Bibliothèque ancienne · Introduction critique

Troisième série de signes et début de la vision de Sion

Troisième série de signes et début de la vision de Sion. Les chapitres 3–10 constituent le cœur dialogué de l’apocalypse : Esdras interroge Uriel sur la justice divine, l’histoire, le jugement et le destin d’Israël.

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Texte — sept restitutions

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Clarté

§1 Il me répondit : « Observe attentivement ce qui se passe. Lorsque tu verras qu’une partie des signes annoncés s’est accomplie,

§2 tu comprendras que le temps de l’intervention du Très-Haut approche.

§3 Quand on verra dans le monde des bouleversements de lieux, l’agitation des peuples, les projets des nations, l’instabilité des chefs et le trouble des princes,

§4 alors tu comprendras que le Très-Haut avait parlé de ces choses dès les jours anciens, depuis le commencement.

§5 De même que tout ce qui existe dans le monde possède un commencement qui conduit à son achèvement et un achèvement qui devient manifeste,

§6 ainsi en est-il des temps du Très-Haut : leurs commencements se montrent par des prodiges et des puissances, leur accomplissement par des actes et des signes.

§7 Celui qui aura tenu bon et pourra échapper par une vie fidèle — par ses œuvres ou par la foi à laquelle il s’est attaché —

§8 celui-là sera préservé des périls annoncés et verra mon salut sur ma terre et dans mes frontières, que je me suis sanctifiées depuis toujours.

§9 Alors seront frappés d’étonnement ceux qui ont abusé de mes voies, et ceux qui les ont rejetées avec mépris demeureront dans les tourments.

§10 Car tous ceux qui, durant leur vie, ont reçu mes bienfaits sans me reconnaître,

§11 tous ceux qui ont méprisé ma Loi alors qu’ils avaient encore la liberté,

§12 et qui, tandis que le lieu de la repentance leur était encore ouvert, ne l’ont pas compris mais l’ont méprisé, ceux-là devront apprendre après la mort dans le tourment.

§13 Ne concentre donc plus ton attention sur le châtiment des impies ; cherche plutôt comment les justes seront sauvés et quand viendra le monde qui leur est destiné.

§14 Je répondis :

§15 « Je l’ai dit autrefois, je le dis maintenant et je le redirai : plus nombreux sont ceux qui périssent que ceux qui seront sauvés,

§16 comme la vague est plus grande que la goutte. » Il me répondit :

§17 Le monde ressemble à un champ : la qualité du terrain, de la semence, du travail et du cultivateur apparaît finalement dans la récolte.

§18 lorsque je préparais pour ceux qui existent maintenant le monde dans lequel ils devaient habiter ; alors personne ne me contredisait,

§19 car personne n’existait encore. Mais maintenant qu’ils ont été créés dans ce monde préparé, avec une table qui ne manque pas et une Loi qui peut être scrutée, ils se sont corrompus par leur conduite.

§20 J’ai regardé mon monde : voici qu’il était perdu ; mon univers : voici qu’il était en danger à cause des pensées qui s’y sont élevées.

§21 Dieu décrit alors un reste très petit : comme un seul grain gardé sur une grappe et un seul plant préservé dans une grande forêt.

§22 Que périsse donc la multitude née sans fruit, et que soient gardés mon grain et mon plant, car je les ai menés à maturité avec beaucoup de peine.

§23 Mais toi, laisse encore passer sept autres jours ; tu ne jeûneras pas durant ces jours.

§24 Esdras doit se retirer encore sept jours dans un champ, se nourrir uniquement de ce que produit le champ et renoncer viande et vin.

§25 Prie le Très-Haut sans interruption ; alors je viendrai et je parlerai avec toi. »

§26 Je partis, comme il me l’avait dit, vers le champ appelé Ardat ; je m’assis parmi les fleurs, je mangeai les herbes du champ, et cette nourriture me rassasia.

§27 Après sept jours, tandis que j’étais étendu sur l’herbe, mon cœur fut de nouveau troublé comme auparavant.

§28 Ma bouche s’ouvrit et je commençai à parler devant le Très-Haut :

§29 « Seigneur, tu t’es manifesté à nos pères dans le désert, lorsqu’ils sortaient d’Égypte et venaient dans un désert sans chemin et sans fruit, et tu as dit :

§30 Israël, écoute-moi ; descendance de Jacob, prête attention à mes paroles.

§31 La Loi est comparée à une semence : Dieu la sème en Israël afin qu’elle porte du fruit.

§32 Nos pères ont reçu la Loi mais ne l’ont pas gardée ; ils n’ont pas observé tes prescriptions. Pourtant le fruit de la Loi n’a pas péri — il ne le pouvait pas, puisqu’il était tien.

§33 Ceux qui l’avaient reçue ont péri parce qu’ils n’ont pas gardé ce qui avait été semé en eux.

§34 Or il est habituel que lorsque la terre reçoit une semence, la mer un navire, ou un récipient de la nourriture ou de la boisson, et que vient à disparaître

§35 ce qui avait été semé, envoyé ou reçu, ces choses disparaissent tandis que le réceptacle demeure. Mais pour nous il n’en a pas été ainsi.

§36 Nous qui avons reçu la Loi, nous périrons à cause du péché, et notre cœur qui l’a reçue aussi ;

§37 mais la Loi ne périt pas : elle demeure dans son honneur. »

§38 À ce moment du dialogue apparaît une femme en deuil, vêtement déchiré et cendre sur la tête.

§39 Je laissai alors les pensées qui m’occupaient, me tournai vers elle et lui dis :

§40 « Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ton âme est-elle dans la douleur ? » Elle me répondit :

§41 « Laisse-moi, mon seigneur, pleurer sur moi-même et ajouter encore à ma douleur, car mon âme est extrêmement amère et je suis profondément humiliée. »

§42 Je lui dis : « Que t’est-il arrivé ? Raconte-le-moi. » Elle répondit :

§43 « Moi, ta servante, j’étais stérile ; bien que mariée, je n’avais pas enfanté pendant trente ans.

§44 Durant chacune de ces heures et chacun de ces jours, pendant trente ans, j’ai supplié le Très-Haut nuit et jour.

§45 Au bout de trente ans, Dieu a entendu ta servante ; il a vu mon humiliation, regardé ma détresse et m’a donné un fils. Je me suis grandement réjouie avec mon mari et tous mes concitoyens, et nous avons beaucoup glorifié le Puissant.

§46 Je l’ai élevé avec beaucoup de peine.

