Étude biblique · 16.09.2026
Que cherchez-vous ?
Jean 1,35–39 · 5 min
Deux disciples entendent le témoignage de Jean, se mettent à suivre Jésus et reçoivent de lui une question qui ouvre le récit de leur rencontre : « Que cherchez-vous ? »
Comprendre le passage
Le passage appartient à la séquence inaugurale de Jean 1. Jean le Baptiste désigne de nouveau Jésus comme « l’Agneau de Dieu » ; deux de ses disciples l’entendent et suivent Jésus. Le récit met ainsi en scène un passage de témoin : le témoignage de Jean conduit les disciples vers celui qu’il désigne.
Le mouvement est très concret : entendre, suivre, se retourner, chercher, venir, voir, demeurer. Le quatrième Évangile fait progresser la connaissance de Jésus par cette succession de paroles et de gestes.
Lire le texte
Jésus ne commence pas par demander aux deux hommes qui ils sont, mais ce qu’ils cherchent. La formulation grecque τί ζητεῖτε est directe : « Que cherchez-vous ? » Selon le dossier philologique publié, il s’agit de la première parole de Jésus dans l’Évangile de Jean.
Leur réponse peut surprendre : « Rabbi […] où demeures-tu ? » Jésus ne leur donne pas une adresse : « Venez, et vous verrez. » Ils viennent, voient et demeurent auprès de lui ce jour-là. Le récit passe ainsi d’un témoignage entendu à une rencontre vécue.
L’indication de la « dixième heure » situe concrètement la scène. Sans lui imposer une valeur symbolique que le texte n’explicite pas, ce détail donne à la rencontre la densité d’un souvenir situé.
Un mot du texte source
τί ζητεῖτε — ti zēteite : « que cherchez-vous ? ». Le verbe ζητέω signifie chercher, rechercher.
μένω — menō : « demeurer, rester ». Le verbe apparaît dans la question du v.38, puis deux fois au v.39 : ils voient où Jésus demeure et ils demeurent auprès de lui. Le dossier philologique signale que μένω dépasse souvent chez Jean la simple localisation ; ici, sa répétition est déjà un fait textuel observable.
Ce que le texte dit — et ne dit pas
Fait établi par le récit : Jean désigne Jésus, deux disciples le suivent, Jésus leur demande ce qu’ils cherchent puis les invite à venir voir ; ils demeurent auprès de lui. Le texte ne nomme pas ici le second disciple et ne donne aucune explication psychologique de leur décision.
Interprétation raisonnable : la scène articule témoignage, déplacement et rencontre ; la reprise de μένω crée un motif lexical significatif. Il serait toutefois excessif de déduire de ce seul passage toute la théologie johannique de la « demeure ».
Limite documentaire : le dossier actuellement publié repose sur le texte grec Nestle 1904 avec morphologie v1.3. Aucun apparat critique verset par verset n’est encore relié à Jean 1,35–39 ; cela ne signifie pas qu’aucune variante n’existe.
Pour aujourd’hui
La question « Que cherchez-vous ? » peut être reçue avant toute application morale : elle oblige d’abord à nommer ce qui met réellement en mouvement. Les deux disciples ne disposent pas encore d’un savoir complet sur Jésus ; ils acceptent l’invitation à venir et à voir.
Pour aujourd’hui, le passage propose une démarche : identifier ce que l’on cherche, écouter le témoignage qui oriente vers Jésus, puis prendre le temps de demeurer auprès de lui. La foi naissante décrite ici n’est pas réduite à une idée ; elle prend la forme d’une rencontre poursuivie.
Pour aller plus loin
Relire Jean 1,29–42 pour suivre l’ensemble du mouvement, puis Jean 15,1–11 où le verbe μένω (« demeurer ») devient explicitement central. Le Dossier du passage et l’interlinéaire de Jean 1 donnent accès au détail lexical et morphologique.