Étude biblique · 17.09.2026

Au commencement

Genèse 1,1–5 · 6 min

Les cinq premiers versets de la Bible ne commencent pas par l’être humain, mais par Dieu, la création et une parole qui fait advenir la lumière.

Comprendre le passage

Genèse 1,1–5 ouvre le grand récit de création. Le texte présente d’abord « les cieux et la terre », puis une terre encore non ordonnée, les ténèbres, l’abîme et les eaux. La première parole divine rapportée fait surgir la lumière, que Dieu distingue des ténèbres. Le passage inaugure ainsi une progression où nommer, distinguer et ordonner rythment le récit.

Lire le texte

Le v.1 peut se lire comme une proposition absolue — « Au commencement, Dieu créa… » — ou, selon une analyse syntaxique possible, comme l’ouverture d’une phrase temporelle : « Lorsque Dieu commença à créer… ». Le dossier philologique conserve explicitement cette possibilité sans imposer une solution unique.

Au v.2, l’expression hébraïque tohu va-bohu décrit une terre déserte, vide ou non organisée. Le même verset parle de ruaḥ Elohim au-dessus des eaux : selon le contexte, ruaḥ peut désigner souffle, vent ou esprit. La restitution « Esprit de Dieu » est donc une décision de traduction qui ne doit pas faire oublier l’amplitude du terme.

La première parole directe de Dieu est : « Que la lumière soit ! » Le récit ne décrit pas un mécanisme physique : il met en scène l’efficacité de la parole divine. Au v.5, l’hébreu dit littéralement « jour un » (yom eḥad), avant que la série ne prenne sa numérotation ordinale.

Un mot du texte source

בְּרֵאשִׁית — bereshit : « au commencement / au début de ». La syntaxe du premier verset admet plusieurs analyses.

תֹהוּ וָבֹהוּ — tohu va-bohu : expression décrivant vacuité, désolation ou absence d’organisation.

רוּחַ — ruaḥ : souffle, vent, esprit. Dans ruaḥ Elohim, la traduction doit tenir ensemble la construction hébraïque et la polysémie du nom.

יוֹם אֶחָד — yom eḥad : littéralement « jour un » au v.5.

Ce que le texte dit — et ne dit pas

Le passage affirme que Dieu est à l’origine de l’ordre créé et que sa parole structure le récit. Il ne fournit pas, à lui seul, un modèle scientifique de cosmologie ni une chronologie physico-mathématique de l’univers. Inversement, son langage poétique et théologique ne permet pas de réduire le texte à une simple métaphore détachée de toute affirmation sur Dieu et le monde.

La polysémie de ruaḥ ne suffit pas, dans ce seul verset, à établir toute une doctrine de l’Esprit ; celle-ci relève de l’ensemble du canon et de son histoire de réception.

Pour aujourd’hui

Le mouvement du texte va de l’indéterminé vers la distinction : lumière et ténèbres sont nommées, séparées, ordonnées. Pour aujourd’hui, le passage invite à commencer par reconnaître ce qui est confus, puis à laisser la parole, la vérité et la distinction remettre de l’ordre. L’application ne consiste pas à nier les zones obscures, mais à ne pas leur attribuer le dernier mot.

Pour aller plus loin

Poursuivre jusqu’à Genèse 1,31 pour observer la structure entière des six jours, puis lire Genèse 2,1–3. Comparer aussi Jean 1,1–5 pour étudier la réception johannique du vocabulaire du commencement, de la parole et de la lumière, sans confondre les deux contextes.