§47 Puis, lorsqu’il eut grandi et que je vins à lui choisir une épouse, j’organisai un jour de fête. »

Lecture

§1 Il me répondit : « Mesure attentivement en toi-même ; lorsque tu verras qu’une partie des signes annoncés est déjà passée,

§2 tu comprendras que c’est le temps où le Très-Haut commence à visiter le monde qu’il a créé.

§3 Quand on verra dans le monde des bouleversements de lieux, l’agitation des peuples, les projets des nations, l’instabilité des chefs et le trouble des princes,

§4 alors tu comprendras que le Très-Haut avait parlé de ces choses dès les jours anciens, depuis le commencement.

§5 De même que tout ce qui existe dans le monde possède un commencement qui conduit à son achèvement et un achèvement qui devient manifeste,

§6 ainsi en est-il des temps du Très-Haut : leurs commencements se montrent par des prodiges et des puissances, leur accomplissement par des actes et des signes.

§7 Quiconque aura été sauvé et pourra échapper par ses œuvres ou par la foi dans laquelle il aura cru,

§8 celui-là sera préservé des périls annoncés et verra mon salut sur ma terre et dans mes frontières, que je me suis sanctifiées depuis toujours.

§9 Alors seront frappés d’étonnement ceux qui ont abusé de mes voies, et ceux qui les ont rejetées avec mépris demeureront dans les tourments.

§10 Car tous ceux qui, durant leur vie, ont reçu mes bienfaits sans me reconnaître,

§11 tous ceux qui ont méprisé ma Loi alors qu’ils avaient encore la liberté,

§12 et qui, tandis que le lieu de la repentance leur était encore ouvert, ne l’ont pas compris mais l’ont méprisé, ceux-là devront apprendre après la mort dans le tourment.

§13 Toi donc, ne cherche plus avec curiosité comment les impies seront tourmentés ; cherche plutôt comment les justes seront sauvés, à qui appartient le monde, pour qui le monde a été fait, et quand cela arrivera. »

§14 Je répondis :

§15 « Je l’ai dit autrefois, je le dis maintenant et je le redirai : plus nombreux sont ceux qui périssent que ceux qui seront sauvés,

§16 comme la vague est plus grande que la goutte. » Il me répondit :

§17 « Tel est le champ, telles sont les semences ; telles les fleurs, telles les couleurs ; telle l’œuvre, telle la création ; tel le cultivateur, telle l’aire. Il y eut un temps pour le monde,

§18 lorsque je préparais pour ceux qui existent maintenant le monde dans lequel ils devaient habiter ; alors personne ne me contredisait,

§19 car personne n’existait encore. Mais maintenant qu’ils ont été créés dans ce monde préparé, avec une table qui ne manque pas et une Loi qui peut être scrutée, ils se sont corrompus par leur conduite.

§20 J’ai regardé mon monde : voici qu’il était perdu ; mon univers : voici qu’il était en danger à cause des pensées qui s’y sont élevées.

§21 Je l’ai vu et je leur ai épargné à grand-peine ; je me suis réservé un grain de raisin de la grappe et un plant parmi une grande forêt.

§22 Que périsse donc la multitude née sans fruit, et que soient gardés mon grain et mon plant, car je les ai menés à maturité avec beaucoup de peine.

§23 Mais toi, laisse encore passer sept autres jours ; tu ne jeûneras pas durant ces jours.

§24 Va dans un champ de fleurs où aucune maison n’est bâtie ; mange seulement des fleurs du champ, ne goûte pas de viande et ne bois pas de vin : seulement les fleurs.

§25 Prie le Très-Haut sans interruption ; alors je viendrai et je parlerai avec toi. »

§26 Je partis, comme il me l’avait dit, vers le champ appelé Ardat ; je m’assis parmi les fleurs, je mangeai les herbes du champ, et cette nourriture me rassasia.

§27 Après sept jours, tandis que j’étais étendu sur l’herbe, mon cœur fut de nouveau troublé comme auparavant.

§28 Ma bouche s’ouvrit et je commençai à parler devant le Très-Haut :

§29 « Seigneur, tu t’es manifesté à nos pères dans le désert, lorsqu’ils sortaient d’Égypte et venaient dans un désert sans chemin et sans fruit, et tu as dit :

§30 Israël, écoute-moi ; descendance de Jacob, prête attention à mes paroles.

§31 Voici que je sème en vous ma Loi ; elle portera du fruit en vous, et vous serez glorifiés en elle pour toujours.

§32 Nos pères ont reçu la Loi mais ne l’ont pas gardée ; ils n’ont pas observé tes prescriptions. Pourtant le fruit de la Loi n’a pas péri — il ne le pouvait pas, puisqu’il était tien.

§33 Ceux qui l’avaient reçue ont péri parce qu’ils n’ont pas gardé ce qui avait été semé en eux.

§34 Or il est habituel que lorsque la terre reçoit une semence, la mer un navire, ou un récipient de la nourriture ou de la boisson, et que vient à disparaître

§35 ce qui avait été semé, envoyé ou reçu, ces choses disparaissent tandis que le réceptacle demeure. Mais pour nous il n’en a pas été ainsi.

§36 Nous qui avons reçu la Loi, nous périrons à cause du péché, et notre cœur qui l’a reçue aussi ;

§37 mais la Loi ne périt pas : elle demeure dans son honneur. »

§38 Tandis que je méditais ces choses, je levai les yeux et vis une femme sur ma droite ; elle pleurait et se lamentait d’une voix forte, profondément affligée, les vêtements déchirés et la tête couverte de cendre.

§39 Je laissai alors les pensées qui m’occupaient, me tournai vers elle et lui dis :

§40 « Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ton âme est-elle dans la douleur ? » Elle me répondit :

§41 « Laisse-moi, mon seigneur, pleurer sur moi-même et ajouter encore à ma douleur, car mon âme est extrêmement amère et je suis profondément humiliée. »

§42 Je lui dis : « Que t’est-il arrivé ? Raconte-le-moi. » Elle répondit :

§43 « Moi, ta servante, j’étais stérile ; bien que mariée, je n’avais pas enfanté pendant trente ans.

§44 Durant chacune de ces heures et chacun de ces jours, pendant trente ans, j’ai supplié le Très-Haut nuit et jour.

§45 Au bout de trente ans, Dieu a entendu ta servante ; il a vu mon humiliation, regardé ma détresse et m’a donné un fils. Je me suis grandement réjouie avec mon mari et tous mes concitoyens, et nous avons beaucoup glorifié le Puissant.

§46 Je l’ai élevé avec beaucoup de peine.

§47 Puis, lorsqu’il eut grandi et que je vins à lui choisir une épouse, j’organisai un jour de fête. »

Proclamation

§1 « Regarde les signes. Mesure-les en toi-même.

