Bibliothèque ancienne · Introduction critique
Le septième jour, la sagesse et le repos
Le septième jour, la sagesse et le repos.
Texte — sept restitutions
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Clarté
§1 Dieu, qui a organisé le monde, a donné aux humains le septième jour comme repos parce que la vie est pénible. Ce jour peut aussi être appelé la première naissance de la lumière, dans laquelle toutes choses sont contemplées ensemble.
§2 Cette image s’applique aussi à la sagesse, dont vient toute lumière. Des penseurs péripatéticiens l’ont comparée à une lampe ; ceux qui la suivent vivent sans trouble. Salomon dit plus clairement encore que la sagesse existait avant le ciel et la terre. Le repos de Dieu ne signifie donc pas qu’il a cessé d’agir, mais qu’il a établi durablement l’ordre du monde.
§3 Les six jours expriment l’ordre dans lequel ciel, terre et toutes choses ont été disposés. Dieu les a ordonnés, puis il les maintient et les transforme. Le septième principe devient pour l’être humain un signe par lequel il connaît les choses humaines et divines.
§4 Le monde et la vie sont aussi décrits selon des cycles de sept. Le sabbat signifie « repos ». Aristobule invoque des vers attribués à Hésiode et à Homère qui appellent le septième jour sacré et associent le septième à l’achèvement.
§5 Le septième principe signifie enfin le passage de l’oubli et du mal vers la connaissance de la vérité. Des vers attribués à Linos disent que tout s’achève à la septième aurore, que le septième est bon, premier et parfait, et que le ciel étoilé manifeste lui aussi un ordre de sept.
Lecture
§1 Dieu a disposé l’ensemble du cosmos et a donné le septième jour comme repos aux humains, parce que la condition humaine est pénible. Aristobule peut ainsi parler du septième jour comme d’une première naissance de la lumière où toutes choses sont saisies ensemble.
§2 La même image conduit à la sagesse : toute lumière vient d’elle, et certains péripatéticiens l’ont comparée à un flambeau qui conduit à une vie sans trouble. Salomon, dit Aristobule, place la sagesse avant le ciel et la terre. Le repos de Dieu n’est donc pas inactivité : Dieu a achevé l’ordonnancement du monde et l’a établi pour durer.
§3 Les six jours rendent visible une succession et un ordre : ciel, terre et tout ce qu’ils contiennent sont disposés selon une priorité. Une fois cet ordre posé, Dieu continue de tenir ensemble et de transformer le monde. Le septième devient aussi un principe de connaissance des réalités humaines et divines.
§4 Aristobule voit encore des rythmes de sept dans le monde vivant. Le nom du sabbat renvoie au repos, et il rapproche cette sainteté du septième jour de vers qu’il attribue à Hésiode et à Homère : le septième est sacré et marque l’accomplissement.
§5 Le symbolisme du sept conduit enfin de l’oubli et du vice à la connaissance de la vérité. Des vers attribués à Linos célèbrent pareillement le septième comme achèvement, naissance, bien et perfection, jusque dans les cycles du ciel étoilé.
Proclamation
§1 Le monde est ordonné par Dieu ; l’être humain, lui, a besoin de repos. Voilà le septième jour : repos donné à ceux dont la vie est pénible, jour de lumière.
§2 La sagesse est lumière et flambeau. Qui la suit marche sans trouble. Et quand Dieu « se repose », il n’abandonne pas son œuvre : il en établit l’ordre pour qu’il demeure.
§3 Six jours disent un ordre ; le septième en révèle le sens. Dieu ordonne, maintient et transforme ; l’être humain apprend à connaître les réalités humaines et divines.
§4 Le sabbat signifie repos. Aristobule entend jusque chez les poètes grecs l’écho d’un septième jour sacré, jour d’achèvement.
§5 Le septième devient aussi chemin vers la vérité : quitter l’oubli et le mal, recevoir la connaissance, reconnaître un ordre qui conduit à l’accomplissement.
Déployée
§1 Aristobule distingue le repos humain et l’activité divine : le septième jour est donné comme repos aux humains parce que la vie corporelle est pénible. Il le relie en même temps à la première apparition de la lumière, symbole d’une vision unifiée du réel.
