Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Départ du visiteur céleste et clôture de la révélation
Après avoir achevé ses instructions et signes, le visiteur céleste quitte Aséneth. Le chapitre clôt la phase visionnaire et prépare le retour de Joseph.
Texte — sept restitutions
Une seule analyse du texte source gouverne les sept restitutions. La version Lecture est ouverte par défaut.
Clarté
§203 L’homme dit à Aséneth : « As-tu vu ce qui vient de se produire ? » Elle répondit : « Oui, seigneur, j’ai vu tout cela. »
§204 L’homme dit : « Ainsi s’accompliront les paroles que je t’ai dites. »
§205 Puis l’homme toucha le rayon de miel ; un feu monta de la table et le consuma. Du rayon brûlé se répandit un parfum agréable qui remplit toute la chambre.
§206 Aséneth dit à l’homme : « Seigneur, sept jeunes filles sont avec moi pour me servir [elles ont été élevées avec moi depuis ma jeunesse]. Elles sont nées la même nuit que moi et je les aime. Je vais les appeler : bénis-les comme tu m’as bénie. »
§207 [L’homme] répondit : « Appelle-les. » Aséneth les fit venir, et l’homme les bénit en disant : « Que le Dieu Très-Haut vous bénisse pour toujours. »
§208 L’homme dit alors à Aséneth : « Enlève cette table. » Aséneth se tourna pour la déplacer ; au même instant l’homme disparut de devant ses yeux. Elle vit alors comme un char de feu qui montait vers le ciel, du côté de l’orient.
§209 Aséneth dit : « Sois favorable, Seigneur, envers ta servante, car j’ai prononcé devant toi de mauvaises paroles dans mon ignorance. »
Lecture
§203 Après la vision des abeilles, le messager demanda à Aséneth si elle avait bien vu tout ce qui venait d’arriver. Elle répondit qu’elle en avait été témoin.
§204 Il lui confirma alors que ses paroles s’accompliraient avec la même certitude.
§205 Il toucha le rayon : un feu surgit de la table, le consuma entièrement, et la combustion répandit dans la pièce un parfum qui remplit l’air.
§206 Aséneth pensa alors aux sept jeunes filles qui la servaient [et qui avaient grandi avec elle depuis l’enfance]. Nées, disait-elle, la même nuit qu’elle, elles lui étaient chères ; elle demanda qu’elles reçoivent elles aussi une bénédiction.
§207 Le messager les fit appeler et prononça sur elles la bénédiction du Dieu Très-Haut pour toujours.
§208 Puis il demanda à Aséneth de retirer la table. Lorsqu’elle se retourna, il avait disparu. Elle aperçut seulement comme un char de feu qui montait vers le ciel à l’orient.
§209 Bouleversée, Aséneth demanda au Seigneur d’avoir pitié d’elle, reconnaissant qu’elle avait parlé autrefois dans l’ignorance.
Proclamation
§203 « As-tu vu cela ? » — « Oui, seigneur. J’ai tout vu. »
§204 « Ainsi seront les paroles que je t’ai dites. »
§205 Il touche le rayon : feu sur la table ! Le miel est consumé ; de sa combustion monte un parfum qui remplit la chambre.
§206 Aséneth dit : « Seigneur, sept jeunes filles sont avec moi, mes servantes [élevées avec moi depuis mon enfance]. Elles sont nées la même nuit que moi ; je les aime. Je vais les appeler : bénis-les comme tu m’as bénie ! »
§207 « Appelle-les. » Elles viennent. L’homme les bénit : « Que le Dieu Très-Haut vous bénisse pour toujours ! »
§208 Puis : « Enlève cette table. » Aséneth se tourne. L’homme a disparu. Elle voit comme un char de feu qui monte au ciel vers l’orient.
§209 « Seigneur, sois favorable à ta servante ! Dans mon ignorance, j’ai parlé mal devant toi. »
Déployée
§203 Le messager demande à Aséneth de reconnaître consciemment ce dont elle vient d’être témoin. Elle affirme avoir tout vu : l’expérience ne lui a pas échappé.
§204 L’homme dit : « Ainsi s’accompliront les paroles que je t’ai dites. »
§205 Un dernier signe touche le rayon lui-même : au contact de l’homme, un feu monte de la table et consume le miel, mais ce qui demeure de cette disparition est un parfum agréable qui remplit la chambre.
§206 Aséneth ne garde pas la bénédiction pour elle seule. Elle pense aux sept jeunes filles qui l’accompagnent [depuis l’enfance], souligne qu’elles sont nées la même nuit qu’elle et demande qu’elles reçoivent la même faveur.
§207 Le messager accepte : les sept sont appelées et placées sous une bénédiction durable du Dieu Très-Haut.