§2 Quand une part sera passée, tu sauras : le temps de la visite approche.

§3 Terres bouleversées ! Peuples agités ! Nations en projet ! Chefs instables, princes troublés !

§4 alors tu comprendras que le Très-Haut avait parlé de ces choses dès les jours anciens, depuis le commencement.

§5 De même que tout ce qui existe dans le monde possède un commencement qui conduit à son achèvement et un achèvement qui devient manifeste,

§6 ainsi en est-il des temps du Très-Haut : leurs commencements se montrent par des prodiges et des puissances, leur accomplissement par des actes et des signes.

§7 Celui qui échappera par ses œuvres ou par sa foi,

§8 verra mon salut sur la terre que j’ai sanctifiée.

§9 Alors seront frappés d’étonnement ceux qui ont abusé de mes voies, et ceux qui les ont rejetées avec mépris demeureront dans les tourments.

§10 Car tous ceux qui, durant leur vie, ont reçu mes bienfaits sans me reconnaître,

§11 tous ceux qui ont méprisé ma Loi alors qu’ils avaient encore la liberté,

§12 et qui, tandis que le lieu de la repentance leur était encore ouvert, ne l’ont pas compris mais l’ont méprisé, ceux-là devront apprendre après la mort dans le tourment.

§13 Toi donc, ne cherche plus avec curiosité comment les impies seront tourmentés ; cherche plutôt comment les justes seront sauvés, à qui appartient le monde, pour qui le monde a été fait, et quand cela arrivera. »

§14 Je répondis :

§15 « Plus nombreux ceux qui périssent — qu’une vague n’est plus grande qu’une goutte ! »

§16 comme la vague est plus grande que la goutte. » Il me répondit :

§17 « Tel est le champ, telles sont les semences ; telles les fleurs, telles les couleurs ; telle l’œuvre, telle la création ; tel le cultivateur, telle l’aire. Il y eut un temps pour le monde,

§18 lorsque je préparais pour ceux qui existent maintenant le monde dans lequel ils devaient habiter ; alors personne ne me contredisait,

§19 car personne n’existait encore. Mais maintenant qu’ils ont été créés dans ce monde préparé, avec une table qui ne manque pas et une Loi qui peut être scrutée, ils se sont corrompus par leur conduite.

§20 J’ai regardé mon monde : voici qu’il était perdu ; mon univers : voici qu’il était en danger à cause des pensées qui s’y sont élevées.

§21 « J’ai gardé un grain de la grappe, un plant de la forêt.

§22 Que périsse donc la multitude née sans fruit, et que soient gardés mon grain et mon plant, car je les ai menés à maturité avec beaucoup de peine.

§23 Encore sept jours.

§24 Va au champ des fleurs : pas de viande, pas de vin ; seulement ce que porte le champ.

§25 Prie le Très-Haut sans interruption ; alors je viendrai et je parlerai avec toi. »

§26 Je partis, comme il me l’avait dit, vers le champ appelé Ardat ; je m’assis parmi les fleurs, je mangeai les herbes du champ, et cette nourriture me rassasia.

§27 Après sept jours, tandis que j’étais étendu sur l’herbe, mon cœur fut de nouveau troublé comme auparavant.

§28 Ma bouche s’ouvrit et je commençai à parler devant le Très-Haut :

§29 « Seigneur, tu t’es manifesté à nos pères dans le désert, lorsqu’ils sortaient d’Égypte et venaient dans un désert sans chemin et sans fruit, et tu as dit :

§30 Israël, écoute-moi ; descendance de Jacob, prête attention à mes paroles.

§31 Je sème ma Loi en vous — qu’elle porte du fruit !

§32 Nos pères ont reçu la Loi mais ne l’ont pas gardée ; ils n’ont pas observé tes prescriptions. Pourtant le fruit de la Loi n’a pas péri — il ne le pouvait pas, puisqu’il était tien.

§33 Ceux qui l’avaient reçue ont péri parce qu’ils n’ont pas gardé ce qui avait été semé en eux.

§34 Or il est habituel que lorsque la terre reçoit une semence, la mer un navire, ou un récipient de la nourriture ou de la boisson, et que vient à disparaître

§35 ce qui avait été semé, envoyé ou reçu, ces choses disparaissent tandis que le réceptacle demeure. Mais pour nous il n’en a pas été ainsi.

§36 Nous qui avons reçu la Loi, nous périrons à cause du péché, et notre cœur qui l’a reçue aussi ;

§37 mais la Loi ne périt pas : elle demeure dans son honneur. »

§38 Alors, à ma droite : une femme. Elle pleure, crie, déchire ses vêtements, couvre sa tête de cendre.

§39 Je laissai alors les pensées qui m’occupaient, me tournai vers elle et lui dis :

§40 « Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ton âme est-elle dans la douleur ? » Elle me répondit :

§41 « Laisse-moi, mon seigneur, pleurer sur moi-même et ajouter encore à ma douleur, car mon âme est extrêmement amère et je suis profondément humiliée. »

§42 Je lui dis : « Que t’est-il arrivé ? Raconte-le-moi. » Elle répondit :

§43 « Moi, ta servante, j’étais stérile ; bien que mariée, je n’avais pas enfanté pendant trente ans.

§44 Durant chacune de ces heures et chacun de ces jours, pendant trente ans, j’ai supplié le Très-Haut nuit et jour.

§45 Au bout de trente ans, Dieu a entendu ta servante ; il a vu mon humiliation, regardé ma détresse et m’a donné un fils. Je me suis grandement réjouie avec mon mari et tous mes concitoyens, et nous avons beaucoup glorifié le Puissant.

§46 Je l’ai élevé avec beaucoup de peine.

§47 Puis, lorsqu’il eut grandi et que je vins à lui choisir une épouse, j’organisai un jour de fête. »

Déployée

§1 Il me répondit : « Observe attentivement ce qui se passe. Lorsque tu verras qu’une partie des signes annoncés s’est accomplie,

§2 tu comprendras que c’est le temps où le Très-Haut commence à visiter le monde qu’il a créé.

§3 Quand on verra dans le monde des bouleversements de lieux, l’agitation des peuples, les projets des nations, l’instabilité des chefs et le trouble des princes,

§4 alors tu comprendras que le Très-Haut avait parlé de ces choses dès les jours anciens, depuis le commencement.

§5 De même que tout ce qui existe dans le monde possède un commencement qui conduit à son achèvement et un achèvement qui devient manifeste,

§6 ainsi en est-il des temps du Très-Haut : leurs commencements se montrent par des prodiges et des puissances, leur accomplissement par des actes et des signes.