§2 Ce symbolisme passe de la lumière à la sagesse. La sagesse, comparée à une lampe par des péripatéticiens, conduit à l’absence de trouble ; Salomon la situe avant ciel et terre. Dès lors, le repos de Dieu ne peut signifier cessation de toute action : il désigne l’achèvement de l’ordonnancement et sa stabilité durable.
§3 Les six jours servent à exprimer succession et hiérarchie dans la création. Une fois l’ordre posé, Dieu continue à soutenir et à transformer ce qui existe. Le septième « logos » devient alors pour l’humain un principe de connaissance du divin et de l’humain.
§4 Aristobule étend le symbolisme septénaire aux cycles du vivant et au sabbat, dont il rappelle le sens de repos. Il convoque Hésiode et Homère comme témoins grecs d’un septième jour tenu pour sacré ou associé à l’achèvement.
§5 Enfin, la septième réalité est interprétée moralement et intellectuellement : abandon de l’oubli et du vice, acquisition de la vérité. Les vers attribués à Linos servent à élargir cette symbolique du sept à la naissance, à la perfection et aux cycles célestes.
Littérale
§1 Dieu, qui a constitué le cosmos entier, nous a donné comme repos, parce que la vie est pénible pour tous, un septième jour ; celui-ci pourrait aussi être appelé naturellement première genèse de lumière, dans laquelle toutes choses sont contemplées ensemble.
§2 La même chose peut être transférée à la sagesse, car toute lumière vient d’elle. Certains de l’école du Péripatos ont dit qu’elle tient la place d’un flambeau ; ceux qui la suivent continuellement deviennent sans trouble durant toute la vie. Salomon a dit plus clairement qu’elle existe avant ciel et terre. Que Dieu se soit reposé ne signifie pas qu’il ne fasse plus rien, mais qu’ayant fait cesser leur mise en ordre, il les a établis ainsi pour tout le temps.
§3 En six jours il fit le ciel, la terre et toutes choses en eux, afin de manifester les temps et de déclarer l’ordre de ce qui précède quoi. Les ayant ordonnés, il les maintient et les transforme. Il nous a rendu cela clair selon la Loi à cause du signe du septième logos établi en nous, dans lequel nous avons connaissance des choses humaines et divines.
§4 Par semaines aussi se meut le monde entier des êtres engendrés et de tout ce qui croît. Le fait que ce jour soit appelé sabbat s’interprète comme repos. Hésiode dit : « d’abord le premier, le quatrième et le septième, jour sacré », puis : « au septième de nouveau la brillante lumière du soleil ». Homère dit : « puis vint le septième, jour sacré » et encore : « le septième jour était là, et en lui tout fut accompli » ; puis : « à la septième aurore nous quittâmes le courant de l’Achéron ».
§5 Cela signifie qu’en quittant l’oubli et le vice de l’âme, dans le septième logos véritable nous recevons connaissance de la vérité. Linos dit : « à la septième aurore toutes choses sont achevées » ; « le septième est parmi les biens et le septième est naissance » ; « le septième est parmi les premiers et le septième est parfait » ; « sept sont toutes choses façonnées dans le ciel étoilé, apparaissant en cycles au retour des années ».
Philologique
§1 Le septième jour est donné comme ἀνάπαυσις aux humains en raison du κακόπαθον de la vie. Aristobule le qualifie aussi de πρώτη γένεσις φωτός, première genèse de lumière, où τὰ πάντα sont contemplés ensemble.
§2 Le motif est μεταφέρειν à la σοφία : toute lumière vient d’elle ; le Péripatos la compare à un λαμπτήρ, un flambeau conduisant à l’ἀταραξία. Salomon la situe avant ciel et terre. Le καταπαύειν de Dieu ne signifie donc pas cessation d’action, mais établissement durable de l’ordre.
§3 Les six jours signifient χρόνοι et τάξις, l’ordre de priorité des choses créées. Après avoir τάξας, Dieu les συνέχει et les μεταποιεῖ. Le septième λόγος constitue en l’humain un signe donnant γνώσις des réalités humaines et divines.
