Étude biblique · 19.09.2026

Le septième jour

Genèse 2,1–3 · 6 min

Le premier récit de création s’achève non par une nouvelle œuvre, mais par un arrêt : Dieu cesse son travail, bénit le septième jour et le met à part.

Comprendre le passage

Genèse 2,1–3 ferme la séquence commencée en 1,1. Les cieux, la terre et « toute leur armée » sont achevés. Le septième jour reçoit une qualification particulière : Dieu y cesse son œuvre, le bénit et le sanctifie. Le texte prépare ainsi un motif qui deviendra central dans la Torah.

Lire le texte

Le verbe hébreu shavat signifie d’abord « cesser, s’arrêter ». Le substantif shabbat, « sabbat », appartient à la même famille lexicale. Dans Genèse 2, le texte insiste d’abord sur l’arrêt de Dieu plutôt que sur le repos au sens de récupération après fatigue.

Le v.3 ajoute deux verbes absents des jours précédents : Dieu « bénit » le septième jour et le « sanctifie », c’est-à-dire le met à part. Le temps lui-même reçoit donc une distinction.

Le dossier philologique signale en outre une variante ancienne au v.2 : certains témoins lisent que Dieu acheva son œuvre « au sixième jour », probablement pour éviter la difficulté apparente d’un achèvement « au septième jour ». Le texte massorétique conserve « au septième ».

Un mot du texte source

שָׁבַת — shavat : cesser, s’arrêter ; racine liée au nom shabbat.

קִדֵּשׁ — qiddesh : sanctifier, mettre à part, consacrer.

צָבָא — tsava : armée, ensemble ordonné, multitude ; en 2,1, l’expression désigne tout ce qui peuple les cieux et la terre.

La variante « sixième jour / septième jour » appartient à la critique textuelle du v.2 et ne doit pas être cachée.

Ce que le texte dit — et ne dit pas

Genèse 2,1–3 fonde littérairement le caractère particulier du septième jour, mais ne donne pas encore le commandement sabbatique adressé à Israël : celui-ci sera formulé notamment en Exode 20 et Deutéronome 5. Il faut donc distinguer le motif de création et sa législation ultérieure.

Le passage ne dit pas que Dieu se repose parce qu’il serait épuisé ; le verbe central exprime la cessation de l’œuvre.

Pour aujourd’hui

Le texte inscrit une limite dans l’activité elle-même. Produire, organiser et accomplir ne sont pas la totalité de l’existence. Une pratique contemporaine fidèle au mouvement du passage peut consister à reconnaître qu’un travail a une fin, qu’un temps peut être mis à part et que la valeur d’une journée ne se mesure pas seulement à ce qui y est produit.

Pour aller plus loin

Comparer Exode 20,8–11 et Deutéronome 5,12–15 : les deux formulations du sabbat s’appuient sur des motivations différentes. Lire aussi Hébreux 4 pour la réception chrétienne du motif du repos, sans l’identifier simplement au sens premier de Genèse 2.