§7 Quiconque aura été sauvé et pourra échapper par ses œuvres ou par la foi dans laquelle il aura cru,

§8 celui-là sera préservé des périls annoncés et verra mon salut sur ma terre et dans mes frontières, que je me suis sanctifiées depuis toujours.

§9 Alors seront frappés d’étonnement ceux qui ont abusé de mes voies, et ceux qui les ont rejetées avec mépris demeureront dans les tourments.

§10 Car tous ceux qui, durant leur vie, ont reçu mes bienfaits sans me reconnaître,

§11 tous ceux qui ont méprisé ma Loi alors qu’ils avaient encore la liberté,

§12 et qui, tandis que le lieu de la repentance leur était encore ouvert, ne l’ont pas compris mais l’ont méprisé, ceux-là devront apprendre après la mort dans le tourment.

§13 Ne concentre donc plus ton attention sur le châtiment des impies ; cherche plutôt comment les justes seront sauvés et quand viendra le monde qui leur est destiné.

§14 Je répondis :

§15 « Je l’ai dit autrefois, je le dis maintenant et je le redirai : plus nombreux sont ceux qui périssent que ceux qui seront sauvés,

§16 comme la vague est plus grande que la goutte. » Il me répondit :

§17 Le monde ressemble à un champ : la qualité du terrain, de la semence, du travail et du cultivateur apparaît finalement dans la récolte.

§18 lorsque je préparais pour ceux qui existent maintenant le monde dans lequel ils devaient habiter ; alors personne ne me contredisait,

§19 car personne n’existait encore. Mais maintenant qu’ils ont été créés dans ce monde préparé, avec une table qui ne manque pas et une Loi qui peut être scrutée, ils se sont corrompus par leur conduite.

§20 J’ai regardé mon monde : voici qu’il était perdu ; mon univers : voici qu’il était en danger à cause des pensées qui s’y sont élevées.

§21 Je l’ai vu et je leur ai épargné à grand-peine ; je me suis réservé un grain de raisin de la grappe et un plant parmi une grande forêt.

§22 Que périsse donc la multitude née sans fruit, et que soient gardés mon grain et mon plant, car je les ai menés à maturité avec beaucoup de peine.

§23 Mais toi, laisse encore passer sept autres jours ; tu ne jeûneras pas durant ces jours.

§24 Esdras doit se retirer encore sept jours dans un champ, se nourrir uniquement de ce que produit le champ et renoncer viande et vin.

§25 Prie le Très-Haut sans interruption ; alors je viendrai et je parlerai avec toi. »

§26 Je partis, comme il me l’avait dit, vers le champ appelé Ardat ; je m’assis parmi les fleurs, je mangeai les herbes du champ, et cette nourriture me rassasia.

§27 Après sept jours, tandis que j’étais étendu sur l’herbe, mon cœur fut de nouveau troublé comme auparavant.

§28 Ma bouche s’ouvrit et je commençai à parler devant le Très-Haut :

§29 « Seigneur, tu t’es manifesté à nos pères dans le désert, lorsqu’ils sortaient d’Égypte et venaient dans un désert sans chemin et sans fruit, et tu as dit :

§30 Israël, écoute-moi ; descendance de Jacob, prête attention à mes paroles.

§31 La Loi est comparée à une semence : Dieu la sème en Israël afin qu’elle porte du fruit.

§32 Nos pères ont reçu la Loi reçue mais ne l’ont pas gardée ; ils n’ont pas observé tes prescriptions. Pourtant le fruit de la Loi reçue n’a pas péri — il ne le pouvait pas, puisqu’il était tien.

§33 Ceux qui l’avaient reçue ont péri parce qu’ils n’ont pas gardé ce qui avait été semé en eux.

§34 Or il est habituel que lorsque la terre reçoit une semence, la mer un navire, ou un récipient de la nourriture ou de la boisson, et que vient à disparaître

§35 ce qui avait été semé, envoyé ou reçu, ces choses disparaissent tandis que le réceptacle demeure. Mais pour nous il n’en a pas été ainsi.

§36 Nous qui avons reçu la Loi, nous périrons à cause du péché, et notre cœur qui l’a reçue aussi ;

§37 mais la Loi ne périt pas : elle demeure dans son honneur. »

§38 Tandis que je méditais ces choses, je levai les yeux et vis une femme sur ma droite ; elle pleurait et se lamentait d’une voix forte, profondément affligée, les vêtements déchirés et la tête couverte de cendre.

§39 Je laissai alors les pensées qui m’occupaient, me tournai vers elle et lui dis :

§40 « Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ton âme est-elle dans la douleur ? » Elle me répondit :

§41 « Laisse-moi, mon seigneur, pleurer sur moi-même et ajouter encore à ma douleur, car mon âme est extrêmement amère et je suis profondément humiliée. »

§42 Je lui dis : « Que t’est-il arrivé ? Raconte-le-moi. » Elle répondit :

§43 « Moi, ta servante, j’étais stérile ; bien que mariée, je n’avais pas enfanté pendant trente ans.

§44 Durant chacune de ces heures et chacun de ces jours, pendant trente ans, j’ai supplié le Très-Haut nuit et jour.

§45 Au bout de trente ans, Dieu a entendu ta servante ; il a vu mon humiliation, regardé ma détresse et m’a donné un fils. Je me suis grandement réjouie avec mon mari et tous mes concitoyens, et nous avons beaucoup glorifié le Puissant.

§46 Je l’ai élevé avec beaucoup de peine.

§47 Puis, lorsqu’il eut grandi et que je vins à lui choisir une épouse, j’organisai un jour de fête. »

Littérale

§1 Il répondit et me dit : « Mesurant, mesure en toi-même ; et il adviendra, quand tu verras qu’une certaine part des signes dits d’avance est passée,

§2 alors tu comprendras que c’est le temps même où le Très-Haut commencera à visiter le siècle qui a été fait par lui.

§3 Et lorsqu’on verra dans le siècle mouvement de lieux, trouble de peuples, pensées de nations, inconstance de chefs, trouble de princes,

§4 alors tu comprendras que le Très-Haut avait parlé de ces choses dès les jours anciens, depuis le commencement.

§5 De même que tout ce qui existe dans le monde possède un commencement qui conduit à son achèvement et un achèvement qui devient manifeste,

§6 ainsi en est-il des temps du Très-Haut : leurs commencements se montrent par des prodiges et des puissances, leur accomplissement par des actes et des signes.

