οὐκ ἐλογίσθη· §4 οὗτος τὰς ἁμαρτίας ἡμῶν φέρει καὶ περὶ ἡμῶν ὀδυνᾶται, καὶ ἡμεῖς ἐλογισάμεθα αὐτὸν εἶναι ἐν πόνῳ καὶ ἐν πληγῇ καὶ ἐν κακώσει· §5 αὐτὸς δὲ ἐτραυματίσθη διὰ τὰς ἁμαρτίας ἡμῶν καὶ μεμαλάκισται διὰ τὰς ἀνομίας ἡμῶν. παιδεία εἰρήνης ἡμῶν ἐπ’ αὐτόν· τῷ μώλωπι αὐτοῦ ἡμεῖς ἰάθημεν. §6 πάντες ὡς πρόβατα ἐπλανήθημεν, ἄνθρωπος τῇ ὁδῷ αὐτοῦ ἐπλανήθη· §7 καὶ κύριος παρέδωκεν αὐτὸν ὑπὲρ τῶν ἁμαρτιῶν ἡμῶν, καὶ αὐτὸς διὰ τὸ κεκακῶσθαι οὐκ ἀνοίγει τὸ στόμα. ὡς πρόβατον ἐπὶ σφαγὴν ἤχθη, καὶ ὡς ἀμνὸς ἐναντίον τοῦ κείραντος ἄφωνος, οὕτως οὐκ ἀνοίγει τὸ στόμα αὐτοῦ. ἐν τῇ ταπεινώσει ἡ κρίσις αὐτοῦ ἤρθη. §8 τὴν γενεὰν αὐτοῦ τίς διηγήσεται; ὅτι αἴρεται ἀπὸ τῆς γῆς ἡ ζωὴ αὐτοῦ. §9 ἀπὸ τῶν ἀνομιῶν τοῦ λαοῦ μου ἥκει εἰς θάνατον. §10 καὶ δώσω τοὺς πονηροὺς ἀντὶ τῆς ταφῆς αὐτοῦ καὶ τοὺς πλουσίους ἀντὶ τοῦ θανάτου αὐτοῦ· ὅτι ἀνομίαν οὐκ ἐποίησεν, οὐδὲ εὑρέθη δόλος ἐν τῷ στόματι αὐτοῦ. καὶ κύριος βούλεται καθαρίσαι αὐτὸν τῆς πληγῆς. §11 ἐὰν δῶτε περὶ ἁμαρτίας, ἡ ψυχὴ ὑμῶν ὄψεται σπέρμα μακρόβιον. §12 καὶ κύριος βούλεται ἀφελεῖν ἀπὸ τοῦ πόνου τῆς ψυχῆς αὐτοῦ, δεῖξαι αὐτῷ φῶς καὶ πλάσαι τῇ συνέσει, δικαιῶσαι δίκαιον εὖ δουλεύοντα πολλοῖς. καὶ τὰς ἁμαρτίας αὐτῶν αὐτὸς ἀνοίσει. §13 διὰ τοῦτο αὐτὸς κληρονομήσει πολλοὺς καὶ τῶν ἰσχυρῶν μεριεῖ σκῦλα· ἀνθ’ ὧν παρεδόθη εἰς θάνατον ἡ ψυχὴ αὐτοῦ, καὶ ἐν τοῖς ἀνόμοις ἐλογίσθη. §14 καὶ αὐτὸς ἁμαρτίας πολλῶν ἀνήνεγκεν καὶ διὰ τὰς ἁμαρτίας αὐτῶν παρεδόθη. §15 καὶ πάλιν αὐτός φησιν· Ἐγὼ δέ εἰμι σκώληξ καὶ οὐκ ἄνθρωπος, ὄνειδος ἀνθρώπων καὶ ἐξουθένημα λαοῦ. §16 πάντες οἱ θεωροῦντές με ἐξεμυκτήρισάν με, ἐλάλησαν ἐν χείλεσιν, ἐκίνησαν κεφαλήν· Ἤλπισεν ἐπὶ κύριον, ῥυσάσθω αὐτόν, σωσάτω αὐτόν, ὅτι θέλει αὐτόν. §17 ὁρᾶτε, ἄνδρες ἀγαπητοί, τίς ὁ ὑπογραμμὸς ὁ δεδομένος ἡμῖν· εἰ γὰρ ὁ κύριος οὕτως ἐταπεινοφρόνησεν, τί ποιήσωμεν ἡμεῖς οἱ ὑπὸ τὸν ζυγὸν τῆς χάριτος αὐτοῦ δι’ αὐτοῦ ἐλθόντες;

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans l’architecture de l’ouvrage

1 Clément répond à une crise d’autorité et de concorde à Corinthe : exemples scripturaires, humilité, ordre cosmique et communautaire, ministères, amour, repentance et grande prière finale.

Parcours de l’unité

Le Christ comme modèle suprême d’humilité1 Clément 16

Clés de lecture

Approfondir : composition, transmission et réception

Témoin de travail

méthodologique

Wikisource, traduction publique de J. B. Lightfoot ; registre local 1-clement/source/registry.json

Lecture éditoriale. Le témoin sert à cartographier le chapitre et préparer son introduction ; la validation finale doit revenir au texte critique et aux manuscrits pertinents.

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