§208 L’homme dit alors à Aséneth : « Enlève cette table. » Aséneth se tourna pour la déplacer ; au même instant l’homme disparut de devant ses yeux. Elle vit alors comme un char de feu qui montait vers le ciel, du côté de l’orient.
§209 Son dernier mouvement est une demande de miséricorde : en repensant à son ignorance passée, elle reconnaît les paroles mauvaises qu’elle avait prononcées et se nomme elle-même servante.
Littérale
§203 Et l’homme dit à Aséneth : « As-tu vu cette parole/chose ? » Et elle dit : « Voici, moi, seigneur, j’ai vu toutes ces choses. »
§204 Et l’homme dit : « Ainsi seront les paroles que j’ai parlées vers toi. »
§205 Et l’homme toucha le rayon, et un feu monta de la table et dévora le rayon ; et de la combustion du rayon sortit une bonne odeur, et elle remplit la chambre.
§206 Et Aséneth dit à l’homme : « Il y a, seigneur, avec moi sept vierges qui me servent [élevées avec moi depuis ma jeunesse], nées avec moi en une seule nuit, et moi je les aime. Je vais donc les appeler et tu les béniras comme tu m’as bénie. »
§207 Et [l’homme] dit : « Appelle-les. » Et Aséneth les appela, et l’homme les bénit et dit : « Que le Dieu Très-Haut vous bénisse pour le temps éternel. »
§208 Et l’homme dit à Aséneth : « Enlève cette table. » Et Aséneth se tourna pour déplacer la table, et l’homme partit de devant ses yeux ; et Aséneth vit comme un char de feu enlevé vers le ciel du côté de l’orient.
§209 Et Aséneth dit : « Tu seras favorable, Seigneur, envers ta servante, parce que j’ai parlé des choses mauvaises dans l’ignorance devant toi. »
Philologique
§203 L’homme dit à Aséneth : « As-tu vu cet événement ? » Elle répondit : « Oui, seigneur, j’ai vu toutes ces choses. »
§204 L’homme dit : « Ainsi en sera-t-il des paroles que je t’ai adressées. »
§205 L’homme toucha le rayon ; un feu monta depuis la table et consuma le rayon. De sa combustion sortit un parfum agréable qui remplit la chambre.
§206 Aséneth dit à l’homme : « Seigneur, sept jeunes filles sont avec moi et me servent [elles ont été élevées avec moi depuis ma jeunesse] ; elles sont nées avec moi en une seule nuit, et je les aime. Je vais les appeler : bénis-les comme tu m’as bénie. »
§207 [L’homme] répondit : « Appelle-les. » Aséneth les appela, et l’homme les bénit en disant : « Que le Dieu Très-Haut vous bénisse pour le temps éternel. »
§208 L’homme dit à Aséneth : « Enlève cette table. » Aséneth se retourna pour déplacer la table, et l’homme disparut de devant ses yeux. Elle vit comme un char de feu emporté vers le ciel, du côté de l’orient.
§209 Aséneth dit : « Sois favorable, Seigneur, envers ta servante, car j’ai prononcé dans l’ignorance des paroles mauvaises devant toi. »
Paraphrase
§203 Le messager demande à Aséneth de ne pas laisser la vision devenir un souvenir indistinct : « As-tu réellement vu ? » Elle répond qu’elle a tout observé.
§204 Il lui explique alors que ce qu’elle a vu sert de garantie : ses promesses s’accompliront comme le signe s’est accompli sous ses yeux.
§205 Puis le rayon disparaît dans le feu. Mais il ne laisse pas une odeur de destruction : un parfum agréable remplit la chambre, comme si le signe achevé laissait encore sa présence dans l’air.
§206 Aséneth pense aussitôt à celles qui ont partagé sa vie. Elle ne veut pas être la seule bénie ; elle demande pour ses sept compagnes la faveur qu’elle vient de recevoir.
§207 Elles viennent, et le messager les place elles aussi sous la bénédiction durable du Très-Haut.
§208 Ensuite tout s’arrête presque sans transition. Aséneth se détourne une seconde pour déplacer la table ; lorsqu’elle regarde de nouveau, l’homme n’est plus là. Seul demeure dans sa vision un char de feu qui monte vers le ciel.
§209 Face à ce départ, elle ne se glorifie pas de ce qu’elle vient de recevoir : elle demande encore miséricorde pour les paroles qu’elle avait prononcées lorsqu’elle ne comprenait pas.