§7 Et il adviendra : tout qui aura été sauvé et pourra échapper par ses œuvres ou par la foi en laquelle il a cru, celui-là

§8 sera laissé des dangers dits d’avance et verra mon salut dans ma terre et dans mes limites, que je me suis sanctifiées depuis le siècle.

§9 Alors seront frappés d’étonnement ceux qui ont abusé de mes voies, et ceux qui les ont rejetées avec mépris demeureront dans les tourments.

§10 Car tous ceux qui, durant leur vie, ont reçu mes bienfaits sans me reconnaître,

§11 tous ceux qui ont méprisé ma Loi alors qu’ils avaient encore la liberté,

§12 et qui, tandis que le lieu de la repentance leur était encore ouvert, ne l’ont pas compris mais l’ont méprisé, ceux-là devront apprendre après la mort dans le tourment.

§13 Toi donc, ne cherche plus avec curiosité comment les impies seront tourmentés ; cherche plutôt comment les justes seront sauvés, à qui appartient le monde, pour qui le monde a été fait, et quand cela arrivera. »

§14 Je répondis :

§15 « Je l’ai dit autrefois, je le dis maintenant et je le redirai : plus nombreux sont ceux qui périssent que ceux qui seront sauvés,

§16 comme la vague est plus grande que la goutte. » Il me répondit :

§17 Tel champ, telles semences ; telles fleurs, telles teintures ; telle œuvre, telle création ; tel cultivateur, telle aire.

§18 lorsque je préparais pour ceux qui existent maintenant le monde dans lequel ils devaient habiter ; alors personne ne me contredisait,

§19 Créés dans ce monde préparé, avec une table qui ne défaille pas et une loi investigable, ils se sont corrompus dans leurs mœurs.

§20 J’ai regardé mon monde : voici qu’il était perdu ; mon univers : voici qu’il était en danger à cause des pensées qui s’y sont élevées.

§21 Je vis et je les épargnai à grand-peine, et je sauvai pour moi un grain d’une grappe et une plantation d’une grande tribu/forêt.

§22 Que périsse donc la multitude née sans fruit, et que soient gardés mon grain et mon plant, car je les ai menés à maturité avec beaucoup de peine.

§23 Mais toi, laisse encore passer sept autres jours ; tu ne jeûneras pas durant ces jours.

§24 Tu iras au champ des fleurs où aucune maison n’est bâtie, et tu mangeras seulement des fleurs du champ ; tu ne goûteras pas la chair et ne boiras pas le vin, mais seulement les fleurs.

§25 Prie le Très-Haut sans interruption ; alors je viendrai et je parlerai avec toi. »

§26 Je partis, comme il me l’avait dit, vers le champ appelé Ardat ; je m’assis parmi les fleurs, je mangeai les herbes du champ, et cette nourriture me rassasia.

§27 Après sept jours, tandis que j’étais étendu sur l’herbe, mon cœur fut de nouveau troublé comme auparavant.

§28 Ma bouche s’ouvrit et je commençai à parler devant le Très-Haut :

§29 « Seigneur, tu t’es manifesté à nos pères dans le désert, lorsqu’ils sortaient d’Égypte et venaient dans un désert sans chemin et sans fruit, et tu as dit :

§30 Israël, écoute-moi ; descendance de Jacob, prête attention à mes paroles.

§31 Voici, je sème en vous ma Loi, et elle fera en vous du fruit, et vous serez glorifiés en elle pour le siècle.

§32 Nos pères ont reçu la Loi mais ne l’ont pas gardée ; ils n’ont pas observé tes prescriptions. Pourtant le fruit de la Loi n’a pas péri — il ne le pouvait pas, puisqu’il était tien.

§33 Ceux qui l’avaient reçue ont péri parce qu’ils n’ont pas gardé ce qui avait été semé en eux.

§34 La coutume est que, lorsque la terre reçoit une semence, la mer un navire ou un vase de la nourriture ou de la boisson, et qu’est détruit

§35 ce qui fut semé, envoyé ou reçu, ces choses sont détruites, mais les réceptacles demeurent. Chez nous, il n’en fut pas ainsi.

§36 Nous qui avons reçu la Loi, nous périrons à cause du péché, et notre cœur qui l’a reçue aussi ;

§37 mais la Loi ne périt pas : elle demeure dans son honneur. »

§38 Tandis que je méditais ces choses, je levai les yeux et vis une femme sur ma droite ; elle pleurait et se lamentait d’une voix forte, profondément affligée, les vêtements déchirés et la tête couverte de cendre.

§39 Je laissai alors les pensées qui m’occupaient, me tournai vers elle et lui dis :

§40 « Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ton âme est-elle dans la douleur ? » Elle me répondit :

§41 « Laisse-moi, mon seigneur, pleurer sur moi-même et ajouter encore à ma douleur, car mon âme est extrêmement amère et je suis profondément humiliée. »

§42 Je lui dis : « Que t’est-il arrivé ? Raconte-le-moi. » Elle répondit :

§43 « Moi, ta servante, j’étais stérile ; bien que mariée, je n’avais pas enfanté pendant trente ans.

§44 Durant chacune de ces heures et chacun de ces jours, pendant trente ans, j’ai supplié le Très-Haut nuit et jour.

§45 Au bout de trente ans, Dieu a entendu ta servante ; il a vu mon humiliation, regardé ma détresse et m’a donné un fils. Je me suis grandement réjouie avec mon mari et tous mes concitoyens, et nous avons beaucoup glorifié le Puissant.

§46 Je l’ai élevé avec beaucoup de peine.

§47 Puis, lorsqu’il eut grandi et que je vins à lui choisir une épouse, j’organisai un jour de fête. »

Philologique

§1 Répondant, il me dit : « Mesure en toi-même ; et il adviendra, quand tu verras qu’une certaine part des signes dits d’avance est passée,

§2 alors tu comprendras que c’est le temps même où le Très-Haut commencera à visiter l’âge qui a été fait par lui.

§3 Et lorsqu’on verra dans l’âge mouvement de lieux, trouble de peuples, pensées de nations, inconstance de chefs, trouble de princes,

§4 alors tu comprendras que le Très-Haut avait parlé de ces choses dès les jours anciens, depuis le commencement.

§5 De même que tout ce qui existe dans le monde possède un commencement qui conduit à son achèvement et un achèvement qui devient manifeste,

§6 ainsi en est-il des temps du Très-Haut : leurs commencements se montrent par des prodiges et des puissances, leur accomplissement par des actes et des signes.

§7 Et il adviendra : tout qui aura été sauvé et pourra échapper par ses œuvres ou par la foi en laquelle il a cru, celui-là

§8 sera laissé des dangers dits d’avance et verra mon salut dans ma terre et dans mes limites, que je me suis sanctifiées depuis l’âge.