§4 Le κόσμος est dit parcourir ses cycles κατὰ ἑβδομάδας. Σάββατον est interprété par ἀνάπαυσις. Aristobule joint à ce symbolisme les vers qu’il attribue à Hésiode et Homère sur le septième jour sacré et l’achèvement.
§5 Le septième λόγος véritable marque la sortie de λήθη et κακία vers la γνώσις ἀληθείας. Les citations attribuées à Linos associent la septième aurore à l’accomplissement, à la naissance, au bien et à la perfection, puis au rythme du ciel étoilé.
Paraphrase
§1 Le sabbat existe d’abord pour l’être humain : la vie fatigue, et Dieu donne un jour de repos. Mais Aristobule y voit davantage : le septième jour devient aussi une image de la lumière qui permet de voir l’ensemble du monde.
§2 Cette lumière devient sagesse. Suivre la sagesse, c’est trouver une vie plus stable et moins troublée. Et si la Genèse dit que Dieu s’est reposé, Aristobule ne comprend pas que Dieu aurait cessé d’agir ; il comprend que l’ordre du monde était désormais établi.
§3 Les six jours racontent donc un ordre de création. Dieu donne à chaque chose sa place, puis continue de soutenir le monde. Le septième jour devient pour l’humain un symbole de compréhension : apprendre à connaître ce qui est humain et ce qui est divin.
§4 Aristobule cherche même des échos de cette importance du nombre sept chez les poètes grecs. Hésiode et Homère parlent, selon les vers qu’il cite, d’un septième jour sacré ou d’un septième jour où tout arrive à son terme.
§5 Enfin, le septième jour devient une image intérieure : sortir de l’oubli et du mal pour entrer dans la vérité. Les vers attribués à Linos prolongent cette idée en associant le sept à l’achèvement, à la naissance et à la perfection du monde.
Texte source
§1 Τούτοις ἑξῆς μεθ᾽ ἕτερα ἐπιλέγει· “Ἐχομένως δ᾽ ἐστὶν ὡς ὁ θεός, < ὃς > τὸν ὅλον κόσμον κατεσκεύακε, καὶ δέδωκεν ἀνάπαυσιν ἡμῖν, διὰ τὸ κακόπαθον εἶναι πᾶσι τὴν βιοτήν, ἑβδόμην ἡμέραν, ἣ δὴ καὶ πρώτη φυσικῶς ἂν λέγοιτο φωτὸς γένεσις, ἐν ὧͺ τὰ πάντα συνθεωρεῖται. §2 μεταφέροιτο δ᾽ ἂν τὸ αὐτὸ καὶ ἐπὶ τῆς σοφίας· τὸ γὰρ πᾶν φῶς ἐστιν ἐξ αὐτῆς. καί τινες εἰρήκασι τῶν ἐκ τῆς αἱρέσεως ὄντες < τῆς > ἐκ τοῦ Περιπάτου λαμπτῆρος αὐτὴν ἔχειν τάξιν· ἀκολουθοῦντες γὰρ αὐτῇ συνεχῶς ἀτάραχοι καταστήσονται δι᾽ ὅλου τοῦ βίου. σαφέστερον δὲ καὶ κάλλιον τῶν ἡμετέρων προγόνων τις εἶπε Σολομῶν αὐτὴν πρὸ οὐρανοῦ καὶ γῆς ὑπάρχειν· τὸ δὴ σύμφωνόν ἐστι τῷ προειρημένῳ. τὸ δὲ διασαφούμενον διὰ τῆς νομοθεσίας ἀποπεπαυκέναι τὸν θεὸν ἐν αὐτῇ, τοῦτο οὐχ, ὥς τινες ὑπολαμβάνουσι, μηκέτι ποιεῖν τι τὸν θεὸν καθέστηκεν, ἀλλ᾽ ἐπὶ τῷ καταπεπαυκέναι τὴν τάξιν αὐτῶν οὕτως εἰς