Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Joseph arrive dans la maison de Pentéphrès
Joseph entre dans la demeure avec un apparat qui souligne sa puissance et sa beauté. Son arrivée matérialise le contraste entre ce qu’Aséneth imaginait de lui et ce qu’elle découvre.
Texte — sept restitutions
Une seule analyse du texte source gouverne les sept restitutions. La version Lecture est ouverte par défaut.
Clarté
§62 Soudain, un jeune homme de la maison de Pentéphrès accourut et annonça : « Joseph est devant les portes de notre cour ! »
§63 Aséneth s’enfuit de devant son père et sa mère, remonta dans ses appartements, entra dans sa chambre et se plaça à la grande fenêtre tournée vers l’orient pour voir celui qui arrivait dans la maison de son père.
§64 Pentéphrès, sa femme et toute leur parenté sortirent à la rencontre de Joseph.
§65 Les portes orientales de la cour s’ouvrirent et Joseph entra, assis dans le second char de Pharaon.
§66 Quatre chevaux blancs comme neige y étaient attelés, avec des brides d’or, et le char était couvert d’or.
§67 Joseph portait une tunique blanche éclatante ; son manteau était de pourpre, en lin fin tissé d’or. Une couronne d’or reposait sur sa tête : douze pierres précieuses l’entouraient et, au-dessus des pierres, douze rayons d’or. Il tenait dans sa main droite un sceptre royal.
§68 Il portait aussi une longue branche d’olivier chargée de beaucoup de fruits.
§69 Joseph entra dans la cour et les portes se refermèrent.
§70 Tous les étrangers, hommes ou femmes, restèrent dehors, car les gardes avaient fermé les portes.
§71 Pentéphrès, sa femme et toute leur parenté, sauf leur fille Aséneth, vinrent se prosterner devant Joseph, le visage contre terre.
§72 Joseph descendit de son char et les salua en leur donnant sa main droite.
Lecture
§62 Un jeune serviteur surgit alors de la suite de Pentéphrès : « Joseph est déjà devant les portes de la cour ! »
§63 Aséneth quitta aussitôt ses parents, remonta dans sa chambre haute et se posta à la grande fenêtre orientale pour observer l’homme qui arrivait chez son père.
§64 Pentéphrès, son épouse et tous les membres de leur famille sortirent l’accueillir.
§65 Les portes de l’est s’ouvrirent : Joseph entra assis dans le second char de Pharaon.
§66 Quatre chevaux blancs comme la neige le tiraient, équipés de brides d’or ; le char lui-même brillait sous un revêtement d’or.
§67 Joseph portait une tunique d’un blanc éclatant et, par-dessus, un vêtement de pourpre en lin fin tissé d’or. Sur sa tête, une couronne d’or entourée de douze pierres choisies, chacune surmontée d’un rayon d’or ; dans sa main droite, le sceptre royal.
§68 Il tenait en outre une grande branche d’olivier couverte de fruits.
§69 Dès qu’il fut entré dans la cour, les portes se refermèrent.
§70 Aucun étranger, homme ou femme, ne fut admis : les gardiens avaient fermé les accès.
§71 Pentéphrès, sa femme et toute leur parenté, à l’exception d’Aséneth, s’avancèrent et se prosternèrent devant Joseph jusqu’à terre.
§72 Joseph descendit alors de son char et leur tendit sa main droite en signe d’accueil.
Proclamation
§62 Un jeune homme accourut : « Joseph est là ! Devant les portes ! »
§63 Aséneth s’enfuit, remonta dans sa chambre haute et se plaça à la grande fenêtre tournée vers l’orient. Elle voulait voir celui qui entrait dans la maison de son père.
§64 Pentéphrès, sa femme, toute la famille sortirent à sa rencontre.
§65 Les portes de l’est s’ouvrirent. Joseph entra sur le second char de Pharaon.
§66 Quatre chevaux blancs comme la neige ; des brides d’or ; un char couvert d’or.
§67 Joseph : tunique blanche éclatante, manteau de pourpre en lin fin tissé d’or. Sur sa tête, une couronne d’or, douze pierres, douze rayons d’or. Dans sa main droite, le sceptre royal.
§68 Et une branche d’olivier, longue, chargée de fruits.
§69 Le char entra. Les portes se refermèrent.
§70 Les étrangers restèrent dehors. Les gardes fermèrent les accès.