§9 Alors seront frappés d’étonnement ceux qui ont abusé de mes voies, et ceux qui les ont rejetées avec mépris demeureront dans les tourments.

§10 Car tous ceux qui, durant leur vie, ont reçu mes bienfaits sans me reconnaître,

§11 tous ceux qui ont méprisé ma Loi alors qu’ils avaient encore la liberté,

§12 et qui, tandis que le lieu de la repentance leur était encore ouvert, ne l’ont pas compris mais l’ont méprisé, ceux-là devront apprendre après la mort dans le tourment.

§13 Toi donc, ne cherche plus avec curiosité comment les impies seront tourmentés ; cherche plutôt comment les justes seront sauvés, à qui appartient le monde, pour qui le monde a été fait, et quand cela arrivera. »

§14 Je répondis :

§15 « Je l’ai dit autrefois, je le dis maintenant et je le redirai : plus nombreux sont ceux qui périssent que ceux qui seront sauvés,

§16 comme la vague est plus grande que la goutte. » Il me répondit :

§17 Tel champ, telles semences ; telles fleurs, telles teintures ; telle œuvre, telle création ; tel cultivateur, telle aire.

§18 lorsque je préparais pour ceux qui existent maintenant le monde dans lequel ils devaient habiter ; alors personne ne me contredisait,

§19 Créés dans ce monde préparé, avec une table qui ne défaille pas et une loi investigable, ils se sont corrompus dans leurs mœurs.

§20 J’ai regardé mon monde : voici qu’il était perdu ; mon univers : voici qu’il était en danger à cause des pensées qui s’y sont élevées.

§21 Je vis et je les épargnai à grand-peine, et je sauvai pour moi un grain d’une grappe et une plantation d’une grande tribu/forêt.

§22 Que périsse donc la multitude née sans fruit, et que soient gardés mon grain et mon plant, car je les ai menés à maturité avec beaucoup de peine.

§23 Mais toi, laisse encore passer sept autres jours ; tu ne jeûneras pas durant ces jours.

§24 Tu iras au champ des fleurs où aucune maison n’est bâtie, et tu mangeras seulement des fleurs du champ ; tu ne goûteras pas la chair et ne boiras pas le vin, mais seulement les fleurs.

§25 Prie le Très-Haut sans interruption ; alors je viendrai et je parlerai avec toi. »

§26 Je partis, comme il me l’avait dit, vers le champ appelé Ardat ; je m’assis parmi les fleurs, je mangeai les herbes du champ, et cette nourriture me rassasia.

§27 Après sept jours, tandis que j’étais étendu sur l’herbe, mon cœur fut de nouveau troublé comme auparavant.

§28 Ma bouche s’ouvrit et je commençai à parler devant le Très-Haut :

§29 « Seigneur, tu t’es manifesté à nos pères dans le désert, lorsqu’ils sortaient d’Égypte et venaient dans un désert sans chemin et sans fruit, et tu as dit :

§30 Israël, écoute-moi ; descendance de Jacob, prête attention à mes paroles.

§31 Voici, je sème en vous ma Loi, et elle fera en vous du fruit, et vous serez glorifiés en elle pour l’âge.

§32 Nos pères ont reçu la Loi mais ne l’ont pas gardée ; ils n’ont pas observé tes prescriptions. Pourtant le fruit de la Loi n’a pas péri — il ne le pouvait pas, puisqu’il était tien.

§33 Ceux qui l’avaient reçue ont péri parce qu’ils n’ont pas gardé ce qui avait été semé en eux.

§34 La coutume est que, lorsque la terre reçoit une semence, la mer un navire ou un vase de la nourriture ou de la boisson, et qu’est détruit

§35 ce qui fut semé, envoyé ou reçu, ces choses sont détruites, mais les réceptacles demeurent. Chez nous, il n’en fut pas ainsi.

§36 Nous qui avons reçu la Loi, nous périrons à cause du péché, et notre cœur qui l’a reçue aussi ;

§37 mais la Loi ne périt pas : elle demeure dans son honneur. »

§38 Tandis que je méditais ces choses, je levai les yeux et vis une femme sur ma droite ; elle pleurait et se lamentait d’une voix forte, profondément affligée, les vêtements déchirés et la tête couverte de cendre.

§39 Je laissai alors les pensées qui m’occupaient, me tournai vers elle et lui dis :

§40 « Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ton âme est-elle dans la douleur ? » Elle me répondit :

§41 « Laisse-moi, mon seigneur, pleurer sur moi-même et ajouter encore à ma douleur, car mon âme est extrêmement amère et je suis profondément humiliée. »

§42 Je lui dis : « Que t’est-il arrivé ? Raconte-le-moi. » Elle répondit :

§43 « Moi, ta servante, j’étais stérile ; bien que mariée, je n’avais pas enfanté pendant trente ans.

§44 Durant chacune de ces heures et chacun de ces jours, pendant trente ans, j’ai supplié le Très-Haut nuit et jour.

§45 Au bout de trente ans, Dieu a entendu ta servante ; il a vu mon humiliation, regardé ma détresse et m’a donné un fils. Je me suis grandement réjouie avec mon mari et tous mes concitoyens, et nous avons beaucoup glorifié le Puissant.

§46 Je l’ai élevé avec beaucoup de peine.

§47 Puis, lorsqu’il eut grandi et que je vins à lui choisir une épouse, j’organisai un jour de fête. »

Paraphrase

§1 Il me répondit : « Observe attentivement ce qui se passe. Lorsque tu verras qu’une partie des signes annoncés s’est accomplie,

§2 tu comprendras que c’est le temps où le Très-Haut commence à visiter le monde qu’il a créé.

§3 Quand on verra dans le monde des bouleversements de lieux, l’agitation des peuples, les projets des nations, l’instabilité des chefs et le trouble des princes,

§4 alors tu comprendras que le Très-Haut avait parlé de ces choses dès les jours anciens, depuis le commencement.

§5 De même que tout ce qui existe dans le monde possède un commencement qui conduit à son achèvement et un achèvement qui devient manifeste,

§6 ainsi en est-il des temps du Très-Haut : leurs commencements se montrent par des prodiges et des puissances, leur accomplissement par des actes et des signes.

§7 Celui qui échappera par ses œuvres ou par sa foi,

§8 celui-là sera préservé des périls annoncés et verra mon salut sur ma terre et dans mes frontières, que je me suis sanctifiées depuis toujours.