πάντα τὸν χρόνον τεταχέναι. §3 σημαίνει γὰρ ὡς ἐν ἓξ ἡμέραις ἐποίησε τόν τε οὐρανὸν καὶ τὴν γῆν καὶ πάντα τὰ ἐν αὐτοῖς, ἵνα τοὺς χρόνους δηλώσῃ καὶ τὴν τάξιν προείπῃ τί τίνος προτερεῖ. τάξας γάρ, οὕτως αὐτὰ συνέχει καὶ μεταποιεῖ. διασεσάφηκε δ᾽ ἡμῖν αὐτὴν ἔννομον ἕνεκεν σημείου τοῦ περὶ ἡμᾶς ἑβδόμου λόγου καθεστῶτος, ἐν ὧͺ γνῶσιν ἔχομεν ἀνθρωπίνων καὶ θείων πραγμάτων. §4 δι᾽ ἑβδομάδων δὲ καὶ πᾶς ὁ κόσμος κυκλεῖται τῶν ζῳογονουμένων καὶ τῶν φυομένων ἁπάντων· τῷ δὲ σάββατον αὐτὴν προσαγορεύεσθαι διερμηνεύεται ἀνάπαυσις οὖσα. διασαφεῖ δὲ καὶ Ὅμηρος καὶ Ἡσίοδος, μετειληφότες ἐκ τῶν ἡμετέρων βιβλίων ἱερὰν εἶναι. Ἡσίοδος μὲν οὕτως· πρῶτον ἕνη τετράς τε καὶ ἑβδόμη ἱερὸν ἦμαρ· καὶ πάλιν λέγει· ἑβδομάτη δ᾽ αὖτις λαμπρὸν φάος ἠελίοιο. Ὅμηρος δὲ οὕτω λέγει· ἑβδομάτη δἤπειτα κατήλυθεν, ἱερὸν ἦμαρ· καὶ πάλιν· ἕβδομον ἦμαρ ἔην καὶ τῷ τετέλεστο ἅπαντα καί· ἑβδομάτῃ δ᾽ ἠοῖ λίπομεν ῥόον ἐξ Ἀχέροντος. §5 τοῦτο δὴ σημαίνων, ὡς ἀπὸ τῆς κατὰ ψυχὴν λήθης καὶ κακίας ἐν τῷ κατὰ ἀλήθειαν ἑβδόμῳ λόγῳ καταλιμπάνεται τὰ προειρημένα καὶ γνῶσιν ἀληθείας λαμβάνομεν, καθὼς προείρηται. Λίνος δέ φησιν οὕτως· ἑβδομάτῃ δ᾽ ἠοῖ τετελεσμένα πάντα τέτυκται· καὶ πάλιν· ἑβδόμη εἰν ἀγαθοῖς καὶ ἑβδόμη ἐστὶ γενέθλη καί· ἑβδόμη ἐν πρώτοισι καὶ ἑβδόμη ἐστὶ τελείη < καί· > ἑπτὰ δὲ πάντα τέτυκται ἐν οὐρανῷ ἀστερόεντι, ἐν κύκλοισι φανέντ᾽ ἐπιτελλομένοις ἐνιαυτοῖς.” Τὰ μὲν οὖν Ἀριστοβούλου τοιαῦτα. ὁποῖα δὲ καὶ Κλήμεντι περὶ τῆς αὐτῆς εἴρηται ὑποθέσεως, γνοίης ἂν διὰ τούτων·
Notes textuelles
- Texte traduit directement du témoin grec OCP ; les parallèles patristiques servent au contrôle de transmission et non de texte pivot.
Place dans l’ouvrage
Dans le corpus conservé
Fragment 5 sur 5 ; 5 segment(s) source dans cette unité.
Parcours de l’unité
Clés de lecture
- Lire le grec transmis en distinguant les paroles attribuées à Aristobule, le cadre du citateur et les citations poétiques enchâssées.
Approfondir : composition, transmission et réception
Établissement du fragment
Les citations poétiques sur le septième jour ont une transmission et des attributions complexes ; elles restent signalées comme citations.
Lecture éditoriale. Les choix de segmentation et d’attribution sont documentés dans l’appareil S5.
Bibliographie de travail
- Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique 7.32.16–18 ; Préparation évangélique 8.9.38–8.10.17 et 13.12.1–16
- Clément d’Alexandrie, Stromates, témoins parallèles des fragments 2–5
- A.-M. Denis, Fragmenta pseudepigraphorum quae supersunt graeca, PVTG 3, 217–228
Passerelles
Pour situer, approfondir ou revenir au texte.