§71 Pentéphrès, sa femme, toute leur parenté — sauf Aséneth — se jetèrent face contre terre devant Joseph.
§72 Joseph descendit du char et les accueillit de sa main droite.
Déployée
§62 Soudain, un jeune homme de la maison de Pentéphrès accourut et annonça : « Joseph est devant les portes de notre cour ! »
§63 Aséneth s’enfuit de devant son père et sa mère, remonta dans ses appartements, entra dans sa chambre et se plaça à la grande fenêtre tournée vers l’orient pour voir celui qui arrivait dans la maison de son père. — la montée à la chambre haute appartient à un segment textuellement signalé dans l’édition critique.
§64 Pentéphrès, sa femme et toute leur parenté sortirent à la rencontre de Joseph.
§65 Les portes orientales de la cour s’ouvrirent et Joseph entra, assis dans le second char de Pharaon. — le « second char de Pharaon » marque la dignité narrative de Joseph sans permettre une reconstruction administrative plus précise.
§66 Quatre chevaux blancs comme neige y étaient attelés, avec des brides d’or, et le char était couvert d’or.
§67 Joseph portait une tunique blanche éclatante ; son manteau était de pourpre, en lin fin tissé d’or. Une couronne d’or reposait sur sa tête : douze pierres précieuses l’entouraient et, au-dessus des pierres, douze rayons d’or. Il tenait dans sa main droite un sceptre royal. — les douze pierres et douze rayons sont décrits sans leur imposer un symbolisme absent de la phrase.
§68 Il portait aussi une longue branche d’olivier chargée de beaucoup de fruits.
§69 Joseph entra dans la cour et les portes se refermèrent.
§70 Tous les étrangers, hommes ou femmes, restèrent dehors, car les gardes avaient fermé les portes.
§71 Pentéphrès, sa femme et toute leur parenté, sauf leur fille Aséneth, vinrent se prosterner devant Joseph, le visage contre terre.
§72 Joseph descendit de son char et les salua en leur donnant sa main droite. — la salutation peut évoquer un geste d’accueil par la main droite.
Littérale
§62 Et voici, un jeune homme bondit de la domesticité de Pentéphrès et dit : « Voici, Joseph est devant les portes de notre cour. »
§63 Et Aséneth s’enfuit de devant son père et sa mère [et monta dans la chambre haute], entra dans sa chambre et se tint à la grande fenêtre qui regardait vers l’orient, pour voir celui qui venait dans la maison de son père.
§64 Et Pentéphrès et sa femme et toute sa parenté sortirent à la rencontre de Joseph.
§65 Et les portes de la cour qui regardaient vers l’orient furent ouvertes, et Joseph entra assis dans le second char de Pharaon.
§66 Et quatre chevaux blancs comme neige étaient attelés, bridés d’or, et le char était ombragé/couvert d’or.
§67 Et Joseph était vêtu d’une tunique blanche remarquable, et le vêtement de son enveloppe était de pourpre, de lin fin tissé d’or ; une couronne d’or était sur sa tête, et autour de la couronne étaient douze pierres choisies, et au-dessus des pierres douze rayons d’or ; et un sceptre royal était dans sa main droite.
§68 Et il tenait une branche d’olivier étendue, et beaucoup de fruit était sur elle.
§69 Et Joseph entra dans la cour, et les portes furent fermées.
§70 Et tout homme ou femme étrangers demeurèrent dehors, car les gardiens des portails fermèrent les portes.
§71 Et vinrent Pentéphrès et sa femme et toute sa parenté, sauf leur fille Aséneth, et ils se prosternèrent devant Joseph, face contre terre.
§72 Et Joseph descendit de son char et leur donna la droite avec sa main droite.
Philologique
§62 Et voici, un jeune homme bondit de la domesticité de Pentéphrès et dit : « Voici, Joseph est devant les portes de notre cour. »
§63 Et Aséneth s’enfuit de devant son père et sa mère [et monta dans la chambre haute], entra dans sa chambre et se tint à la grande fenêtre qui regardait vers l’orient, pour voir celui qui venait dans la maison de son père. [Segment à statut critique signalé dans OCP.]
§64 Et Pentéphrès et sa femme et toute sa parenté sortirent à la rencontre de Joseph.
§65 Et les portes de la cour qui regardaient vers l’orient furent ouvertes, et Joseph entra assis dans le second char de Pharaon. [deuteros harmatos Pharaō : « second char de Pharaon ».]