§9 Alors seront frappés d’étonnement ceux qui ont abusé de mes voies, et ceux qui les ont rejetées avec mépris demeureront dans les tourments.

§10 Car tous ceux qui, durant leur vie, ont reçu mes bienfaits sans me reconnaître,

§11 tous ceux qui ont méprisé ma Loi alors qu’ils avaient encore la liberté,

§12 et qui, tandis que le lieu de la repentance leur était encore ouvert, ne l’ont pas compris mais l’ont méprisé, ceux-là devront apprendre après la mort dans le tourment.

§13 Ne concentre donc plus ton attention sur le châtiment des impies ; cherche plutôt comment les justes seront sauvés et quand viendra le monde qui leur est destiné.

§14 Je répondis :

§15 « Je l’ai dit autrefois, je le dis maintenant et je le redirai : plus nombreux sont ceux qui périssent que ceux qui seront sauvés,

§16 comme la vague est plus grande que la goutte. » Il me répondit :

§17 « Tel est le champ, telles sont les semences ; telles les fleurs, telles les couleurs ; telle l’œuvre, telle la création ; tel le cultivateur, telle l’aire. Il y eut un temps pour le monde,

§18 lorsque je préparais pour ceux qui existent maintenant le monde dans lequel ils devaient habiter ; alors personne ne me contredisait,

§19 car personne n’existait encore. Mais maintenant qu’ils ont été créés dans ce monde préparé, avec une table qui ne manque pas et une Loi qui peut être scrutée, ils se sont corrompus par leur conduite.

§20 J’ai regardé mon monde : voici qu’il était perdu ; mon univers : voici qu’il était en danger à cause des pensées qui s’y sont élevées.

§21 Dieu décrit alors un reste très petit : comme un seul grain gardé sur une grappe et un seul plant préservé dans une grande forêt.

§22 Que périsse donc la multitude née sans fruit, et que soient gardés mon grain et mon plant, car je les ai menés à maturité avec beaucoup de peine.

§23 Mais toi, laisse encore passer sept autres jours ; tu ne jeûneras pas durant ces jours.

§24 Esdras doit se retirer encore sept jours dans un champ, se nourrir uniquement de ce que produit le champ et renoncer viande et vin.

§25 Prie le Très-Haut sans interruption ; alors je viendrai et je parlerai avec toi. »

§26 Je partis, comme il me l’avait dit, vers le champ appelé Ardat ; je m’assis parmi les fleurs, je mangeai les herbes du champ, et cette nourriture me rassasia.

§27 Après sept jours, tandis que j’étais étendu sur l’herbe, mon cœur fut de nouveau troublé comme auparavant.

§28 Ma bouche s’ouvrit et je commençai à parler devant le Très-Haut :

§29 « Seigneur, tu t’es manifesté à nos pères dans le désert, lorsqu’ils sortaient d’Égypte et venaient dans un désert sans chemin et sans fruit, et tu as dit :

§30 Israël, écoute-moi ; descendance de Jacob, prête attention à mes paroles.

§31 La Loi est comparée à une semence : Dieu la sème en Israël afin qu’elle porte du fruit.

§32 Nos pères ont reçu la Loi mais ne l’ont pas gardée ; ils n’ont pas observé tes prescriptions. Pourtant le fruit de la Loi n’a pas péri — il ne le pouvait pas, puisqu’il était tien.

§33 Ceux qui l’avaient reçue ont péri parce qu’ils n’ont pas gardé ce qui avait été semé en eux.

§34 Or il est habituel que lorsque la terre reçoit une semence, la mer un navire, ou un récipient de la nourriture ou de la boisson, et que vient à disparaître

§35 ce qui avait été semé, envoyé ou reçu, ces choses disparaissent tandis que le réceptacle demeure. Mais pour nous il n’en a pas été ainsi.

§36 Nous qui avons reçu la Loi, nous périrons à cause du péché, et notre cœur qui l’a reçue aussi ;

§37 mais la Loi ne périt pas : elle demeure dans son honneur. »

§38 À ce moment du dialogue apparaît une femme en deuil, vêtement déchiré et cendre sur la tête.

§39 Je laissai alors les pensées qui m’occupaient, me tournai vers elle et lui dis :

§40 « Pourquoi pleures-tu ? Pourquoi ton âme est-elle dans la douleur ? » Elle me répondit :

§41 « Laisse-moi, mon seigneur, pleurer sur moi-même et ajouter encore à ma douleur, car mon âme est extrêmement amère et je suis profondément humiliée. »

§42 Je lui dis : « Que t’est-il arrivé ? Raconte-le-moi. » Elle répondit :

§43 « Moi, ta servante, j’étais stérile ; bien que mariée, je n’avais pas enfanté pendant trente ans.

§44 Durant chacune de ces heures et chacun de ces jours, pendant trente ans, j’ai supplié le Très-Haut nuit et jour.

§45 Au bout de trente ans, Dieu a entendu ta servante ; il a vu mon humiliation, regardé ma détresse et m’a donné un fils. Je me suis grandement réjouie avec mon mari et tous mes concitoyens, et nous avons beaucoup glorifié le Puissant.

§46 Je l’ai élevé avec beaucoup de peine.

§47 Puis, lorsqu’il eut grandi et que je vins à lui choisir une épouse, j’organisai un jour de fête. »

