Étude biblique · 18.09.2026

À l’image de Dieu

Genèse 1,26–31 · 6 min

L’être humain apparaît au terme de Genèse 1 comme « image de Dieu » : une affirmation adressée à l’humanité entière, immédiatement déployée en « mâle et femelle ».

Comprendre le passage

Genèse 1,26–31 constitue le sommet littéraire du sixième jour. Après les animaux terrestres, Dieu parle de l’adam — l’être humain, l’humanité — en termes d’image et de ressemblance, puis lui confie une responsabilité à l’égard des autres vivants. Le passage se clôt sur l’appréciation « très bon » portée sur l’ensemble de l’œuvre créée.

Lire le texte

Le v.26 emploie adam sans qu’il faille d’abord y entendre un nom propre : le terme désigne ici l’être humain ou l’humanité. Le v.27 joue sur le singulier et le pluriel : Dieu « le créa », puis « mâle et femelle il les créa ». L’image de Dieu n’est donc pas attribuée dans ce texte à un seul sexe.

Le pluriel « Faisons » appartient bien au texte hébreu. Le passage ne donne toutefois pas lui-même une explication explicite de ce pluriel ; les lectures théologiques ultérieures doivent être distinguées du constat grammatical.

Les verbes rendus par « soumettre » et « dominer » sont forts : kabash et radah expriment une autorité effective. Mais cette autorité se situe à l’intérieur d’un monde que Dieu vient de déclarer bon et dont l’être humain n’est pas l’auteur. La responsabilité humaine est donc dérivée, non absolue.

Un mot du texte source

אָדָם — adam : être humain, humanité ; le contexte de Genèse 1 précède l’emploi comme nom personnel.

צֶלֶם — tselem : image, représentation. דְּמוּת — demut : ressemblance, similitude.

כָּבַשׁ — kabash : mettre sous contrôle, assujettir. רָדָה — radah : exercer l’autorité, gouverner.

Le v.27 passe du singulier « il le créa » au pluriel « il les créa », détail syntaxique essentiel pour lire le passage.

Ce que le texte dit — et ne dit pas

Le texte établit la dignité particulière de l’humain et sa responsabilité dans le monde vivant. Il ne définit pas exhaustivement ce que signifie « image de Dieu » : raison, relation, vocation royale, représentation ou autres dimensions sont des propositions interprétatives à discuter avec l’ensemble du corpus.

Le passage ne justifie pas à lui seul une domination destructrice de la création ; il ne formule pas non plus une théorie écologique moderne. Il décrit une autorité confiée par le Créateur dans le cadre du monde déclaré bon.

Pour aujourd’hui

Être image de Dieu, dans ce passage, est indissociable d’une responsabilité reçue. La question pratique n’est donc pas seulement « quelle valeur ai-je ? », mais aussi « que fais-je de l’autorité, des capacités et des relations qui me sont confiées ? ». La dignité reçue appelle une manière responsable d’habiter le monde et de traiter les autres humains comme porteurs de la même dignité.

Pour aller plus loin

Lire Psaume 8 pour une autre mise en scène de la place humaine dans la création, puis Genèse 5,1–3 où le vocabulaire de l’image et de la ressemblance réapparaît. Pour l’interprétation chrétienne, comparer Colossiens 1,15 et Jacques 3,9 en distinguant leurs contextes propres.