§66 Et quatre chevaux blancs comme neige étaient attelés, bridés d’or, et le char était ombragé/couvert d’or.
§67 Et Joseph était vêtu d’une tunique blanche remarquable, et le vêtement de son enveloppe était de pourpre, de lin fin tissé d’or ; une couronne d’or était sur sa tête, et autour de la couronne étaient douze pierres choisies, et au-dessus des pierres douze rayons d’or ; et un sceptre royal était dans sa main droite. [exallon : terme rare ; « remarquable / exceptionnel » reste prudent.]
§68 Et il tenait une branche d’olivier étendue, et beaucoup de fruit était sur elle.
§69 Et Joseph entra dans la cour, et les portes furent fermées.
§70 Et tout homme ou femme étrangers demeurèrent dehors, car les gardiens des portails fermèrent les portes.
§71 Et vinrent Pentéphrès et sa femme et toute sa parenté, sauf leur fille Aséneth, et ils se prosternèrent devant Joseph, face contre terre.
§72 Et Joseph descendit de son char et leur donna la droite avec sa main droite. [dexioomai : peut désigner l’accueil / la salutation par la main droite.]
Paraphrase
§62 La discussion n’est même pas terminée qu’un serviteur arrive en courant : Joseph est déjà à la porte.
§63 Aséneth, qui vient de le mépriser avec assurance, ne veut pourtant pas manquer le spectacle. Elle s’échappe vers sa chambre haute et se cache derrière la grande fenêtre orientale pour l’observer sans se présenter.
§64 Le reste de la famille fait exactement l’inverse : tout le monde sort pour accueillir Joseph.
§65 Ce qu’Aséneth vit ne ressemblait pas au fugitif qu’elle avait imaginé : Joseph entra sur le second char de Pharaon.
§66 Quatre chevaux blancs aux brides d’or tiraient un char éclatant d’or.
§67 Joseph lui-même portait blanc et pourpre, une couronne aux douze pierres et aux douze rayons, et tenait le sceptre royal.
§68 Une longue branche d’olivier chargée de fruits complète cette apparition, ajoutant à l’éclat royal une image de vie et de fécondité.
§69 Dès que Joseph fut entré, les portes de la cour se refermèrent.
§70 Tous ceux qui n’appartenaient pas à la maison restèrent dehors : la rencontre allait désormais se dérouler dans un espace familial.
§71 Tous se prosternent devant lui — tous sauf Aséneth, toujours cachée à sa fenêtre.
§72 Joseph descend du char et les salue avec dignité. Dès cet instant, l’image méprisante qu’Aséneth s’était faite de lui commence à se défaire.
Texte source
§62 Καὶ ἰδοὺ νεανίσκος ἐξηπήδησεν ἐκ τῆς θεραπείας τοῦ Πεντεφρῆ καὶ λέγει· ἰδοὺ Ἰωσὴφ πρὸ τῶν θυρῶν τῆς αὐλῆς ἡμῶν ἐστί. §63 Καὶ ἔφυγεν Ἀσενὲθ ἀπὸ προσώπου τοῦ πατρὸς αὐτῆς καὶ τῆς μητρός, [καὶ ἀνέβη εἰς τὸ ὑπερῷον] καὶ εἰσῆλθεν εἰς τὸν θάλαμον αὐτῆς καὶ ἔστη ἐπὶ τὴν θυρίδα τὴν μεγάλην τὴν βλέπουσαν κατὰ ἀνατολὰς ἰδεῖν τὸν ἐρχόμενον εἰς τὴν οἰκίαν τοῦ πατρὸς αὐτῆς. §64 Καὶ ἐξῆλθον εἰς συνάντησιν τῷ Ἰωσὴφ Πεντεφρῆς καὶ ἡ γυνὴ αὐτοῦ καὶ πᾶσα ἡ συγγένεια αὐτοῦ. §65 Καὶ ἠνοίχθησαν αἱ πύλαι τῆς αὐλῆς αἱ βλέπουσαι κατὰ ἀνατολὰς καὶ εἰσῆλθεν Ἰωσὴφ καθήμενος ἐν τῷ ἅρματι τῷ δευτέρῳ τοῦ Φαραώ. §66 Καὶ ἦσαν ἐζευγμένοι ἵπποι τέσσαρες λευκοὶ ὡσεὶ χιὼν