Source latine

§1 Et respondit ad me et dixit: Metiens metire in temet ipso, et erit cum videris, quoniam transivit pars quaedam signorum quae praedicta sunt, §2 tunc intelleges, quoniam ipsud est tempus, in quo incipiet Altissimus visitare saeculum qui ab eo factus est. §3 Et quando videbitur in saeculo motio locorum, populorum turbatio, gentium cogitationes, ducum inconstantia, principum turbatio, §4 et tunc intelleges, quoniam de his erat Altissimus locutus a diebus qui fuerunt ante ab initio. §5 Sicut enim omne quod factum est in saeculo, initium per consummationem et consummatio manifesta, §6 sic et Altissimi tempora, initia manifesta in prodigiis et virtutibus, et consummatio in actu et in signis. §7 Et erit, omnis qui salvus factus fuerit et qui poterit effugere per opera sua vel per fidem in qua credidit, is §8 relinquetur de praedictis periculis et videbit salutare meum in terra mea et in finibus meis, quae sanctificavi mihi a saeculo. §9 Et tunc mirabuntur qui nunc abusi sunt vias meas, et in cruciamentis commorabuntur hii qui eos proiecerunt in contemptu. §10 Quotquot enim non cognoverunt me viventes beneficia consecuti, §11 et quotquot fastidierunt legem meam, cum adhuc erant habentes libertatem, §12 et cum adhuc esset eis apertum paenitentiae locus non intellexerunt sed spreverunt, hos oportet post mortem in cruciamento cognoscere. §13 Tu ergo adhuc noli curiosus esse quomodo impii cruciabuntur, sed inquire quomodo iusti salvabuntur, et quorum saeculum et propter quos saeculum et quando. §14 Respondi et dixi: §15 Olim locutus sum et nunc dico et postea dicam, quoniam plures sunt qui pereunt quam qui salvabuntur, §16 sicut multiplicat fluctus super guttam. Et respondit ad me et dixit: §17 Qualis ager, talia et semina, et quales flores, tales et tincturae, et qualis opera, talis et creatio, et qualis agricola, talis et area. Quoniam tempus erat saeculi, §18 et tunc cum essem parans eis, his qui nunc, antequam fieret illis saeculum in quo inhabitarent, et nemo contradixit mihi §19 tunc, nec enim erat quisquam, et nunc creati in hoc mundo parato et mensa indeficienti et lege investigabili, corrupti sunt moribus eorum. §20 Et consideravi saeculum meum, et ecce erat perditum, et orbem meum, et ecce erat periculi propter cogitationes quae in eo advenerunt. §21 Et vidi et peperci eis vix valde, et salvavi mihi acinum de botru et plantationem de tribu multa. §22 Pereat ergo multitudo quae sine causa nata est, et servetur acinus meus et plantatio mea, quia cum multo labore perfeci haec. §23 Tu autem si adhuc intermittas septem dies alios, sed non ieiunabis in eis, §24 ibis autem in campum florum, ubi domus non est aedificata, et manduca solummodo de floribus campi, et carnem non gustabis et vinum non bibes sed solummodo flores, §25 et deprecare Altissimum sine intermissione, et veniam et loquar te cum. §26 Et profectus sum, sicut dixit mihi, in campum quod vocatur Ardat, et sedi ibi in floribus et de herbis agri manducavi et facta est esca earum mihi in saturitatem. §27 Et factum est post dies septem, et ego discumbebam supra faenum et cor meum iterum turbabatur sicut et ante. §28 Et apertum est os meum et inchoavi dicere coram Altissimo et dixi: §29 O Domine, in nobis ostendens ostensus es patribus nostris in deserto, quando erant exientes de Aegypto et quando veniebant in deserto quod non calcatur et infructuoso, et dicens dixisti: §30 Tu Israhel audi me, et semen Iacob intendite sermonibus meis. §31 Ecce enim ego semino in vobis legem meam, et faciet in vobis fructum, et glorificamini in eo per saeculum. §32 Nam patres nostri accipientes legem non servaverunt et legitima mea non custodierunt. Et factum est fructum legis non periens; nec enim poterat, quoniam tuus erat. §33 Nam qui acceperunt perierunt, non custodientes quod in eis seminatum fuerat. §34 Et ecce consuetudo est ut, cum acceperit terra semen vel navem mare vel vas aliud escas vel potus, et cum fuerit ut exterminetur §35 quod seminatum est vel quod missum est vel quae suscepta sunt, exterminentur haec, susceptoria vero manent. Apud nos si enim non sic factum est. §36 Nos quidem qui legem accepimus peccantes peribimus et cor nostrum quod suscepit eam, §37 nam lex non perit sed permanet in suo honore. §38 Et cum loquor haec in corde meo, et respexi oculis meis et vidi mulierem in dextera parte, et ecce haec lugebat et plorabat cum voce magna, et animo dolebat valde, et vestimenta eius discisa, et cinis super caput eius. §39 Et dimisi cogitatus in quibus eram cogitans et conversus sum ad eam et dixi ei: §40 Ut quid fles et quid doles animo? Et dixit ad me: §41 Dimitte me, dominus meus, ut defleam me et adiciam dolorem, quoniam valde amara sum animo et humiliata sum valde. §42 Et dixi ei: Quid passa es, dic mihi. Et dixit ad me: §43 Sterilis fui ego famula tua et non peperi habens maritum annis triginta. §44 Ego enim per singulas horas et per singulos dies in annis triginta his deprecabar Altissimum nocte ac die. §45 Et factum est post triginta annos, exaudivit me Deus ancillae tuae et pervidit humilitatem meam et adtendit tribulationi meae et dedit mihi filium. Et iucundata sum super eum valde ego et vir meus et omnes cives mei, et honorificabamus valde Fortem. §46 Et nutrivi eum cum labore multo. §47 Et factum est cum crevisset et venissem accipere illi uxorem, et feci diem epuli.

Notes textuelles

Place dans l’ouvrage

Dans l’architecture de l’ouvrage

Les chapitres 3–10 constituent le cœur dialogué de l’apocalypse : Esdras interroge Uriel sur la justice divine, l’histoire, le jugement et le destin d’Israël.

Parcours de l’unité

Troisième série de signes et début de la vision de Sion4 Esdras 9

Clés de lecture

Approfondir : composition, transmission et réception

Établissement du texte

contrôlé

Latin critique du noyau 4 Esdras (chapitres 3–14) : Online Critical Pseudepigrapha, texte latin établi sur le témoin de base Weber, fichier source contrôlé par empreinte SHA-256.

Lecture éditoriale. Le texte critique OCP/Weber gouverne la traduction du noyau ; Fritzsche et les éditions anciennes servent de contrôles ponctuels lorsque l’appareil le requiert. Aucune traduction moderne ne sert de pivot.

Composition stratifiée

établi dans ses grandes lignes

La forme latine en 16 chapitres encadre le noyau juif des chapitres 3–14 par des compositions chrétiennes en 1–2 et 15–16.

Lecture éditoriale. Le lecteur doit toujours savoir quelle strate de l’œuvre il lit.

Couche textuelle

contrôlé

Ce chapitre appartient à 4 Esdras — noyau apocalyptique.

Lecture éditoriale. La traduction conserve la couche reçue dans son identité propre ; les relations avec les autres couches sont traitées dans l’appareil S5.

Œuvres, foi et apparition de la femme en deuil

contrôlé

Le latin coordonne opera et fides en 9,7 ; le chapitre poursuit le motif du petit nombre, prescrit un nouveau retrait de sept jours et introduit en 9,38–47 la femme en deuil encore non identifiée.

Lecture éditoriale. L’édition conserve la juxtaposition œuvres/foi sans l’inscrire dans des controverses postérieures et respecte la progression narrative : l’identité symbolique de la femme n’est pas anticipée avant son dévoilement au chapitre 10.

Bibliographie de travail

Passerelles

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Dictionnaire

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