Texte source
§203 Καὶ εἶπεν ὁ ἄνθρωπος τῇ Ἀσενέθ· ἑώρακας τὸ ῥῆμα τοῦτο; καὶ εἶπεν· ἰδοὺ ἐγώ, κύριε, ἑώρακα ταῦτα πάντα. §204 Καὶ εἶπεν ὁ ἄνθρωπος· οὕτως ἔσται τὰ ῥήματα ἃ ἐλάλησα πρὸς σέ. §205 Καὶ ἥψατο τοῦ κηρίου ὁ ἄνθρωπος καὶ ἀνέβη πῦρ ἀπὸ τῆς τραπέζης καὶ κατέφαγε τὸ κηρίον. Καὶ ἐξῆλθεν ἐκ τῆς καύσεως τοῦ κηρίου εὐωδία καὶ ἔπλησε τὸν θάλαμον. §206 Καὶ εἶπε πρὸς τὸν ἄνθρωπον Ἀσενέθ· εἰσί, κύριε, σὺν ἐμοὶ ἑπτὰ παρθένοι ὑπηρετοῦσαί μοι [συντεθραμμέναι μοι ἐκ νεότητός μου], τεχθεῖσαι σὺν ἐμοὶ ἐν μιᾷ νυκτί, κἀγὼ ἀγαπῶ αὐτάς, καλέσω δὴ αὐτὰς καὶ εὐλογήσεις αὐτάς, ὡς κἀμὲ εὐλογήσας. §207 Καὶ εἶπεν [ὁ ἄνθρωπος]· κάλεσον. Καὶ ἐκάλεσεν αὐτὰς Ἀσενέθ, καὶ εὐλόγησεν αὐτὰς ὁ ἄνθρωπος καὶ εἶπεν· εὐλογήσει ὑμᾶς ὁ θεὸς ὁ ὕψιστος εἰς τὸν αἰῶνα χρόνον. §208 Καὶ εἶπεν ὁ ἄνθρωπος τῇ Ἀσενέθ· ἔπαρον τὴν τράπεζαν ταύτην. Καὶ ἐστράφη Ἀσενὲθ τοῦ μεταθῆναι τὴν τράπεζαν καὶ ἀπῆλθεν ἐξ ὀφθαλμῶν αὐτῆς ὁ ἄνθρωπος, καὶ εἶδεν Ἀσενὲθ ὡς ἅρμα πυρὸς ἀναλαμβανόμενον εἰς τὸν οὐρανὸν κατὰ ἀνατολάς. §209 Καὶ εἶπεν Ἀσενέθ· ἵλεως ἔσῃ, κύριε, τῇ δούλῃ σου, διότι ἐγὼ ἐλάλησα πονηρὰ ἐν ἀγνοίᾳ ἐνώπιόν σου.
Notes textuelles
- §203 : ῥῆμα peut désigner parole, chose ou événement ; Clarté/Philologique choisissent « événement » pour la question portant sur la vision.
- §205 : εὐωδία désigne une odeur agréable / parfum ; le texte ne précise pas davantage sa fonction symbolique.
- §206 : la croissance commune « depuis la jeunesse » est entre crochets dans OCP ; elle conserve donc son statut critique.
- §208 : « comme un char de feu » (ὡς ἅρμα πυρός) reste une comparaison visionnaire ; aucune identification angélique supplémentaire n’est ajoutée.
- §209 : le référent exact du « devant toi » peut être entendu dans la continuité de la prière adressée au Seigneur ; la traduction évite de forcer une adresse au messager disparu.
- Traduction directe depuis le grec OCP ; aucune traduction moderne n’a servi de pivot.
- Révision S0 — suppression du métadiscours dans le corps des restitutions : segments réalignés sur une restitution continue source-contrôlée (deployee §204, deployee §208). La différenciation stylistique fine sera approfondie aux révisions supérieures.
Place dans l’ouvrage
Dans l’architecture de l’ouvrage
Le chapitre appartient au grand cycle de pénitence, prière et transformation d’Aséneth (10–17).
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire comme récit pseudépigraphique développé à partir de la brève mention d’Aséneth en Genèse 41,45, et non comme complément historique direct de la Genèse.
- Les thèmes de conversion, hospitalité, mariage et appartenance doivent être étudiés dans le judaïsme hellénistique sans projeter automatiquement des catégories confessionnelles postérieures.
Approfondir : composition, transmission et réception
Tradition textuelle
Joseph et Aséneth est transmis par plusieurs familles de manuscrits grecs ainsi que par des versions anciennes ; l’étendue et la relation des recensions ont fait l’objet de débats importants.
Lecture éditoriale. La division en 29 chapitres est un outil éditorial commode ; elle ne doit pas être confondue avec un découpage originel assuré.
Bibliographie de travail
- E. W. Brooks, Joseph and Asenath (1918)
- Christoph Burchard, Joseph and Aseneth
- Ross Shepard Kraemer, When Aseneth Met Joseph
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.