χρυσοχάλινοι καὶ τὸ ἅρμα κατασκιαστὸν ἐκ χρυσίου. §67 Καὶ ἦν Ἰωσὴφ ἐνδεδυμένος χιτῶνα λευκὸν ἔξαλλον καὶ ἡ στολὴ τῆς περιβολῆς αὐτοῦ ἦν πορφύρα ἐκ βύσσου χρυσοϋφὴς καὶ στέφανος χρυσὸς ἐπὶ τῆς κεφαλῆς αὐτοῦ καὶ κύκλῳ τοῦ στεφάνου ἦσαν δώδεκα λίθοι ἐκλεκτοὶ καὶ ἐπάνω τῶν λίθων δώδεκα ἀκτῖνες χρυσαῖ καὶ σκῆπτρον βασιλικὸν ἐν τῇ χειρὶ αὐτοῦ τῇ δεξιᾷ. §68 Καὶ εἶχεν ἐκτεταμένον κλάδον ἐλαίας καὶ ἦν πλῆθος καρποῦ ἐν αὐτῷ. §69 Καὶ εἰσῆλθεν Ἰωσὴφ εἰς τὴν αὐλὴν καὶ ἐκλείσθησαν αἱ πύλαι. §70 Καὶ εἴτε ἀνὴρ εἴτε γυνὴ ἀλλότριοι ἔμειναν ἔξω, διότι οἱ φύλακες τῶν πυλώνων ἔκλεισαν τὰς θύρας. §71 Καὶ ἦλθε Πεντεφρῆς καὶ ἡ γυνὴ αὐτοῦ καὶ πᾶσα ἡ συγγένεια αὐτοῦ πλὴν τῆς θυγατρὸς αὐτῶν Ἀσενὲθ καὶ προσεκύνησαν τῷ Ἰωσὴφ ἐπὶ πρόσωπον ἐπὶ τὴν γῆν. §72 Καὶ κατέβη Ἰωσὴφ ἀπὸ τοῦ ἅρματος αὐτοῦ καὶ ἐδεξιώσατο αὐτοὺς ἐν τῇ δεξιᾷ αὐτοῦ.
Notes textuelles
- Joseph et Aséneth 5.63 — la montée d’Aséneth vers la chambre haute est signalée entre crochets dans l’édition critique et conservée comme telle dans Littérale/Philologique.
- Joseph et Aséneth 5.65 — « second char de Pharaon » marque la dignité de Joseph dans le récit ; aucune reconstruction administrative plus précise n’est ajoutée sans source.
- Joseph et Aséneth 5.67 — ἔξαλλον est rare ; « remarquable/exceptionnelle » est retenu prudemment. Les douze pierres et douze rayons sont décrits sans imposer de symbolisme absent du passage.
- Joseph et Aséneth 5.72 — δεξιόομαι peut désigner l’accueil par la main droite ; les niveaux lisibles rendent le geste comme salutation formelle.
- Révision S0 — les corps Déployée et Philologique ont été remis en texte continu, sans métadiscours. À ce stade S0, Déployée reste étroitement alignée sur Clarté et Philologique sur Littérale ; les décisions lexicales et critiques demeurent dans les notes et seront différenciées plus avant lors des révisions philologiques supérieures.
Place dans l’ouvrage
Dans l’architecture de l’ouvrage
Le chapitre appartient à la mise en place de la rencontre et du conflit initial entre Aséneth et Joseph (1–9).
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire comme récit pseudépigraphique développé à partir de la brève mention d’Aséneth en Genèse 41,45, et non comme complément historique direct de la Genèse.
- Les thèmes de conversion, hospitalité, mariage et appartenance doivent être étudiés dans le judaïsme hellénistique sans projeter automatiquement des catégories confessionnelles postérieures.
Approfondir : composition, transmission et réception
Tradition textuelle
Joseph et Aséneth est transmis par plusieurs familles de manuscrits grecs ainsi que par des versions anciennes ; l’étendue et la relation des recensions ont fait l’objet de débats importants.
Lecture éditoriale. La division en 29 chapitres est un outil éditorial commode ; elle ne doit pas être confondue avec un découpage originel assuré.
Bibliographie de travail
- E. W. Brooks, Joseph and Asenath (1918)
- Christoph Burchard, Joseph and Aseneth
- Ross Shepard Kraemer, When Aseneth Met Joseph
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.